Cambodge & Nature : La High-Tech au Service des Dauphins du Mékong
- La Rédaction
- il y a 8 heures
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Dans les eaux limoneuses du Mékong cambodgien, une révolution technologique s'annonce pour 2026 : drones et caméras automatiques vont transformer la surveillance des dauphins d'Irrawaddy, ces trésors nationaux au bord de l'extinction.

Ce projet ambitieux, porté par le ministère cambodgien de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF), vise à booster la population de ces cétacés en déployant des outils high-tech dans les zones de conservation, notamment autour de Kampi à Kratié.
Les Dauphins du Mékong : Un Symbole en Péril
Les dauphins d'Irrawaddy du Mékong, ou Orcaella brevirostris, sont classés en danger critique par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Leur population, estimée à environ 105 individus en 2024, marque une légère hausse grâce aux efforts de conservation, avec huit naissances pour deux décès au premier semestre de cette année-là. Concentrés sur 180 km entre Kratie et Stung Treng, ces animaux sacrés pour les communautés locales incarnent la santé du fleuve, mais font face à des menaces implacables : pêche électrique, filets maillants, barrages hydroélectriques et pollution sonore des bateaux.
Longtemps au bord de l'extinction – de milliers dans les années 1990 à moins de 90 adultes en 2020 –, leur survie dépend de zones protégées patrouillées par 72 gardes fluviaux. Le WWF-Cambodge, partenaire clé depuis 2007 via le Cambodian Mekong Dolphin Conservation Project (CMDCP), surveille naissances, mortalités et menaces, soulignant l'urgence d'innovations pour pallier les patrouilles limitées.
Une Initiative High-Tech pour 2026
Dès début 2026, le MAFF déploiera caméras automatiques et drones dans la zone de Kampi, Kratié, pour moderniser le monitoring en continu. Ces outils permettront de traquer les activités des dauphins 24/7, détecter les intrusions illégales et recueillir des données précises sur les comportements, sans perturber les animaux. Inspiré par des succès mondiaux comme le SnotBot pour les baleines ou les drones IA en Nouvelle-Zélande pour les dauphins Māui, ce plan s'inscrit dans l'objectif national d'augmenter la population de dauphins d'eau douce.
Le ministre Dith Tina a récemment visité les rangers locaux, confirmant l'engagement gouvernemental soutenu par WWF et autorités locales. Plus de 21 967 hectares de zones de conservation ont même été enregistrés comme "titres fonciers" pour les dauphins en 2025, couvrant 85 km du fleuve.
Enjeux et Défis d'une Lutte Inégale
Malgré les avancées, les obstacles persistent. Les barrages comme Don Sahong altèrent les flux migratoires des proies et sédimentent les pools profonds habitat des dauphins. Les filets, bien que prohibés dans les zones protégées, persistent, causant la plupart des mortalités juvéniles. Les gardes, malgré leur dévouement, peinent face à la nuit et aux pêcheurs rusés.
La high-tech promet une surveillance accrue : drones thermiques pour repérer les intrusions, caméras IA pour analyser les patterns comportementaux, réduisant les coûts et augmentant l'efficacité. Mais des défis techniques émergent en milieu fluvial : humidité, autonomie des batteries, intégration avec les communautés pêcheuses pour un écotourisme durable.
Perspectives : Vers un Espoir Technologique ?
Ce virage technologique pourrait inverser la courbe du déclin, comme en Nouvelle-Zélande où les drones ont comblé les lacunes scientifiques avec 90% de précision d'identification. Au Cambodge, combiné à l'éducation communautaire et aux patrouilles renforcées, il dope le moral des équipes et attire touristes éco-responsables, générant revenus pour les villages.
En 2026, alors que le pays célèbre ses progrès, ces gardiens du Mékong pourraient renaître, symbole d'une biodiversité préservée par l'innovation. Reste à veiller : la tech seule ne suffit pas sans volonté politique et internationale ferme.



