Airavata – Éléphants – Raffles : Passion et engagement, le Grand retour

Cambodge Mag ayant une nouvelle fois la gentillesse de nous ouvrir ses colonnes, nous saisissons bien volontiers cette opportunité de nous adresser à ses 55 000 lecteurs de par le monde !

Pierre-Yves Clais – Vice président d’Airavata et Dan Khoel, probablement le plus grand expert et dresseur d’éléphants au monde


Changements

La 2e soirée de levée de fonds de la fondation Airavata s’est achevée dimanche dernier dans un festival de couleurs indigènes, principalement bleu indigo et rouge sang, venues de notre belle province de Ratanakiri. Les Tampouns et les Braos établis autour de la forêt de Katieng avaient, à leur insu total, investi le prestigieux hôtel Le Royal ! Ces peuples si anciens, qu’on appelle ici les « Khmers des origines », ont longtemps suscité l’intérêt, l’admiration et parfois l’inquiétude de beaucoup d’explorateurs des siècles derniers mais aussi de leurs compatriotes cambodgiens de la plaine.

Rebelles, indisciplinés, querelleurs, ces Gaulois des antipodes, ces Comanches de l’Asie avaient pu préserver leur mode de vie jusqu’à ces dernières décennies, même les deux guerres d’Indochine n’avaient pu avoir raison d’eux. C’est tristement, et fort banalement, la société de consommation importée par les Cambodgiens eux-mêmes, associée à une déforestation industrielle, qui a tout fait voler en éclats.

Passion

Passionné de cultures authentiques, amoureux de la beauté des forêts des hauts plateaux cambodgiens, j’ai eu le privilège et la tristesse de vivre les derniers instants de cette civilisation du bois et de la terre. Partager cette passion est même devenu mon métier, pendant une dizaine d’années, j’ai emmené des voyageurs suer sur les pistes forestières menant aux villages Katcha ou Jaraï, se perdre dans les marécages, les essarts, boire à la jarre, participer au sacrifice du buffle, danser et rire avec ces minorités aussi intéressées de rencontrer ces exotiques étrangers que nous de découvrir leur mode de vie, de dormir dans la longue maison du chef du village de Tang Sé en regardant les femmes torse nu piler le riz.

Consternation

Et puis, en quelques années ce monde a implosé ; j’ai du cesser d’être un coureur des bois et suis parti ouvrir de nouvelles entreprises à travers le Cambodge, ne remontant à Ratanakiri qu’à reculons, pestant à chaque nouvelle destruction constatée, traumatisant probablement ainsi la part cambodgienne de mes propres enfants… Cela a duré longtemps, jusqu’à ce qu’un jour quelqu’un m’alerte sur la disparition des derniers éléphants de Ratanakiri, « si Chenda et toi ne faites rien, c’est fini, il n’y aura plus un éléphant dans la province ! ». Notre province avait déjà tellement souffert que nous nous sommes dit, « nous allons au moins faire ça ». Et nous nous sommes lancés dans un monde fascinant, auquel nous ne connaissions absolument rien, celui des éléphants, des cornacs et de leurs traditions millénaires.

Au prestigieux hôtel Le Royal


Enthousiasme

Ce fut, c’est, passionnant, épuisant, coûteux… mais aussi un retour aux sources de notre passion pour Ratanakiri; de témoins impuissants nous pouvons dorénavant agir, agir pour une petite forêt, quelques éléphants et trois villages avoisinants.

EM Riem


La soirée de dimanche fut le reflet de cela ; le travail des dernières tisserandes des ethnies Brao et Tampoun a été sublimé par celui des trois créateurs qui nous ont suivi dans cette aventure : un Philippin, Don Protasio, et deux Cambodgiens, l’un des Etats Unis, Remy Hou, et l’autre qui est de longue date une figure du Phnom Penh des Arts, le célèbre Em Riem.  Ces superbes créations si différentes en style, sont un hommage à un monde pratiquement disparu, celui des hauts plateaux.

Belle soirée

La représentation de Bokator n’était pas autre chose ; nos amis de la salle « Prodal » ont bien voulu intégrer le club « Ratanak Eisan » de Ratanakiri à leur groupe. C’est ainsi que le Kru Daravy, qui voyage une fois par semaine dispenser son art aux jeunes de Banlung, et la jeune Nissa, une Tampoun de 17 ans médaillée aux championnats nationaux de 2019, ont pu se produire avec leurs camarades phnom penhois devant deux ministres et une bonne partie des gens qui comptent à Phnom Penh, le Bokator est une grande famille !

Bokator pour les éléphants


Fierté et beauté de cultures mêlées par l’histoire, unies dans la défense d’un animal fabuleux et commun à tous, elephas maximas, l’éléphant d’Asie, qui fut le compagnon de ces peuples depuis la nuit des temps, voilà le credo d’Airavata ! L’éléphant n’est pas qu’un animal, il est un ciment, un lien, un ancêtre, un symbole.

Soutien de qualité

Voir disparaître un tel animal du Cambodge, voir se dissoudre à jamais les liens si anciens entre l’homme et la bête géante serait une perte irrémédiable, une de celles qui abiment l’âme d’un pays. Les trois peintres qui nous soutiennent depuis le début et contribuent si généreusement leurs œuvres au profit des éléphants l’ont bien compris. Chhim Sothy, Em Riem et Nou Sary ont cette année été rejoints par le duo YSK, de jeunes artistes contemporains ainsi qu’au dernier moment, par un quatrième artiste, monsieur Vichet Prom, qui a apporté une de ses œuvres directement à la soirée.

Soutien de qualité


Seul l’éléphant, animal si cher au cœur des Khmers, pouvait réaliser ceci, car l’élan de solidarité ne s’est pas arrêté là, à la demande d’Em Riem, les mannequins les plus célèbres du Cambodge sont venues gracieusement, tout comme leurs cadets issus des diverses écoles de la ville, les jeunes vendeurs de la boutique, les maquilleuses et la célèbre présentatrice Duong Zorida qui ne souhaite pas en rester là et vient d’accepter le titre d’Ambassadrice de la fondation.

Beauté et mode pour les éléphants


Et, comme la chance est parfois contagieuse, le Viking a débarqué… Dan Khoel est probablement le plus grand expert et dresseur d’éléphants au monde, plus de quarante ans passés avec les éléphants des deux espèces sur tous les continents, pas banal pour un Suédois ! Toute cette expérience, tout ce savoir faire sont maintenant au service des éléphants du Cambodge !  Alors, du fond du cœur, nous souhaitons remercier tout le monde : les invités, les sponsors, les participants, le Raffles et les deux ministres qui nous ont fait l’honneur de leur présence, leurs Excellences Phoeung Sakona et Khieu Kanharith.

Invités de marque


Grâce à vous tous, l’homme et l’éléphant vont pouvoir continuer à faire quelques pas ensemble à Ratanakiri !

Pierre-Yves Clais – Vice président d’Airavata

Photographies pr Jérémie Montessuis – Pour consulter toutes les photographies, cliquer ici…



Airavata Fund Raising Gala – March 31st 2019. Raffles Hotel Le Royal Phnom Penh. Photos: www.jeremiemontessuis.com Posted by Jeremie Montessuis on Tuesday, 2 April 2019


Airavata : Fundraising au Raffles Posted by Cambodge Mag on Sunday, 7 April 2019


Au Raffles pour sauver les éléphants Cockail de charité au Raffles pour la fondation Airavata Posted by Cambodge Mag on Sunday, 7 April 2019
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