Tourisme & Photographie : (Re)découvrir le Phsar Thom Thmei de Phnom Penh

À force de chercher des marchés cambodgiens peu connus et souvent très photogéniques pour leur authenticité, on oublie parfois que le Marché central ou Phsar Thom Thmei (signifiant nouveau grand marché en khmer) demeure un endroit plutôt intéressant à (re) découvrir. Pour son architecture, sa fraîcheur, ses bonnes affaires et son cadre très agréable.

Phsar Thum Thmei de Phnom Penh
Phsar Thom Thmei de Phnom Penh

Visite

Avec son impressionnant dôme central de 26 mètres de haut et de quatre grands bras à toit arqué qui se ramifient en diagonale à travers le bloc, le marché bénéficie d'une ventilation tout-à-fait remarquable qui permet une promenade très agréable et en toute fraîcheur même durant la saison chaude.

Cette architecture a permis ainsi de créer vastes couloirs « thématiques » abritant de nombreux étals et une grande variété de marchandises alors que son centre abrite de grands et imposants comptoirs aux parois de verre occupés par les bijoutiers, vendeurs de lunettes, accessoires et pierres précieuses.

Vente d’aigues marines
Vente d’aigues marines

Cette partie centrale est d’ailleurs l’occasion de réaliser de bonnes affaires, principalement pour les pierres précieuses. Dans un contexte de reprise et le pays produisant plusieurs variétés de pierres, les prix sont réellement intéressants en ce moment.

Un autre « bras » intéressant est celui des accessoires et appareils électroniques. De nombreux gadgets sans forcément beaucoup d'intérêt, mais aussi des vendeurs de matériel photo et vidéo d’occasion qui disposent souvent d'appareils et de pièces électroniques difficiles à trouver à des prix encore abordables.

Les autres sections concernant principalement les vêtements, de style traditionnel ou moderne avec un large choix pour la mode « visiteur ».

Chemises, polos et shorts trop longs multi-poches largement « inspirés » de grandes marques ou tenues d’été locales se négocient à des prix raisonnables en particulier si le client achète plusieurs pièces.

Section textile à l'intérieur
Section textile à l'intérieur

Les murs du dôme se sont peuplés de petits étals proposant quasiment le même type de produits, en y rajoutant des jouets, des produits de beauté, des perruques, des kramas, bref, ce léger capharnaüm coloré qu’on adore dans les marchés cambodgiens.

D’autres espaces de vente se sont créés autour du marché, dans des cours extérieures et des couloirs parsemés de vendeurs de noix de coco, de souvenirs, de textile (encore… mais on y trouve aussi de la seconde main), de bagages et surtout la possibilité de découvrir un vaste espace de vente de nourriture et de restauration.

Vente de salaisons, poissons et fruits de mer
Vente de salaisons, poissons et fruits de mer

Le Phsar Thmei vend à profusion de produits de la mer et propose aussi de nombreux fruits, fleurs et légumes locaux. A l'inverse de certains marchés plus rustiques, la propreté et l'hygiène sont de mise, les comptoirs et tables sont propres, pas de serviettes en papier sur le sol et l'interdiction de fumer est d'ailleurs gentiment rappelée à tout contrevenant en herbe.

Espace restauration
Espace restauration

Un peu d'histoire

Après que Phnom Penh soit devenue la capitale du protectorat en 1867, les Français ont entrepris de créer une ville moderne. La décision de construire ce marché remonte à la fin des années 1920, en réponse également à l’augmentation de la population qui atteignait près de 90 000 habitants à l'époque.

Il est prévu de le construire sur un marais au centre du quartier chinois de l’époque, mais le projet ne démarre qu’en 1934 en raison de la Grande Dépression.

Il est conçu par Jean Desbois et sa réalisation est supervisée par Louis Chauchon et l’ingénieur Wladimir Kandaouroff. Les travaux sont confiés à la Société indochinoise d’études et de construction qui avait déjà construit les marchés de Battambang et de Cholon. Le marais fut asséché et les travaux commencèrent en août 1935 pour se terminer 22 mois plus tard ; l’ouvrage fut inauguré par le roi Sisowath Monivong en septembre 1937.

Lors de son ouverture en 1937, on disait qu'il s'agissait du plus grand marché d'Asie
Lors de son ouverture en 1937, on disait qu'il s'agissait du plus grand marché d'Asie

Les zones situées entre les quatre bras diagonaux et les rues environnantes étaient à l’origine plantées en jardins ; au fil des ans, les jardins ont été envahis de diverses structures temporaires, augmentant ainsi considérablement le nombre d’étals.

Pendant la guerre franco-thaïlandaise de 1941, le marché a été bombardé par des avions thaïlandais, causant de lourds dommages, et il a dû être temporairement fermé. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, il a été restauré dans son état d'origine.

De 2009 à 2011, le marché a fait l’objet d’une rénovation de 4,2 millions de dollars financée par l’Agence française de développement.

Cette rénovation a permis de réparer et de restaurer l’ensemble de la structure d’origine en béton armé, et d’ajouter des stands à toit en arc surbaissé dans les zones ouvertes à l’origine sur les quatre côtés.
Cette rénovation a permis de réparer et de restaurer l’ensemble de la structure d’origine en béton armé, et d’ajouter des stands à toit en arc surbaissé dans les zones ouvertes à l’origine sur les quatre côtés.

Le Phsar Thom Thmei mérite donc largement une visite, même pour les résidents expatriés de longue date qui le connaissent déjà. Pour une promenade détendue, il est préférable de s'y rendre en milieu de matinée, les vendeurs seront (parfois un peu trop) disponibles et on s'y bouscule pas.

Penser également à ces commerçants qui, après deux ans de pandémie, ont bien des difficultés à retrouver leur rythme d'activité d'avant la crise sanitaire.

On peut négocier, mais faire en sorte que chacun y trouve son compte et ne perde pas son temps. Et, toujours demander la permission avant de prendre quelqu'un en photo...

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