Nouvel An khmer : Danse traditionnelle Troddi au ministère de l’Information

A l’occasion du Nouvel An traditionnel khmer, le ministère de l’Information organisait ce 07 avril la danse traditionnelle “Troddi”, danse destinée à chasser les malheurs de l’année précédente et à souhaiter la bonne année, avec la présence du ministre de l’Information, Khieu Kanharith et de son épouse, et avec la participation des fonctionnaires du ministère. Photographies par Hun Yuthkun.


Troddi est une des danses folkloriques les plus connues de la fête du Nouvel An traditionnel khmer, Chaul Chhnam Thmei, destinée à chasser les malheurs de l’année précédente et souhaiter la bonne année, mais aussi appelée à solliciter la pluie en cas de sécheresse prolongée.


Aujourd’hui, personne ne sait vraiment quand et dans quelle région cette tradition est née Cependant, une hypothèse indique qu’elle serait liée à une croyance de la population selon laquelle si un animal sauvage fait irruption dans le village, il en emportera toutes les bonnes choses. C’est pourquoi les habitants se rassemblent et aspergent du baume et diverses substances colorantes pour l’éloigner. Les danseurs déguisés en animaux, le plus fréquemment en cerfs, chevreuil ou paons, évoluent alors devant les villageois pour être aspergés de baume et de matières colorantes.



Selon certains écrits, la danse Troddi aurait pris son origine chez les “Samrès”, groupe ethnique qui cohabitait avec les Khmers sur les anciennes terres de Sovannaphum (terres d’or n’ayant pas subi l’influence de la civilisation indienne) depuis le 1er siècle. Puis, elle devint un héritage du peuple cambodgien. Aujourd’hui, seul un petit nombre de Samrès habitent encore des régions situées au Nord du lac de Tonlé Sap.


Autrefois, la danse Troddi était exécutée devant la cour pour souhaiter la bonne année à la famille royale. Cela explique aussi pourquoi elle est encore très populaire dans la province de Siem Reap et les environs de l’ancienne capitale Angkor. Le nombre de danseurs varie mais ils sont en général seize, dont quatre danseurs principaux, deux hommes et deux femmes, un taureau qui représente les forces maléfiques, un Dângdol qui joue un petit instrument traditionnel, quatre Kanhche (clowns), deux géants, deux monstres, deux joueurs de tambourin et un chasseur.


Les danseurs portent des costumes, des masques et différentes coiffures en fonction du rôle qu’ils interprètent. Ils chantent et dansent au son des tambours et de petits instruments : hautbois, “Tror Ou” et “Tror Sor” (violon khmer à deux cordes). De nos jours, la danse Troddi est encore très populaire dans les provinces de Siem Reap et Battambang ainsi que dans d’autres localités. Pourtant, sa signification originale a légèrement évolué. De nos jours, des troupes de Troddi font du porte-à-porte en dansant, en chantant et en souhaitant aux habitants une heureuse année, et procèdent aussi à des collectes de fonds pour la construction ou la restauration des pagodes, des ponts ou des écoles. Les membres des troupes ne sont pas des professionnels. Ils se rassemblent et se produisent seulement à l’occasion du Nouvel An.



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