Myanmar : Cambodge et Asean dénoncent l'exécution des leaders du mouvement démocratique

L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est a condamné l’exécution par la junte militaire de quatre militants d’opposition, un acte qui a provoqué stupeur et indignation et remet sérieusement en cause les efforts de processus de paix initiés par le Royaume, qui préside l'ASEAN cette année.

Ko Jimmy (à gauche) et Ko Phyo Zeya Thaw (à droite)
Ko Jimmy (à gauche) et Ko Phyo Zeya Thaw (à droite)

Ce drame, lié au coup d’État de 2021 qui a plongé la nation dans la tourmente, devrait attirer l’attention lorsque les ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est et de ses partenaires de dialogue tels que le Japon, la Chine et les États-Unis se réuniront au Cambodge la semaine prochaine.

Malgré les appels répétés lancés à la junte par le Cambodge pour qu’elle ne procède pas à ces exécutions, les quatre prisonniers ont été pendus dans l’enceinte de leur prison et les familles n’auraient pas encore pu disposer des corps.

Parmi les quatre personnes exécutées car accusées d'aider les insurgés à combattre l'armée du Myanmar, figurent Phyo Zeyar Thaw, 41 ans, un député du parti de Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, et Kyaw Min Yu, 53 ans, un militant pro-démocratie connu sous le nom de Jimmy.

Dans sa déclaration, le Cambodge déclare que ces exécutions sont « hautement répréhensibles », car elles font reculer les efforts déployés, notamment par la présidence de l’ASEAN, pour accélérer la mise en œuvre du « consensus en cinq points » visant à instaurer la paix au Myanmar par le dialogue plutôt que par la violence.

« Alors que la complexité de la crise est bien reconnue et que l’ambiance extrêmement belliqueuse peut être ressentie de tous les coins du Myanmar, l’ASEAN dans son ensemble appelle à la plus grande retenue, à la patience et aux efforts pour éviter l’escalade de la situation », indique la déclaration, ajoutant :

« Nous appelons fermement et de toute urgence toutes les parties concernées à s’abstenir de prendre des mesures qui ne feraient qu’aggraver la crise, entraver un dialogue pacifique entre toutes les parties et mettre en danger la paix, la sécurité et la stabilité, non seulement au Myanmar, mais dans toute la région ».

Aucune exécution de prisonniers politiques n’a eu lieu au Myanmar depuis les années 1970. Selon la presse locale, le dernier cas de peine capitale remonterait à 1990.

Les tribunaux du Myanmar sont désormais sous contrôle militaire et les audiences sont fermées au public, ce qui amène les critiques à sérieusement mettre en doute l’impartialité du processus judiciaire.

La déclaration cambodgienne indique également que l’ASEAN « demeure résolue à aider le Myanmar à revenir à la normale, à entamer une transition démocratique et à trouver une solution politique pacifique à la crise actuelle par le biais d’un dialogue inclusif dirigé par le Myanmar et appartenant au Myanmar », conformément au consensus en cinq points et à la charte de l’ASEAN.

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