Société & Documentaire : Les Espoirs de la petite Cambodgienne Sreynett

Les Espoirs de Sreynett est un film d’ONG racontant la vie de la jeune Cambodgienne Sreynett, habitante de l’un des bidonvilles les moins salubres de la capitale du pays, Phnom Penh

Contexte

Phnom Penh, capitale du Cambodge, hier ville martyre, aujourd’hui ville des extrêmes. Pays exsangue en 1980 après la folie meurtrière et dévastatrice des Khmers rouges, le Cambodge subira ensuite près de trente ans de guerre civile avant de connaitre enfin la paix et la voie du développement. Le Cambodge connait ces dernières années une croissance de 7 % et un boom des investissements immobiliers qui transforment le visage de la capitale jour après jour.

Phnom Penh construit encore et encore...
La princesse Ermine Norodom et Sreynett

Ce développement a rapidement favorisé l’émergence d’une classe moyenne et fourni du travail aux plus défavorisés. Pourtant, cette société nouvelle en mutation permanente a aussi son lot de laissés pour compte. Nombreux sont les provinciaux, parmi les dizaines de milliers, attirés par l’effervescence de la capitale qui ne trouveront pas d’activité leur permettant de faire vivre leur famille.

Villages dans la ville

Loin des grands boulevards, le petit Phnom Penh regorge de rues et de ruelles où s’installent des familles à la va-vite créant parfois de véritables villages dans la ville. Phsar Demkov est l’un des quartiers de Phnom Penh où se sont installées de nombreuses familles démunies.

La princesse Ermine Norodom est la présidente de l’association qui porte son nom. Avec l’aide de quelques autres associations et donneurs, elle a mis en place, depuis 2010, un programme d’aide aux familles du quartier qui vivent dans une extrême pauvreté et dans un environnement insalubre.

Visite de la princesse à Phsar Demkov

Chaque semaine, la princesse rend visite à la famille de Sreynett, l’une de ses protégées. Le programme d’Ermine Norodom appelé Shanty Town Spirit vient en aide à six familles sur la trentaine qui habite ce bidonville.

Habitation du bidonville

Bidonville et difficultés

Dans ce bidonville, les problèmes sont de taille, il existe en particulier un amas de détritus et ordures ménagères qui n’a cessé de grossir avec le temps. Enfants et adultes vivent à quelques centimètres de ce dépotoir, multipliant ainsi les risques de maladies infectieuses et créant une hygiène de vie aux limites du supportable. Mais l’urgence est aussi dans la réfection et l’entretien de ces habitations précaires qui présentent de sérieux dangers, en particulier à l’approche de la mousson.

La jeune Cambodgienne Sreynett

Priorités

L’une des priorités de l’association, c’est aussi l’aide à la scolarisation des enfants. Dans ces foyers où le revenu quotidien n’excède pas 2 dollars US par jour, le moindre geste est le bienvenu. Pour la rentrée scolaire, Ermine Norodom leur apporte aujourd’hui des cartables, mais aussi des fournitures scolaires. Quant à l’argent de poche, il servira aux enfants pour leur téléphone, leurs goûters et autres petits besoins d’écoliers.

Visite pleine d'émotion

Chaque visite d’Ermine Norodom attire les voisines, qui n’hésitent pas à confier, parfois avec beaucoup d’émotion, que l’aide apportée par l’association a été plus que précieuse. Sreynett est quelque part une fierté de l’association. Autrefois, l’adolescente n’était pas scolarisée, gagnait quelques dollars en travaillant comme chiffonnière, et ne pouvait imaginer qu’elle pourrait un jour aller à l’école et figurer parmi les meilleures de sa classe.

Sreynett et ses frères

Si l’objectif premier de l’association est de recréer un environnement sain pour ces familles démunies et de scolariser les enfants pour qu’ils aient un métier plus tard, il est aussi primordial, en attendant des jours meilleurs, de pouvoir subvenir aux besoins alimentaires. L’association se charge donc de fournir le riz quotidien pour ces six familles.

Aide scolaire

Dans leur accompagnement scolaire, les enfants bénéficient aussi du soutien de l’association Bang Paoun. Ermine Norodom fait partie des volontaires animant cette association qui fournit des repas aux familles des bidonvilles et autres communautés défavorisées du quartier. C’est dans les locaux de cette même association que Sreynett suit des cours d’anglais. Cela fait aussi partie des objectifs de l’association Ermine Norodom : s’il est impératif de parer aux besoins de première urgence, l’association ne souhaite pas d’assistanat prolongé, l’objectif est aussi de guider les enfants vers un avenir meilleur en soutenant leur scolarité. La jeune Sreynett ne cache pas ses ambitions, encouragée par sa bienfaitrice, elle souhaite poursuivre ses études, et, peut-être, devenir médecin.

Visite

Retour au bidonville par l’entrée Est. Là, paradoxe, les détritus s’amoncellent aux abords d’une station d’épuration et de traitement des eaux usées… De ce côté, cette vaste étendue d’eau croupie multiplie les risques d’infections et d’épidémies de paludisme. Par contre, l’accès aux habitations y est plus facile. En prévision de la mousson, les habitants ont commencé à tirer quelques bâches qui seront à peine utiles en cas de pluies violentes. Il n’est pas rare que le bidonville soit envahi par les eaux. C’est de ce côté du bidonville que vit la grand-mère de Sreynett. La vieille dame confie à sa petite fille qu’elle a du mal à vivre dans un cabanon qui fait moins de cinq mètres carrés.

Sreynett et ses frères

Tout près, Ermine Norodom découvre le taudis d’une jeune maman. Touchée par les conditions plutôt difficiles de cette femme qui a deux grands enfants, Ermine Norodom songe à lui faire profiter de son programme. Avec surprise, elle constate aussi que la Cambodgienne a tenté de construire une salle de bain avec une évacuation, initiative encore rare dans le bidonville.

Dehors, un premier petit orage de mousson, une période particulièrement difficile pour les habitants, en particulier pour les enfants, bien plus vulnérables aux accidents et aux maladies alors que l’eau des pluies agit comme un véhicule des agents infectieux et provoque aussi la montée des ordures.

Habitants du bidonville

Dimension humaine

Les cinq familles qui bénéficient du projet Shanty town spirit ont vue leur condition de vie s’améliorer considérablement. Projet encore modeste en comparaison d’autres grands programmes, Shanty Town Spirit a l’avantage de conserver une dimension humaine et un contact proche avec ces communautés difficiles, mais ô combien attachantes.

Verra-t-on un jour la jeune Sreynett devenir médecin et rendre visite à ces parents dans une demeure convenable ? Peut-être, c’est en tout cas tout le sens de la démarche et de la dévotion d’Ermine Norodom.

Christophe Gargiulo

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