Société – Recyclage : Aider les chiffonniers en triant les déchets ménagers

Réseau informel

La majeure partie du recyclage dans la capitale cambodgienne est assurée par le biais d’un réseau « informel » de ramasseurs de déchets – chiffonniers. La plupart d’entre eux  gagnent à entre cinq et dix dollars US par jour.

Srey Hon, chiffonnière dans les rues de Phnom Penh


Revenus

Pour de nombreuses familles, il s’agit de leur principale source de revenus. Souvent, celles-ci ont migré des zones rurales vers la ville, pour diverses raisons. La maladie d’un membre de la famille, un accident ou un mariage brisé suffisent pour forcer une famille à vendre ses terres pour couvrir ses dépenses. Et, beaucoup finissent par se retrouver en ville, dans l’espoir de trouver un travail ne nécessitant pas de qualifications.

Souvent, ces familles ont migré des zones rurales vers la ville, pour diverses raisons


Fonction vitale

Ces chiffonniers figurent parmi les actifs les plus pauvres de Phnom Penh. Ils parcourent les rues de la capitale à la recherche de matériaux recyclables avec un chariot à bras, parfois tiré par une bicyclette et, moins souvent, par une moto. Il est fréquent de voir les  enfants traîner ou dormir dans un hamac à même la carriole. En effet, leurs parents n’ont pas les moyens de payer une garderie ou ne peuvent pas payer les uniformes et les fournitures pour envoyer leurs enfants à l’école.

Ces chiffonniers remplissent une fonction vitale en empêchant des milliers de mètres cubes de matières recyclables d’aller aux sites d’enfouissement. Mais, ils ouvrent parfois les sacs d’ordures et laissent les ordures éparpillées dans la rue.

Collecte

La plupart des chiffonniers collectent des canettes, des bouteilles en plastique et du carton. Ils les vendront ensuite à un acheteur local de déchets. Les boîtes de conserve et le métal sont les produits les plus prisés car vendus au prix fort. Les bouteilles de verre ne sont pas souvent ramassées, car elles sont lourdes et se revendent mal.

Il existe d’autres ramasseurs de déchets plus « spécialisés».  Il collectent une grande variété d’articles, tels que des petits meubles et des appareils électroménagers. Ils se font généralement connaître dans le quartier avec une « clochette » . En laissant des objets de ce genre sur le trottoir, ils seront probablement ramassés par l’un de ces « collectionneurs spécialisés ». Il est recommandé de s’adresser à un responsable local, à un agent de sécurité ou à la direction de l’immeuble pour trouver le meilleur moyen de mettre ces articles entre les mains de ce type de chiffonnier.

Srey Hon, chiffonnière dans les rues de Phnom Penh

Srey Hon qui dit avoir entre trente et trente-trois ans, a trois enfants, trois petites filles qui l’accompagnent dès l’aube dans son travail, qui va l’amener à tirer sa carriole de longs kilomètres. Une carriole qui va s’alourdir au fur et à mesure que les déchets s’entasseront.

Srey Hon, chiffonnière dans les rues de Phnom Penh


Alors que le père des enfants n’est plus là, elle parvient à faire vivre les quatre personnes de la famille, mais confie avoir beaucoup de mal : « C’est un travail difficile, assez éprouvant physiquement. Je ne travaille que le matin pour m’occuper de mes enfants l’après-midi », dit-elle. « Mais, je fais parfois de bonnes recettes car je commence très tôt et dans des quartiers assez résidentiels. Mais l’idéal pour moi serait d’avoir un travail moins contraignant et de pouvoir envoyer mes filles à l’école. »

Srey Por, la petite chiffonnière de la route

Elle a 11 ans, elle se lève tous les matins à 6 heures pour profiter des sacs des déchets de plastique qui auraient été oubliées par les chiffonniers de la nuit et de ceux que les habitants de Phnom Penh commencent à rassembler pour les vendre.

Srey Por et son petit frère


Pour un kilo de déchets de plastique, elle devra payer entre 700 et 800 riels pour les revendre à un centre de tri privé entre 900 et 1200 riels. Chaque jour, Srey Por parcoure environ trente kilomètres depuis Takhmao jusqu’aux alentours du quartier de Charkamon, et plus loin s’il le faut. Elle emmène son petit frère, « pour l’aider et avoir un peu de compagnie », dit-elle.

Les difficultés, confie-elle, sont les nombreux kilomètres à parcourir sans chaussures, surtout lorsqu’il fait très chaud. Les bons jours, Srey Por fera 4000 à 5000 riels de bénéfice, une somme qui parait dérisoire – elle est dérisoire – et qui suffira à peine à couvrir les besoins alimentaires de la famille. Ils sont six et, les parents, trop vieux, ne travaillent pas.

Comment préparer la corbeille pour la collecte

Peu de gens trient leurs déchets et, les chiffonniers travaillent dans un environnement malsain : ils doivent passer au crible des dizaines de sacs de déchets alimentaires puants avant de trouver ce qui leur convient. Malheureusement, certains citadins  affichent peu de considération pour cette profession et les chiffonniers sont assez peu respectés. Peu se soucient de leurs conditions de travail.

les chiffonniers sont assez peu respectés


Comment aider

Il est fortement suggéré de séparer les objets recyclables afin de faciliter le travail de ces gens qui effectuent un service essentiel. Il est recommandé de vider le liquide des bouteilles et des canettes afin que les chiens du quartier, attirés par l’odeur, ne soient pas tentés de déchirer les sacs pour se nourrir (ou d’autres animaux moins sympathiques comme les rats et les cafards).

Mieux vaut séparer les matières et objets recyclables de tous les autres déchets et les disposer ensuite sur le trottoir. Afin d’éviter que les chiffonniers de ne blessent, il est sage d’emballer les objets coupants ou le verre brisé avec de vieux journaux. Une petite coupure, même bénigne, peut avoir des conséquences désastreuses.

Texte : Sandy Kotan from Only One Planet & CG – Photographies par Christophe Gargiulo

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Nota : Les personnes interviewées et photographiées ont été dédommagées

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