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Diaspora : Sonadie San, Franco-Khmère photographe et réalisatrice...et forte de ses convictions

Chers lecteurs, aujourd’hui je vous parle de la Franco-Khmère photographe et réalisatrice Sonadie San. Femme forte de ses convictions et pluridisciplinaire, elle représente avec fierté la communauté asiatique qu’elle s’efforce de mettre en avant dans tous ses projets.

Sonadie San. Photo fournie
Sonadie San. Photo fournie

De son enfance à Lognes (région parisienne) à un parcours de vie atypique où le hasard des rencontres lui créera des souvenirs inoubliables, elle confie pour Cambodge Mag son chemin personnel, ses doutes, ses souvenirs, mais aussi son parcours professionnel et ses projets. Une femme tout simplement extraordinaire qu’il nous fait plaisir de vous faire découvrir sous un angle intimiste.

Tu grandis à Lognes et la culture khmère est extrêmement présente dans ton éducation, notamment par la danse. As-tu des anecdotes à ce sujet ?

Je l’ai pratiquée de mes 3 ans jusqu’à mes 15 ans. De merveilleux souvenirs à la pagode de Vincennes où j’ai obtenu majoritairement les rôles principaux

Un questionnement se pose vers tes 10 ans et une confrontation avec ta maman survient alors. Peux-tu nous l’expliquer ?

Mon physique différent des autres asiatiques m’interpelle. Une amie me convainc de mon potentiel métissage, mais intriguée je demande à ma mère, qui nie le fait.

Vers 17 ans arrive ce que l’on pourrait qualifier de « déclic identitaire ». Que décides-tu alors de faire ?

J’apprends que mon père n’est pas mon père biologique et dévastée, je fugue.

Enfance. Photo fournie
Enfance. Photo fournie

Vers 21 ans, muni d’un sac à dos et de beaucoup de courage, tu entreprends alors ton 1er voyage au Srok khmer. Décris-nous tes sensations des premiers jours.

Ma crise identitaire atteint son comble et la cassure de la relation avec mon père adoptif me pousse à partir découvrir le Srok. Un véritable choc sensoriel se produit, tout mon corps ressent le pays dès mon premier pas sur le sol. Je sais que je suis arrivée « chez moi ».

Un événement mystérieux se produit le 1er soir, quel est-il ?

Un sentiment inexplicable se produit durant la nuit : je ressens mon esprit sortir de mon corps pour aller à la rencontre de ma grand-mère maternelle. La vision va jusqu’à son message de me guider dans mon périple prévu périlleux de ma quête des origines.

Suite à cela, tu rencontres ton oncle et ce dernier voit quelque chose : que devine-t-il ?

Immédiatement il ressent ce qui s’est passé durant mon état de « transe » et me dit savoir que j’ai rencontré ma grande mère.

Puis le hasard te fait rencontrer à Siem Reap une dame - jusqu’ici inconnue - qui t’hébergera pendant un certain temps. Que découvres-tu d’extraordinaire durant cette rencontre ?

Il s’agit d’une femme moine, rencontrée sur mon chemin par hasard et dont le premier échange sera le partage d’un repas dans sa maison, repas qui se transformera en un séjour inattendu de deux semaines ou de stupéfiantes révélations surviendront. Cette bonze au fil de nos échanges quotidiens s’avère connaître mon père adoptif, qu’elle considère comme son sauveur durant l’époque des Khmers rouges !

Parle-nous également des impressions générales ressenties lors de ton séjour au Cambodge (reconnexion, etc.)

Le Cambodge représente la période la plus fluide, agréable et forte de mon existence. Chaque seconde passée au pays me rappelait la nécessité et l’évidence d’être là. J’y ai trouvé ma place.

À ton retour en France, tu décides de renouer les liens avec celui qui t’a élevée. Que fais-tu pour que cela se produise ?

De connivence avec ma mère, nous organisons des retrouvailles, nécessaires après toutes ces années de cassure, et j’en profite pour lui conter mon séjour et mes rencontres extraordinaires, reliées à son passé.

Sonadie San. Photo fournie
Sonadie San. Photo fournie

À tes 28 ans, tu es admise, suite à un concours, à l’école Frédéric Jacquot et tu rentreras directement en 2e année. Qu’en pense ta famille ?

De prime abord elle s’y oppose. Mais ayant au préalable accompli un parcours universitaire qui leur convenait, elle ne peut que se plier à ma décision.

En écrivant ta première pièce de théâtre, que réalises-tu durant ton casting ?

Je réalise l’ampleur de la difficulté en tant qu’ethnie minoritaire en France de trouver un emploi de comédien. Cette situation est réelle et étendue à tout le milieu de l’audiovisuel notamment. Je me découvre également une passion pour le coaching.

Explique-nous comment tu es devenue coach

Dès mes premiers emplois, j’ai ressenti un besoin et un plaisir à former mes collaborateurs. Cette vocation probablement innée s’est poursuivie naturellement lors de mes pièces de théâtre.

Par la suite tu iras au Canada. Tes meilleurs souvenirs et expériences de ce séjour de trois ans ?

Mon meilleur souvenir reste celui d’y avoir vécu, mais aussi d’avoir coaché la comédienne Shelby Jean Baptiste suite à l’obtention de son premier rôle dans le film Scratch.

En tournage, photo fournie
En tournage, photo fournie

Peux-tu nous parler brièvement de ton expérience au Brésil et des Orichas ?

Ce voyage est avant tout dû à la sélection de mon premier court métrage pour le festival Festi France-Brésil. Le but, lorsqu’un réalisateur se voit sélectionné, est de séjourner cinq mois au pays afin notamment de transmettre son savoir ou son expérience.

Une expérience extraordinaire qui me fera découvrir pas moins de 70 villes en cinq mois.

J y découvre alors la légende des Orichas ainsi que de leur culture. Cette immersion inattendue m’amènera notamment à participer aux rituels et à m’imprégner totalement de ces traditions extraordinaires.

Ta vocation de réalisatrice devient un jour une évidence. Quelles ont donc été tes réalisations ?

À mon retour en 2016, suite à mes diverses expériences, ce métier apparaît alors pour moi comme une évidence. Il représente ce qui désormais me convient le mieux.

Je réalise :

– Ouvre les yeux

– Ouropreto (Brésil)

– Rap de vaincre

– Médusa, un film documentaire

⁃ actuellement je termine le Souffle, mon dernier film en cours

À mon retour en 2016, suite à mes diverses expériences, ce métier apparaît alors pour moi comme une évidence. Il représente ce qui désormais me convient le mieux.

En écriture :

⁃ Je suis également sur l'écriture de mon prochain film basé sur les jeunes en décrochage scolaire

⁃ Je viens notamment de terminer un autre court métrage intitulé Le lièvre étoilé ainsi qu'un long métrage : Le soleil du Manguier.

Tu es présente au travers de nombreuses causes et mouvements sociaux. Lesquels sont-ils ?

Je suis principalement engagée dans la page Instagram THE ASIAN SUSPECTS, qui a pour mission de mettre en avant les talents franco-asiatiques. Un moyen efficace et une initiative personnelle afin de combler le manque de visibilité de la communauté asiatique.

Je travaille en parallèle en tant que photographe avec Amanda, afin de réaliser une exposition photo, toujours dans le but de mettre en avant les physiques asiatiques, et par des photographes asiatiques.

Enfin pourrais-tu nous dire quelques mots sur le Soleil du Manguier ?

Ce long métrage est une quête personnelle, voire initiatique et intimiste. Le sujet en est mon père adoptif et j’espère que cette réalisation démontrera tout l’amour que je lui apporte.

Propos recueillis par Chantha R (Françoise Framboise)

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