Phnom Penh : Expulsion prévue des communautés riveraines pour « préserver l'environnement »

La mairie de Phnom Penh a publié mercredi une directive ordonnant le démantèlement des maisons flottantes sur les berges du fleuve et l’arrêt de toute activité de construction, afin de « préserver l’environnement ».

La directive a été émise pour préserver l’environnement et la qualité de l’eau de la zone et aussi améliorer l’esthétique de la ville. Les résidents vivant dans les maisons flottantes ont un délai d’une semaine pour déménager.

Klaing Hout, gouverneur du district de Chroy Changvar, a déclaré que ses fonctionnaires informaient actuellement les résidents de la nouvelle directive, mais a refusé de commenter ce qui se passerait ou comment les autorités prévoyaient d’expulser les personnes vivant le long de la rivière :

« En principe, il ne s’agit pas d’une relocalisation. Relocaliser signifie se déplacer d’un endroit à un autre. Pour l’instant, il s’agit d’interdire l’utilisation de la rivière, des lots de pêche ou de l’habitation de la zone. Cette mesure est liée à des préoccupations environnementales »

Klaing Hout a indiqué que les fonctionnaires du district procédaient au décompte du nombre de maisons le long du fleuve et toute activité de construction ayant lieu dans la zone.

Am Sam Ath, directeur adjoint chargé de la surveillance au sein du groupe de défense des droits Licadho, a déclaré que les autorités devaient trouver une solution à l’amiable qui convienne à la fois au gouvernement et aux résidents.

« Ce n’est pas totalement la faute des résidents, car les autorités n’ont pas empêché la construction en premier lieu », dit-il. « C’est donc un problème qui doit être résolu avec précaution ».

Om Savath, directeur exécutif de la « Fishery Action Coalition Team », a déclaré que s’il était opportun de protéger les berges de la rivière, beaucoup dépendent encore de la pêche pour leur subsistance et ils devraient bénéficier d’une véritable solution :

« Il est bien que la mairie prenne des dispositions. Cependant, pour une meilleure solution, le gouvernement devrait jouer un rôle important dans le règlement de la question ».

En 2018, le gouvernement cambodgien avait expulsé et relocalisé des centaines de familles d’ethnie vietnamienne vivant le long du Tonlé Sap pour préserver la biodiversité du fleuve.

Nem Sopheakpanha

VOA Khmer

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