Cambodge & Société : Bientôt une nouvelle loi en faveur des personnes handicapées

Au Cambodge, les personnes handicapées sont confrontées à de multiples défis tels que l’inégalité et la discrimination dans l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi, à la protection sociale, à la justice, aux transports publics.

Bientôt une nouvelle loi en faveur des Cambodgiens handicapés

Elles sont également particulièrement vulnérables à la violence et aux violations de leurs droits humains fondamentaux. Les femmes et les filles handicapées sont confrontées à des discriminations et des obstacles supplémentaires lors de l’accès aux services par rapport aux hommes handicapés.

Selon le recensement général de la population de 2019, 4,9 % des Cambodgiens (689 532 personnes) âgés de plus de cinq ans ont déclaré rencontrer des difficultés à accomplir des fonctions de base.

La pandémie de COVID-19 menace tous les membres de la société, mais de nombreuses personnes handicapées sont confrontées à des inégalités qui les laissent plus exposées.

« Ces inégalités, qui sont accrues pour les femmes et les filles handicapées, résultent de multiples obstacles tels que la stigmatisation, l’inaccessibilité des infrastructures, des transports et des informations, et l’absence de politiques et de services publics inclusifs. »

Le système des Nations Unies au Cambodge se félicite du vaste cadre politique mis en place par le gouvernement pour soutenir un redressement post-COVID qui soit inclusif pour les personnes handicapées. L’adoption prochaine d’une nouvelle loi sur le handicap (prévue en 2022) qui reflétera l’approche fondée sur les droits de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) jettera des bases solides pour les actions futures.

Plan stratégique

Le Plan stratégique national pour le handicap 2019-2023 (NDSP2) fournit également un cadre d’action pour l’ensemble des ministères et des agences aux niveaux national et infranational. En outre, le Cadre national de politique de protection sociale 2016-2025 (SPPF) expose une vision visant à étendre la couverture et à renforcer la cohérence entre les régimes d’aide sociale, d’assurance sociale et du marché du travail.

Le système des Nations unies (ONU) au Cambodge soutient activement le gouvernement dans ses efforts pour garantir des réponses efficaces, incluant le handicap, au COVID-19.

Outre le secteur de la santé, plusieurs agences se concentrent sur les impacts secondaires de la pandémie et apportent un soutien sectoriel spécifique comme la protection sociale, l’éducation et l’emploi.

Les Nations Unies, en collaboration avec le Conseil d’action pour les personnes handicapées et les organisations de personnes handicapées, ont réalisé une analyse de la situation nationale et une évaluation de l’impact du COVID-19 sur les droits et le bien-être des personnes handicapées, ainsi qu’un plan de redressement sur trois ans.

L’analyse a permis d’identifier les principales lacunes et opportunités pour faire face aux impacts de la pandémie de COVID-19 sur les personnes handicapées. Il s’agit notamment de la pauvreté et des moyens de subsistance non durables, de la discrimination et des attitudes négatives, de la violence sexiste à l’encontre des femmes et des filles et des personnes âgées handicapées, de l’information et de l’éducation, de l’inaccessibilité des infrastructures physiques et du manque d’aménagements raisonnables.

Soutien technique

Les Nations Unies ont fourni un soutien technique au gouvernement pour assurer un programme de protection sociale équitable et accessible aux personnes handicapées. En conséquence, environ 59 000 personnes handicapées ont eu accès au programme national de transfert de fonds pendant la pandémie.

L'ONU a fourni une assistance technique au gouvernement pour la promotion et la protection des droits des personnes handicapées, y compris le droit à la justice et à la réparation par la fourniture d’une aide juridique et le renforcement des capacités des acteurs de la justice.

Dans le cadre du plan de réponse et de redressement de COVID-19, les Nations Unies et le ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports (MoEYS) ont permis aux enfants handicapés d’accéder à l’apprentissage continu, notamment par le biais de plateformes d’apprentissage en ligne, en intégrant la traduction en langue des signes dans les clips vidéo d’apprentissage, en mettant à disposition et en fournissant du matériel éducatif inclusif et des modules d’apprentissage correctifs adaptés visant à combler les lacunes de leur apprentissage. 29 932 enfants handicapés (dont 12 562 filles) bénéficieront des 760 040 kits d’apprentissage à domicile actuellement distribués aux enfants de première et deuxième année dans tout le pays, ainsi que des fournitures d’hygiène et d’assainissement distribuées aux 13 482 écoles publiques du pays.

Vaccination

L’ONU a soutenu le ministère des Affaires sociales, des anciens Combattants et de la Réhabilitation de la jeunesse (MoSVY) pour la création du système national (social et fondé sur les droits) d’identification des handicaps qui permettra pour la première fois d’identifier tous les enfants et toutes les personnes handicapées du pays afin d’améliorer leur accès à la protection sociale, aux soins sociaux et aux moyens de subsistance. Ainsi, plus de 60 000 personnes handicapées ont été identifiées grâce au déploiement de l’identification qui doit être achevé à l’échelle nationale d’ici fin 2021.

En ce qui concerne la vaccination contre le COVID-19, grâce à ses multiples programmes sectoriels avec d’autres ministères, y compris le MoSVY et le MOI, les Nations Unies, aux côtés des ONG partenaires, ont travaillé avec les autorités administratives locales et les structures communautaires pour faciliter l’accès équitable de la vaccination contre le COVID-19 à des groupes vulnérables spécifiques, y compris les personnes handicapées. 80 % (1 322 sur 1 646) des communes ont collecté les données des personnes handicapées pour organiser la vaccination COVID-19. 125 217 personnes handicapées ont été identifiées, 86 479 personnes (69 %) ont été vaccinées volontairement. 17 434 des 86 479 personnes handicapées ont été entièrement vaccinées.

Promouvoir l’inclusion sociale

Les Nations Unies ont fourni un soutien technique au gouvernement pour promouvoir l’inclusion sociale des femmes et des jeunes handicapés dans les domaines de l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive, de l’information et de l’éducation des personnes handicapées, y compris la prévention et la lutte contre la violence sexuelle et la violence fondée sur le genre.

Des défis subsistent en ce qui concerne l’intégration effective du handicap dans des initiatives et des plans plus larges. Il reste encore beaucoup à faire pour renforcer les capacités des responsables gouvernementaux, des autorités locales, des autres prestataires de services et du secteur des affaires, afin de garantir l’inclusion effective du handicap dans toutes les réponses à la pandémie, y compris dans l’élaboration et la mise en œuvre des lois, des politiques et des plans.

Les Nations unies cherchent à renforcer la capacité des prestataires de services nationaux et infranationaux à fournir des services de base équitables et accessibles, y compris dans les situations d’urgence. Il s’agit notamment de services tels que les soins de santé, la protection sociale, la réinsertion professionnelle, la justice et l’éducation, ainsi que la protection des populations vulnérables, y compris les personnes handicapées. Le plan de redressement triennal pour les personnes handicapées peut servir de feuille de route à cet égard.

Engagement et créativité

Pour garantir les droits et le bien-être des personnes handicapées et leur accès aux services et au soutien, il faudra l’engagement et la créativité de toutes les parties prenantes, y compris, mais sans s’y limiter, les agences gouvernementales, les agences des Nations unies et les autres partenaires de développement, les organisations internationales, les ONG, le secteur des affaires et la société civile. Dans le même temps, il est urgent de veiller à ce que les capacités permettant de prendre en compte les droits et de répondre aux besoins des personnes souffrant de tous types de handicaps en matière de services et de soutien au sein ou à proximité de leurs communautés soient disponibles, appropriées et accessibles.

Plus important encore, les personnes handicapées doivent être au centre de la planification du relèvement.

Personne ne connaît mieux les défis et les obstacles qu’il faut surmonter pour se remettre de la pandémie de COVID-19, retrouver un sentiment de bien-être et jouir des mêmes droits et de l’accès aux services, aux soutiens et aux opportunités sur la base de l’égalité avec les autres.

 

Sreysros Keo

Responsable de la communication — Nations Unies au Cambodge

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