Cambodge & Santé : Lancement d’un partenariat pour lutter contre l’épidémie silencieuse d’Hépatite C

Le DNDi (Drugs for Neglected Diseases initiative), MSF (Médecins Sans Frontières), FIND (Alliance globale pour le diagnostic), et TAG (Treatment Action Group) unissent leurs forces pour s’attaquer à une injustice « silencieuse » en matière de santé publique : les disparités persistantes dans l’accès au diagnostic et au traitement du virus de l’hépatite C (VHC) dans les pays à revenu faible et intermédiaire, où vivent 75 % des personnes atteintes de cette maladie virale.

Un travailleur de santé MSF conduit une séance de sensibilisation sur l'hépatite C dans un village au Cambodge. © Simon Ming/MSF
Un travailleur de santé MSF conduit une séance de sensibilisation sur l'hépatite C au Cambodge. © Simon Ming/MSF

Une épidémie silencieuse

Ce partenariat, appelé HEPATITIS C PACT, vise à promouvoir un environnement propice au dépistage et au traitement du VHC dans les pays à revenu faible et intermédiaire, en mettant en place des traitements entièrement oraux, en intensifiant le dépistage communautaire pour trouver les millions de personnes non diagnostiquées, et en répondant aux défis financiers propres à chaque pays qui empêchent le lancement de programmes nationaux. Il s’attaquera également aux obstacles en matière de brevets et d’accès pour atteindre les objectifs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) visant à contrôler l’hépatite C d’ici 2030.

Nos organisations ont déjà fait leurs preuves en soutenant des programmes de dépistage et de traitement dans des « pays leaders » tels que le Cambodge, l’Inde et la Malaisie. Le HEPATITIS C PACT souhaite s’appuyer sur la capacité stratégique de ces pays pour accroître l’accès aux traitements à l’échelle mondiale.

Traitements inabordables

Au Cambodge, MSF travaille avec le ministère de la Santé depuis 2016 pour permettre l’accès aux traitements, simplifier la prise en charge de l’hépatite C et intégrer ce modèle dans les services de santé de routine. « Le taux de guérison de milliers de patients est resté supérieur à 97 % pour les patients traités dans des cliniques de niveau tertiaire ou des centres de soins de santé primaires. Un tel modèle de soins du VHC permet une mise à l’échelle rapide tout en maintenant une grande qualité de soins, dispensés principalement par des infirmières formées. Les maladies transmissibles telles que le VHC peuvent être contrôlées en soutenant des programmes gérés par l’État » explique Mickaël Le Paih, chef de mission MSF au Cambodge.

Le VHC peut entraîner des maladies chroniques du foie, cirrhose, cancer et la mort. Sur les 58 millions de personnes atteintes de VHC chronique, on estime que 9,4 millions de personnes ont été effectivement guéries. Douze pays à revenu faible et intermédiaire représentent la moitié de l’utilisation des traitements, dont fait partie l’Égypte, qui traite à elle seule 4,4 millions de personnes.

Sensibiliser les décideurs

Le nouveau partenariat HEPATITIS C PACT investira les domaines clés responsables de ce faible taux d’accès au dépistage et au traitement, en se concentrant sur l’amélioration de l’accès aux tests de réaction en chaîne par polymérase (PCR) et aux médicaments de nouvelle génération contre l’hépatite C appelés antiviraux à action directe (AAD). Les traitements AAD peuvent guérir les patients en deux à six mois, mais les versions non génériques ont un prix tragiquement élevé.

Les quatre axes de travail du partenariat sont : la sensibilisation des décideurs politiques ; le développement des mécanismes de financement pour les hépatites virales ; le soutien aux diagnostics simplifiés de l’hépatite virale ; le soutien à l’accès à des traitements AAD simples et abordables dans les pays à faible et moyen revenu les plus affectés.

« Les soins et le traitement du VHC restent largement sous-financés au niveau mondial et national, dit Graciela Diap, responsable du projet d’accès au VHC du DNDi. Notre partenariat a pour but de promouvoir un projet d’investissement et la volonté politique qui permettront de mobiliser des ressources mondiales et nationales supplémentaires pour les programmes de lutte contre le VHC. La conjugaison d’une volonté politique et de ressources nationales peut jeter les bases d’un financement durable de la lutte contre le VHC. »

Communiqué de Médecins Sans Frontières