Tourisme & Découverte : Angkor à vol d’oiseau

Tous les visiteurs ayant gravi les marches du sanctuaire central du temple d’Angkor Wat ont aperçu sa silhouette massive et arrondie, telle une bulle suspendue dans le bleu du ciel.

À quelques encablures du célèbre temple, 800 mètres très exactement, se dresse depuis 2003 l’enveloppe gonflée d’hélium, retenue par son filin d’acier. Depuis sa nacelle, qui peut accueillir jusqu’à 30 personnes, la plaine cambodgienne déroule son vaste tapis vert, des contreforts des monts Kulen au nord jusqu’au bleu-argent du Tonlé Sap au sud. Tout autour, en contrebas, le Baray Occidental, les collines de Phnom Krom, Phnom Bok et Phnom Bakeng et, joyau d’entre les joyaux, le temple d’Angkor Wat, dont les dômes en forme de bouton de lotus émergent des cimes et se fondent dans ce paysage hors-norme.

En temps normal, les visiteurs sont nombreux à se presser au pied de la nacelle, attendant d’y prendre place pour un envol à 120 mètres d’altitude. Crise du coronavirus oblige, le ballon a dû affronter une courte période de fermeture avant de pouvoir à nouveau reprendre du service, à la grande satisfaction de la vingtaine de membres du personnel et des 5 pilotes. Comme dans les temples, le visage de la clientèle a changé : les touristes en provenance du monde entier ont cédé la place aux Cambodgiens et aux expatriés, qui en profitent pour (re) découvrir cet incroyable panorama s’étalant sur 360°.

« C’est une activité prisée par tous les types de clientèle, groupes, couples ou voyageurs solitaires. C’est aussi parfois leur premier contact visuel avec Angkor. Du fait de la proximité de l’aéroport, certains voyageurs nous rendent visite dès leur descente d’avion et découvrent ainsi la splendeur de ce site classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO », précise Philippine.

Arrivée en 2019 pour reprendre la gestion de l’attraction, la jeune femme se montre intarissable sur les spécificités de ce ballon pas comme les autres. Et notamment sur le point le plus important, celui ayant trait à la sécurité. « Le ballon que vous voyez là est tout récent, puisqu’il date de 2019. Tous les 5 ans, l’enveloppe destinée à recevoir les 6 200 m³ de gaz doit être remplacée. Nous effectuons des inspections de routine tous les jours, d’autres plus poussées toutes les semaines et tous les mois. Chaque année, une équipe technique nous rend visite pour une révision intégrale », détaille Philippine, qui doit aussi constamment garder un œil sur les prévisions météo. « Du fait de sa masse, le ballon est extrêmement sensible au vent : c’est pourquoi nous sommes parfois contraints d’annuler des vols en cas de rafales trop prononcées ». Titulaire d’un brevet et occupant le poste de cheffe pilote, Philippine a effectué son apprentissage à bord des ballons du parc André Citroën, à Paris, ainsi que de celui du parc du Petit Prince, à Ungersheim, dont les aérostats appartiennent au même exploitant.

S’il fait depuis tant d’années partie du paysage, le ballon captif d’Angkor n’en demeure pas moins une prouesse technique remarquable, fruit de la collaboration de deux polytechniciens français. Jérôme Giacomoni et Matthieu Gobbi, à l’origine de la société Aerophile, ont en effet perfectionné une formule certes séculaire, mais plus que jamais d’actualité. Silencieux et respectueux de l’environnement, le ballon reste un excellent moyen de découvrir des lieux d’exception. En remettant au goût du jour ces drôles d’engins volants, Aerophile s’est implanté dans 35 pays, et ses 68 ballons captifs survolent des sites aussi divers que Disney World, le mont Fuji, la Cappadoce ou encore Rio de Janeiro. Rien d’étonnant à ce qu’Angkor, parfois considéré comme la 8e merveille du monde, se joigne à ce ballet aérien.

Angkor Balloon, ouvert le week-end de l’aube au crépuscule, ainsi que tous les matins à partir du 15 juin. Le ticket pour les temples n’est pas nécessaire pour y accéder.

Tarifs et horaires disponibles sur le site internet de l’attraction, ainsi que sur sa page Facebook.

https://www.angkorballoon.com/

https://www.facebook.com/angkorballoonsr/

Rémi Abad

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