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Cambodge & Parcours : Docteur Jean-Claude Garen, essais transformés

Homme de convictions au parcours particulièrement riche, le docteur Jean-Claude Garen se présente aux prochaines élections consulaires sur la liste Ensemble. Au cours d’un entretien avec Cambodge Mag, le médecin aborde ses expériences passées, ainsi que les motivations derrière son engagement au sein de cette liste.

Le docteur Garen, dans son cabinet de consultation phnompenhois
Le docteur Garen, dans son cabinet de consultation phnompenhois

CM : Docteur Garen, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Né dans une ferme du Périgord vert, près de Nontron, j’ai toujours gardé au fond de moi ces attaches paysannes, et même encore maintenant, il m’est toujours agréable de me retrouver quelques jours, plusieurs fois par an, dans cette magnifique nature. Après un séjour en Algérie afin de suivre mon père militaire, je me suis lancé, après la préparation de l’école d’ingénieur d’Arts et Métiers, dans des études de médecine à Bordeaux. Puis je me suis installé comme médecin de campagne à Saint-Jean-d’Angély, 12 000 habitants, entre Angoulême et La Rochelle. L’expérience durera 17 ans. J’adorais le monde paysan, être au contact des gens, mais j’avais envie d’une autre médecine, plus globale.

CM : Vous avez été particulièrement actif dans votre ville d’origine, Saint-Jean-d’Angély. En plus d’y exercer en tant que médecin généraliste, vous y avez aussi fondé une radio locale, présidé un club de rugby et siégé au conseil municipal. Quels souvenirs conservez-vous de ces années passées dans le Sud-Ouest et de ces multiples activités ?

Médecin généraliste dans le cabinet du Minage, qui regroupait 4 médecins, j’ai pratiqué avec grand plaisir et détermination la médecine d’alors avec de nombreuses visites au domicile des patients et des consultations tardives au centre médical.

La pratique du Rugby bien sûr, lorsque je n’étais pas de garde, au sein de l’équipe du RACA (Rugby Athletic Club Angérien), merveilleux souvenirs de nos rencontres très « musclées » et de nos troisièmes mi-temps tardives. Puis j’ai assuré par la suite la Présidence de ce club.

Souvenir aussi de la création en 1982 d’une radio locale, Angély FM, avec dans ma mémoire encore les levers aux aurores pour présenter les infos locales et régionales de 6 h, avant de partir faire mes visites aux malades. Toujours en mémoire, la présentation d’une émission musicale hebdomadaire en soirée, avec une amie guatémaltèque, où nous présentions des musiques sud-américaines, ma passion de l’époque qui reste pour moi toujours d’actualité.

J’ai également été conseiller municipal. Faisant suite à un conflit avec le Maire qui n’acceptait pas la création d’Angely FM (ce n’était pas une question d’idées politiques), j’ai créé pour les municipales de 1988 une liste surprise apolitique regroupant des colistiers de tous bords. Nous avons recueilli plus de 20 % des voix au premier tour, et nous sommes, malgré les pressions de politiciens de haut niveau, maintenu au second tour, ce qui a précipité la chute de l’ancien maire RPR Ivan Chanu de Limur et favorisé la victoire du Dr Claude Tarin ravi de l’aubaine. J’ai fait de même pour les régionales suivantes. Et après ces expériences, j’ai découvert cette maxime :

« Si tu veux être un excellent homme politique, il faut que tu sois capable de monter sur les épaules de ta mère pour ne pas te noyer ». Personnellement je n’ai jamais pu !

CM : Dans quelles conditions avez-vous découvert le Cambodge, et qu’est-ce qui vous a retenu ici ? Comment s’est déroulée votre installation dans le royaume ?

Pourquoi le Cambodge ? Disons plutôt l’Asie. Mon père était militaire (à 96 ans, il est Président d’honneur des Anciens Combattants de Dordogne) et a passé 30 mois au Vietnam pendant la guerre d’Indochine. Je me souviens avoir passé, à l’adolescence, de nombreuses heures dans le grenier de notre maison de vacances à Lussas et Nontronneau, à compulser les très nombreuses photos en noir et blanc qu’il avait ramenées de son séjour dans la péninsule indochinoise.


Dna la presse francaise
Dans la presse française

Après mon départ de France, fin 1994, je me suis offert un petit tour du monde et suis passé par hasard au Cambodge. J’ai constaté qu’il n’y avait pas de médecin généraliste installé en libéral à Phnom Penh. Après 6 mois de médecine bénévole au Vietnam à installer des dispensaires dans les quartiers pauvres de Hue et Hô Chi Minh (Saïgon), j’ai ouvert un cabinet médical fin 1995 à Phnom Penh, European Medical Center sur le boulevard Norodom. Il y avait alors, malgré les Accords de Paris et le passage des Casques bleus de l’ONU, toujours la guerre entre les troupes gouvernementales royalistes et les Khmers rouges dans certaines provinces.

CM : Vous n’avez depuis pas manqué d’activités, puisque vous vous êtes particulièrement investi dans de multiples domaines. Vous avez même été décoré de la Légion d’honneur ?

Dans le domaine médical, j’ai créé de nombreux cabinets et cliniques (Naga Medical Center, Naga Clinic à Phnom Penh et Siem Reap, Advance European Medical Center, et tout récemment GGMC à Kampot). Médecin consultant et référent des Nations-Unies au Cambodge, médecin réfèrent de l’Ambassade de France de 1996 à 2020.

« J’ai également été médecin-conseil lors du tournage de deux films français, « Holy Lola », de Bertrand Tavernier et « Deux frères », de Jean-Jacques Annaud »

Passionné de Rugby, que j’avais pratiqué à La Rochelle, Bordeaux et Saint-Jean-d’Angély, j’ai créé en 1996 la première équipe de Rugby au Cambodge, « Les Piliers d’Angkor », et développé l’école de rugby au sein de l’ONG PSE (Pour un Sourire d’Enfant), ce qui par la suite a permis d’avoir de nombreuses équipes masculines et féminines, ainsi qu’un championnat, avec la création d’une Fédération de Rugby du Cambodge et d’une équipe nationale.

Le ballon ovale, une passion de toute une vie
Le ballon ovale, une passion de toute une vie

Autre expérience, dans un autre domaine, celui de l’hôtellerie : la création en 2003 à Siem Reap d’un boutique-hôtel de 18 chambres, « La Maison d’Angkor », qui a connu de belles activités avec le succès touristique des Temples d’Angkor. Il a été vendu en 2018.

J’ai aussi été l’initiateur en 2008 avec quelques compatriotes, de l’AEFC, Association d’Entraide des Français du Cambodge. En relation avec l’Ambassade, l’association aide et conseille nos compatriotes, qu’ils soient résidents ou de passage, victimes de problèmes familiaux ou de soucis financiers, juridiques ou médicaux.

« À nouveau Président depuis 3 ans de l’AEFC, qui regroupe des bénévoles issus d’horizons différents et qui ont décidé de se mettre au service des Français résidents du Cambodge et de leurs familles »

Depuis l’année 2020 et jusqu’à présent, la situation est particulièrement difficile avec la présence des conséquences de la Covid 19 sur la vie quotidienne et professionnelle de nos concitoyens au Cambodge.

Le 21 novembre 2014, immense plaisir que celui de recevoir des mains de S.E. l’Ambassadeur de France au Cambodge Jean-Claude Poimboeuf, en présence de S.E. Hor Nahong, Vice 1er ministre et ministre des Affaires Etrangères du Cambodge, et de nombreux amis, la médaille de Chevalier de la Légion d’honneur.

La première équipe de Rugby au Cambodge (février 1996)
La première équipe de Rugby au Cambodge (février 1996)

CM : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager pour les élections consulaires au sein de la liste Ensemble ? Est-ce votre première implication pour ce type d’élection ?

La justice sociale, la solidarité, la fraternité, la lutte contre toutes les discriminations, le respect des différences, l’ouverture culturelle, la protection de notre environnement, sont des valeurs fondamentales auxquelles je suis très attaché. Ces valeurs ne sont pas antinomiques avec le monde et la vie des affaires, et ces sujets structurent mon engagement et la mentalité au sein de cette liste « Ensemble ». Je m’étais déjà engagé dans une liste politique pour ce type d’élection, en 2014.

CM : Pouvez-vous nous décrire votre liste, ses membres, ainsi que les valeurs qu’elle représente ?

Cette liste apolitique et ouverte regroupe six personnes dont le socle commun est l’amour de la France et le partage de ses valeurs républicaines et fraternelles, mais aussi le bonheur de vivre au Cambodge auprès des Cambodgiens. Nous sommes tous déjà des relais attentifs et actifs dans la vie quotidienne au Cambodge et trois de nos membres sont des binationaux. Une liste animée par des personnes convaincues de leur mission auprès des Français résidents, qui ont fait leurs preuves et qui ne nourrissent aucune ambition personnelle, si ce n’est celle d’aider leurs concitoyens.

Ce sont :

  • Bruno Bogvad, retraité, engagé dans la vie associative au Cambodge depuis plus de 10 ans, il est membre très actif du comité d’administration de l’AEFC (l’Association d’Entraide des Français du Cambodge) et a donné beaucoup de son temps pour les Français en difficulté. Il a aussi travaillé bénévolement en tant que représentant aux commissions consulaires des bourses, aides sociales, emploi et formation, et sécurité. De plus c’est un personnage très intéressé par les questions citoyennes et l’action humanitaire.

  • La Princesse Ermine Norodom, qui est d’un dévouement sans faille auprès des plus démunis. Elle est la princesse la plus connue parmi les populations pauvres du sud la capitale. Elle œuvre sans relâche depuis dix ans pour sortir les familles des bidonvilles de leur précarité. Cambodgienne de cœur, Ermine est aussi une Française qui souhaite que la situation et les droits des Français du Cambodge soient pris en compte et s’améliorent.

  • Alain Darc, Chef de cuisine reconnu, résident au Cambodge depuis 2005, Président des Logis de France, partenaire actif dans la restauration au Cambodge, qui depuis plus de 10 ans est formateur bénévole au sein de l’ONG Pour un Sourire d’Enfant, Chevalier de l’Ordre National du Mérite Français.

  • Madame Sodamoni Chau, au Cambodge depuis 1994, a eu de nombreuses activités dans des domaines du secteur des entreprises (aéroportuaire, bancaire, restauration et hôtellerie) et le secteur privé. C’est une personne de cœur et de dévouement, très attachée aux valeurs humanitaires.

  • Madame Sophea Oum, résidente a Siem Reap depuis 1992, fondatrice de l’orphelinat Souvanna Phoum Komar et de l’Association Humanitaire française Sokomar, elle est actuellement Présidente de l’Alliance française de Siem Reap. À noter sa participation comme volontaire humanitaire dans les camps de réfugiés cambodgiens en 1988. C’est une personne qui se montre très à l’écoute et qui soutient les personnes en difficulté.

Et moi-même.

CM : Quels sont vos projets, et quelles seraient vos prérogatives si vous êtes élu ?

La communauté française du Cambodge, en forte croissance ces dernières années, représente une somme impressionnante de talents et d’esprit d’entreprise. Elle a également de plus en plus besoin d’écoute et de soutien. Les prérogatives seront, en temps qu’élus de terrain et de proximité :

  • Faire entendre la voix de nos concitoyens au conseil consulaire, pour informer de leurs préoccupations et de leurs attentes ;

  • Garantir l’accès pour tout élève français au système d’enseignement de la langue française, et se préoccuper du devenir de ces enfants ;

  • Veiller à la santé de nos compatriotes, et garantir leur prise en charge médicale ;

  • Aide et retraite : comment cotiser, et comment bénéficier comme résident à l’étranger d’une aide aux plus démunis, ou allocations aux personnes âgées, comme il existe pour celles et ceux qui résident en France ;

  • Améliorer la prise en charge des formalités administratives personnelles et professionnelles, ainsi que les questions fiscales ;

  • Protéger l’écosystème.

Ensemble TOUT devient possible.

CM : Comment se déroule cette campagne ? La situation actuelle bouleverse-t-elle beaucoup de paramètres ?

Tous ces problèmes sanitaires actuels ont particulièrement modifié notre stratégie de communication. Nous avions prévu pas mal de déplacements dans les provinces afin d’y mener des réunions. Une campagne « à l’ancienne », avec le contact au plus près de nos compatriotes, surtout ceux des régions, pour se présenter à eux « en chair et en os ».

« Nous sommes convaincus que beaucoup d’expatriés français seraient friands d’explications cartésiennes »

Puisque cela est impossible compte tenu des quatorzaines imposées dans différentes provinces, nous allons nous recentrer sur les réseaux sociaux en espérant être les plus convaincants dans cette confrontation de l’image… Mais ce n’est que partie remise, car si une majorité d’électeurs nous font confiance, nous irons, en tant qu’élus, écouter nos compatriotes sur leur territoire pour remonter leurs desiderata.

Nous nous recentrerons sur la pratique du contact humain, plutôt que celui électronique. Le contact, la relation humaine, bref, plus d’humanité.

 

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