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Phnom Penh & Portrait : M. Pancake ou M. Crêpe ? Tous les goûts sont dans la nature

Chaque jour, vers 14 heures, devant l’Institut Français du Cambodge, une foule de gens se rassemble autour d’un homme avec un chariot de restauration mobile, pour commander ce que beaucoup considèrent comme les meilleures crêpes de Phnom Penh.

Une foule éclectique d’adultes et d’enfants attendent leurs gourmandises devant l’Institut Français du Cambodge. Photo Heng Chivoan
Une foule éclectique d’adultes et d’enfants attendent leurs gourmandises devant l’Institut Français du Cambodge. Photo Heng Chivoan

Pour certains — et même pour l’homme qui les prépare — les crêpes ne sont peut-être que de fines crêpes au pedigree français, mais, quel que soit le nom qu’on leur donne, leur capacité à attirer les gourmands est indéniable, tout comme le nombre de clients qui attendent chaque jour pour les commander.

Ceux qui empruntent régulièrement la rue 184 peuvent attester de la popularité des crêpes de Mister Pancake. Celui qui les prépare, Philippe Dounaevsky, raconte qu’il vend ses crêpes à cet endroit depuis huit ans, sur les onze années qu’il a passées dans le Royaume.

Parmi les autres endroits préférés de Dounaevsky, on trouve le Marché de nuit et le Lycée français René Descartes. Il vend également le matin dans des écoles publiques comme Bak Touk, Chaktomuk, Wat Phnom, Santhormok et Tuol Tom Puong, mais depuis 2013, il passe surtout ses après-midis à vendre des crêpes devant l’Institut français de la rue 184.

Sept parfums sont proposés : Nutella, chocolat au lait, chocolat noir, confiture de fraise, beurre de cacahuète et lait concentré et sucre. Photo Heng Chivoan
Sept parfums sont proposés : Nutella, chocolat au lait, chocolat noir, confiture de fraise, beurre de cacahuète et lait concentré et sucre. Photo Heng Chivoan

« Cela fait 11 ans que je vis au Cambodge, depuis juillet 2011. J’ai lancé ma petite entreprise un mois plus tard. Ma petite amie de Thaïlande est venue me rejoindre ici en 2012 et nous avons une meilleure vie, c’est très différent des pays occidentaux », explique Dounaevsky.

Originaire de Paris, Dounaevsky a appris ses techniques de crêpier auprès de sa mère et il a toujours été passionné par la cuisine.

« Ma mère a été crêpière dans un jardin public pendant 40 ans. C’est elle qui m’a appris à préparer des crêpes. Et maintenant, je concocte mes propres recettes », dit-il.

M. Dounaevsky a travaillé dans le domaine des produits électroniques pendant plus de 30 ans, mais il se dit bien plus heureux avec son activité actuelle. Il affirme qu’il peut vendre jusqu’à 100 crêpes par jour, bien que la moyenne soit plus proche de 70, en fonction des fêtes ou de la saison.

Il propose sept parfums : Nutella, chocolat au lait, chocolat noir, confiture de fraises, beurre de cacahuète, lait concentré et sucre. Les clients peuvent également ajouter une garniture à la banane s’ils le souhaitent.

Selon M. Dounaevsky, les crêpes les plus vendues sont celles au lait et au chocolat noir, puis celles au Nutella et à la confiture de fraises. Il prépare sa pâte à crêpe avec les ingrédients habituels — farine, lait, œufs et sucre et, dans certains cas, de l’extrait de vanille pour lui donner un goût plus riche.

Les bananes sont la garniture parfaite pour n’importe laquelle de ses crêpes sucrées. Photo Heng Chivoan
Les bananes sont la garniture parfaite pour n’importe laquelle de ses crêpes sucrées. Photo Heng Chivoan

Dounaevsky prépare ses crêpes à la maison et les enveloppe ensuite dans du papier d’aluminium, de sorte qu’au moment de les vendre, il n’a plus qu’à les réchauffer et à ajouter la garniture souhaitée pour obtenir un goût moelleux et délicieux.

Une fois que vous avez goûté aux crêpes de Dounaevsky, vous ne vous demandez plus pourquoi les clients sont prêts à faire la queue pendant 20 ou 30 minutes pour en manger une.

Et à 63 ans, il est de la vieille école à plus d’un titre, y compris lorsqu’il s’agit de maintenir une certaine discipline. Ceux qui arrivent les premiers commandent les premiers et les derniers commandent les derniers, sans exception.

Des écoliers dégustent les crêpes de Philippe Dounaevsky, également connu sous le nom de M. Pancake. Photo Heng Chivoan
Des écoliers dégustent les crêpes de Philippe Dounaevsky, également connu sous le nom de M. Pancake. Photo Heng Chivoan

« 99 % de mes clients sont des locaux. En dehors de cela, il y a un mélange de nationalités. La plupart d’entre eux sont des étudiants et des universitaires. Les gens d’ici me disent qu’ils aiment mes crêpes. Elles sont très différentes des autres types de crêpes comme le rôti. »

« J’ai beaucoup de clients réguliers. Je peux dire en toute confiance que la majorité d’entre eux reviendront après avoir goûté mes crêpes. Les prix sont également très raisonnables, autour d’un dollar », affirme M. Dounaevsky.

Le Phnom Penh Post a interrogé certains des étudiants qui faisaient la queue pour les crêpes et beaucoup affirment qu’ils apprécient la différence avec les gâteaux khmers traditionnels. Un élève va jusqu’à dire qu’il est devenu accro aux crêpes et qu’il ne peut s’empêcher d’y revenir encore et encore. Plusieurs lycéens confie également qu’ils mangent les crêpes de Dounaevsky depuis l’école primaire.

Bien que Dounaevsky se débrouille plutôt bien avec son activité de chariot mobile, il dit ne jamais avoir envisagé d’ouvrir une boutique avec un emplacement fixe.

La plupart des clients de Dounaevsky sont des locaux, dont de nombreux lycéens et étudiants. Certains mangent ses crêpes depuis leur enfance. Photo Heng Chivoan
La plupart des clients de Dounaevsky sont des locaux, dont de nombreux lycéens et étudiants. Certains mangent ses crêpes depuis leur enfance. Photo Heng Chivoan

« Je préfère vendre mes crêpes dans la rue, car je pense que cela me permet de me rapprocher de mes clients », dit-il, ajoutant :

« Vendre dans la rue est plus facile pour l’installation. J’aime être dehors et avoir des clients autour de moi, mais ce serait bien s’ils pouvaient me trouver plus facilement. C’est triste à dire, mais la plupart des crêperies sont fermées maintenant », dit-il.

M. Dounaevsky dit n’avoir que de la gratitude envers le Cambodge et ses habitants pour l’avoir accueilli dans leur pays et l’avoir soutenu pendant ces 11 dernières années.

« Merci beaucoup à tous ceux qui ont la gentillesse de m’approcher et d’exprimer leur bonne humeur par leur attention, leurs sourires et leur gentillesse. C’est vraiment un plaisir de travailler au Cambodge. Et je tiens à m’excuser si je suis parfois un peu lunatique. Mais vraiment, c’était merveilleux et je remercie le Royaume du Cambodge de m’avoir accueilli », conclut Dounaevsky.

Les crêpes de Mister Pancake sont vendues tous les jours de 14 h à 18 h 30 devant l’Institut français du Cambodge, au numéro 218 de la rue 184, dans le quartier de Daun Penh.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur Facebook.com/French-pancake-in-Phnom-Penh

Roth Sochieata avec notre partenaire The Phnom Penh Post

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