Phnom Penh & Exposition : À qui la Faute ? par le talentueux Nget Chanpenh

Avec cette nouvelle exposition, Nget Chanpenh revient pour la 3e fois à la Meta House. Après avoir dévoilé sa vie intime dans « Solitudes » (2015) et « Waiting for the Ice to Melt » (2017), il a décidé, cette fois, d’inverser son regard introspectif vers le monde extérieur.

Exposition : À qui la Faute ? par le talentueux Nget Chanpenh

L’artiste observe désormais la société qui l’entoure afin d’en dénoncer les maux (changements climatiques, inégalités sociales, expropriation des terres, urbanisation anarchique, corruption, endettement suicidaire via le microcrédit, mortalité routière…). Il souligne que ces problèmes sociaux sont actuellement exacerbés par la pandémie de covid 19 qui apparaît donc symboliquement en arrière-plan de nombreux tableaux, avec toute la finesse et la subtilité qui caractérisent l’art pictural de Chanpenh.

Tout au long de 15 tableaux, il décrit un pays en clair-obscur où les peaux sont cuivrées, mais les ciels plombés… alternant une diversité de bruns et de gris, des peaux bronzées sous des ciels sombres. À l’arrière-plan de ses tableaux, tous dans la pénombre, le temps n’est pas au beau fixe… Le soleil ne brille jamais dans le royaume de Chanpenh.

Nget Chanpenh. Photo Phnom Penh Post
Nget Chanpenh. Photo Phnom Penh Post

Dans sa précédente exposition, il s’était fait un devoir de laisser un témoignage de ce qui lui était arrivé pendant son addiction à l’ice-meth, traitant son art comme une forme de psychothérapie qu’il s’inflige à lui-même, agissant à la fois comme médecin et patient. Dans cette nouvelle série, il se positionne moins comme une victime que comme un témoin extérieur des maux de la société qui l’entoure.

Témoin, mais pas procureur ! Il se demande simplement « à qui la faute ? » et a fait de cette question cruciale le titre de toute l’exposition…

« Qui est coupable ? Le système politique et économique ? Les gouvernants ? Les citoyens qui les laissent faire ? La nature humaine ? Dieu ? Ou simplement son père qui lui a donné la vie dans ce monde quasi invivable ? »

Loin des concepts cotonneux qui se prétendent intelligents et de l’esthétique standardisée en vogue actuellement dans l’art contemporain, Chanpenh ne cherche pas à plaire, ni même à expliquer. Il cherche juste à peindre un constat interrogatif, avec comme arme principale, la puissance de sa poésie.

Par Romcheik Pram

Ouverture : mardi 14 décembre 2021 de 18 à 21 h

META HOUSE – Phnom Penh

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