Santé : Chanty, infirmière cambodgienne en première ligne contre la pandémie

Chanthy Ratha se trouvait chez elle, dans son domicile du quartier Sen Sok à Phnom Penh, lorsqu’elle a reçu un appel téléphonique en juin dernier. Elle a posé le téléphone, enfilé rapidement sa blouse médicale, attrapé son sac et s’est rendue directement à l’Institut national de Santé Publique pour confirmer qu’elle se portait volontaire pour intégrer ces infirmiers volontaires qui se mobilisent pour lutter contre la pandémie.

Chanty, infirmière cambodgienne en première ligne contre le Covid

Un soir à Phnom Penh

À 19 heures, Chanthy Ratha et d’autres volontaires médicaux partent pour l’aéroport international de Phnom Penh à Pochentong afin de traiter les passagers entrants. Elle monte dans une camionnette remplie à ras bord d’équipements de protection individuelle, de désinfectants, de formulaires médicaux, d’en-cas, de café et autres boissons — tout ce dont ils auront besoin cette nuit-là — et elle part à Pochentong. Après avoir effectué plusieurs dizaines de tests et d’entretiens médicaux, elle rentre chez elle à 2 heures du matin. Ce n’est pas sa première mission, mais la jeune diplômée se sent épuisée.

« En tant que personnel médical, nous devons toujours nous tenir prêts et rester en alerte pour une mission d’urgence », dit-elle.

Chanthy Ratha a obtenu son diplôme universitaire d’infirmière sage-femme l’année dernière et a décidé de rejoindre l’association des jeunes médecins volontaires Samdech Techo pour aider à faire face à la menace croissante de la pandémie de COVID-19. Depuis janvier 2020, le Cambodge a signalé plus de 1 300 cas de COVID-19, dont plus de 730 au cours des trois dernières semaines, alors que le pays s’efforce de contrôler le dernier incident de transmission communautaire. Chanthy Ratha vit les hauts et les bas de cette lutte contre le coronavirus au Cambodge. Mais, malgré les risques, elle veut être en première ligne de la réponse au COVID-19 pour protéger sa famille et ses concitoyens.

« La plupart du temps, tout le monde se met en retrait dans une telle situation. Et si je prenais aussi du recul ? Et si l’épidémie était aussi importante que ce qui s’est passé en Chine, qui serait alors responsable ? », clame-t-elle.

La volontaire précise qu’elle a reçu une formation intensive sur la façon de traiter les patients : comment administrer le test en toute sécurité et mener des entretiens et aider ainsi à la recherche des contacts. La mission exige une « grande attention » et une « extrême prudence », déclare Chanthy Ratha, ajoutant qu’il est primordial de s’assurer que les volontaires sont en sécurité afin qu’ils ne soient pas contaminés et ne transmettent pas le virus aux autres membres de l’équipe, aux familles ou à leur entourage.

« J’ai toujours un spray alcoolisé et un désinfectant pour les mains et je porte un masque en permanence. Chaque fois que je pars en mission, j’attache mes cheveux, je porte des chaussettes longues, un pantalon long et des chaussures fermées », dit-elle. « Ensuite, j’enfile l’équipement EPI - une blouse d’isolation, des masques N95, des écrans faciaux et des gants ».

« Lorsque la mission est terminée et après avoir enlevé l’équipement de protection, nous nous vaporisons de l’alcool de la tête aux pieds. Quand je rentre chez moi, je lave mes vêtements, je prends une douche et je me lave les cheveux. »

Le Dr Chhea Chhorvann, directeur de l’Institut national de la santé publique, confirme que les travailleurs médicaux volontaires sont essentiels dans certains domaines de la lutte contre le COVID-19, notamment dans la recherche des contacts. Il explique que pendant que les équipes de recherche et de santé publique sont occupées à des travaux de laboratoire ou au traitement des patients, les volontaires prennent l’initiative d’identifier les sources du virus et de rechercher les contacts potentiels.

« Ils travaillent tout le temps et sans horaire précis. Lorsqu’il y a un cas suspect, ils sont là immédiatement, leur intervention est critique et essentielle »

Chanthy Ratha a grandi dans le village de Ra, dans la province de Battambang, qu’elle a quitté en 2014 pour aller à l’université. Sa famille l’a soutenue dans ses choix de carrière et est fière de sa décision de travailler avec le groupe de volontaires.

« Mon père est heureux pour sa fille qui ose lutter contre l’épidémie de COVID-19. Il ne se plaint jamais et me laisse travailler très tard », confie-t-elle.

« Mes parents sont heureux que leur fille soit brave et courageuse »

Par Sokummono Khan, Hean Socheata et CG, avec l’aimable autorisation de VOA Khmer

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