Siem Reap : Plastique et hôtellerie : Vers un cercle vertueux ?

Destination touristique s’il en est, la ville de Siem Reap est confrontée à une production massive de déchets plastiques. De plus en plus d’établissements, hôtels et restaurants, s’engagent néanmoins à réduire par tous les moyens possibles l’utilisation d’un plastique responsable de bien des maux.

Concilier affluence et respect de l’environnement

De l’avis des professionnels, 2019 est loin de représenter une année faste pour le tourisme. Du moins pas à Siem Reap, où les chiffres de fréquentation des temples parlent d’eux-mêmes : le premier semestre accuse en effet une baisse de 16 % de visiteurs par rapport à l’année précédente. Une tendance qui devrait malheureusement se confirmer au cours des prochains mois.

Si le prix des visas et le coût de l’accès aux temples ont leur part de responsabilité, un autre aspect doit être aussi pris en compte : celui de la pollution. L’amoncellement de déchets plastiques jonchant les trottoirs et flottant sur les cours d’eau jouerait un rôle de repoussoir pour de nombreux visiteurs. C’est du moins ce que pense Karl Diederich, directeur général du Mulberry. « C’est l’un des aspects les plus négatifs de la ville, et l’une des préoccupations majeures du secteur de l’hôtellerie. Le sujet est régulièrement abordé lors des réunions entre professionnels du tourisme. »

Matière nuisible

Une simple recherche sur Trip Advisor permet de réaliser l’impact négatif provoqué sur les visiteurs, témoins de l’amoncellement de déchets non seulement en ville, mais aussi à proximité des temples. Siem Reap n’est pas la seule cité du royaume à perdre ainsi de son attractivité, Phnom Penh et Sihanoukville étant de même confrontées à cette problématique.

Chaque année, le manque à gagner pour l’industrie du tourisme se chiffrerait à près de 74 millions de dollars US, selon l’association Clean Green Cambodia. Cette branche de l’ONG Soulcial Trust, fondée en 2017 et spécialisée dans la lutte pour la défense de l’environnement, a fait du combat contre le plastique son fer de lance.

« No plastic in my hotel », son projet fédérateur, rassemble sous sa bannière les établissements participant à cet effort. Dans cette optique, une charte de bonne conduite a été élaborée, listant une série de mesures propres à faire diminuer l’usage du plastique. « Supprimer les brosses à dents et les rasoirs jetables, ou encore placer shampoing et gel dans des récipients réutilisables fait partie des actions demandées. Nous sollicitons aussi le même effort dans les cuisines, notamment vis-à-vis des pailles, des emballages en polystyrène, ainsi que des bouteilles et des sacs en plastique », précise Juliette Goulet, coordinatrice du projet.

Prise de conscience

« L’année dernière, seuls cinq hôtels s’étaient engagés dans une démarche ‘’plactic free” », continue Karl Diederich. « Aujourd’hui, il y en a beaucoup plus ! ». Une trentaine plus précisément, selon Juliette Goulet. Une conférence réunissant associations et managers d’hôtels s’est déroulée le 19 septembre dernier, dans le but d’échanger les expériences, mais aussi de susciter un esprit d’émulation.

« Nous constatons une prise de conscience de la part tant du public que des professionnels du secteur », confirme Leakhena KIM, du restaurant Malis. « Beaucoup entrevoient les nuisances et les dangers que représente l’utilisation du plastique. Des messages sont maintenant diffusés à la télévision, tandis que fleurissent bannières et pancartes signalant les établissements bannissant le plastique. Mais de nombreuses actions sont encore à entreprendre afin de diffuser l’information ».

Une conférence « No plastic in my hotel » s’est tenue le jeudi 19 septembre


Le plastique sur la sellette

Les établissements qui s’inscrivent dans cette démarche multiplient les efforts, dont certains demeurent invisibles pour les clients. « Nous exigeons par exemple de nos fournisseurs que les produits soient livrés dans les paniers en osier que nous leur procurons. Les pailles réutilisables, les gobelets et les emballages en papier ont avantageusement remplacé plastique et barquettes en polystyrène », poursuit Leakhena KIM.

« Le peu de sacs à usage unique que nous utilisons est constitué d’une matière qui se dégrade au bout de quelques mois, au lieu de plusieurs centaines d’années comme c’est le cas avec les sacs classiques », enchaîne Céline Troeung, qui dirige le restaurant Khéma Angkor. « Et, tous les plastiques que nous récupérons sont envoyés à Rehash, une association spécialisée dans le recyclage. Nous tenons absolument à participer à la défense de l’environnement. Cela entre dans le cadre de la responsabilité sociale prônée par le groupe Thalias ».

Objets réalisés par l’association Rehash à partir de sacs en plastique recyclés


Une multitude de solutions

S’il ne semble pas aisé, au premier abord, de se débarrasser d’une matière omniprésente dans la vie quotidienne, les solutions ne manquent pourtant pas. Comme l’a démontré la réunion du 19 septembre, des alternatives peu coûteuses et ingénieuses peuvent être mises en place. Dans les salles de bain, en faisant la part belle aux ustensiles en bambou, en verre, en bois ou même en luffa, cette courge pouvant se transformer en éponge végétale.

Dans les cuisines, en remplaçant les barquettes en polystyrène par des contenants réutilisables ou par des feuilles de bananier. La longue liste des solutions disponibles démontre qu’il est possible, pour un établissement, de s’inscrire sans trop de difficultés dans une démarche écoresponsable. Plusieurs ONG s’occupent quant à elles de former le personnel en élaborant ateliers pratiques et sensibilisation à l’urgence environnementale.

Des solutions alternatives existent, comme le prouve cette sélection d’objets


Responsabiliser professionnels et particuliers

« La communication est l’un des enjeux majeurs », estime une directrice d’hôtel qui livre son témoignage. « J’ai assisté à une scène surréaliste où des clients, après m’avoir chaleureusement félicitée pour les actions menées dans mon établissement, sont revenus du marché les bras chargés d’emplettes, toutes emballées dans des dizaines de sachets plastiques ». Tout le monde doit donc s’impliquer dans un combat qui ne concerne pas seulement le secteur du tourisme. La population pâtit de l’usage d’une matière nécessitant des siècles pour disparaître tout en engendrant de nombreuses menaces, tant environnementales qu’économiques et sanitaires. En acceptant de participer au mouvement « No plastic in my hotel », les établissements contribueront-ils à réduire significativement l’usage du plastique dans un pays qui en est saturé ? Comme le conclut Juliette Goulet à la fin de la conférence, « À présent, la balle est dans votre camp ».

La charte, ses signataires ainsi que les établissements s’inscrivant dans une démarche de réduction du plastique se trouvent sur le site de l’association Clean Green Cambodia : https://www.cleangreencambodia.org/

Les initiatives peuvent aussi être suivies sur les réseaux sociaux grâce au mot-clé #noplasticinmyhotel

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