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Mong Reththy, sénateur et architecte de l’agro-industrie cambodgienne

Mong Reththy, magnat de l’agro-industrie cambodgienne, incarne depuis 1989 une vision ambitieuse d’autonomie économique rurale au Cambodge. À la tête d’un conglomérat familial employant plus de 10 000 salariés directs et indirects, il orchestre une stratégie « one for all » qui intègre verticalement la production d’aliments composés pour animaux, l’élevage porcin et avicole, la pisciculture, les vastes plantations de palmiers à huile et l’horizon d’une raffinerie locale d’huile alimentaire.

Mong Reththy, sénateur et architecte de l’agro-industrie cambodgienne
Mong Reththy

Lors d’une visite récente sur sa zone agro-industrielle du district de Prey Nob, province de Preah Sihanouk, ce milliardaire philanthrope a réaffirmé les vertus de ce modèle intégré : réduction drastique des importations, sécurisation des chaînes d’approvisionnement nationales et création massive d’emplois dans les campagnes. Dans un royaume encore dépendant des devises étrangères pour ses besoins alimentaires de base, cette approche pragmatique illustre les potentialités d’une transformation agro-industrielle endogène, à l’heure où Phnom Penh accélère son intégration régionale.​

Le portefeuille diversifié du groupe Mong Reththy

Fondé en pleine reconstruction post-Khmer rouge, le groupe Mong Reththy (MRG) s’est mué en un géant polymorphe, structuré autour de filiales spécialisées telles que MRICOP (Mong Reththy Investment Cambodia Oil Palm, certifiée RSPO depuis 2012), MRT-TCC, OMP, MTSI, GSA et M’s Pig ACMC.

Au cœur de ses opérations palmistes, 17 000 hectares de plantations à haut rendement produisent annuellement 46 000 tonnes d’huile brute de palme, dont 97% sont exportées vers l’Inde, générant des dizaines de millions de dollars de revenus. Parallèlement, les usines d’aliments composés tournent à 220 000 tonnes par an – avec un objectif de 350 000 tonnes –, soutenant des élevages intensifs de porcs (passant le Cambodge de déficitaire à autosuffisant en viande porcine), de volailles et de poissons.

Le spectre d’activités ne s’arrête pas là : depuis 2001, plus de 1 800 hectares de manioc sont cultivés pour l’alimentation animale, complétés par des surfaces de riz, mangues et caoutchouc ; une minoterie moderne, investie à hauteur de 10 millions de dollars, traite le riz local ; une unité pionnière de biogaz, alimentée aux déjections porcines dès les années 2000, recycle les déchets en énergie verte.

Le groupe s’étend encore au commerce international (import-export de matières premières), au BTP routier et au transport maritime, tout en investissant dans des infrastructures sociales – écoles, dispensaires, temples – pour ses employés. Cette diversification a permis une résilience exemplaire : pendant la pandémie de Covid-19, 5 000 familles ont été préservées, sans licenciements ni coupes salariales, démontrant un paternalisme économique rare dans la région.

Aliments composés, pivot stratégique de la valeur ajoutée

L’usine d’aliments pour animaux forme le nœud gordien de cette architecture. Elle absorbe chaque année 40 millions de dollars en achats directs de manioc et maïs auprès des petits agriculteurs cambodgiens, éliminant les intermédiaires voraces et stabilisant les prix à la production.

« La production locale d’aliments dope l’ensemble du secteur agricole, évitant l’exportation de nos matières premières à vil prix et l’importation d’aliments finis deux à trois fois plus chers », martèle Mong Reththy.

Ce choix stratégique a propulsé le royaume vers l’autosuffisance porcine en une décennie, un basculement décisif pour la sécurité alimentaire nationale. En favorisant l’intégration verticale – de la graine à l’assiette –, le groupe optimise coûts et rendements, tout en injectant des liquidités vitales dans les zones rurales.

Palmeraies géantes et pari sur le raffinage local

Palmeraies géantes et pari sur le raffinage local

Pionnier de la filière palmiste depuis 1995, Mong Reththy a multiplié les surfaces de 477 à 16 000-17 000 hectares à Prey Nob, érigeant son domaine en l’un des leaders d’Asie du Sud-Est. Bien que l’huile brute domine les exportations, le tycoon nourrit depuis 2010 le projet d’une raffinerie d’huile de cuisson à 32 millions de dollars, visant à rapatrier la valeur ajoutée juteuse du raffinage, encore confiée à des usines étrangères. Ce chaînon manquant pourrait transformer une activité extractive en industrie sophistiquée, multipliant les revenus et les emplois qualifiés. Les plantations, certifiées durables, emploient déjà des dizaines de milliers de journaliers, avec des logements fournis et une stabilité sociale renforcée.

Vers une souveraineté agro-alimentaire assumée

Mong Reththy appelle de ses vœux une souveraineté pleine et entière : « Produire nos aliments, élever nos animaux, raffiner notre huile ici même, pour nourrir notre peuple sans dépendre des autres », résume-t-il.

Il invite les investisseurs étrangers à implanter d’autres usines d’aliments composés, afin d’élargir l’accès aux marchés et de hisser la compétitivité cambodgienne face aux géants régionaux comme la Thaïlande ou le Vietnam.

Dans un Cambodge en pleine mutation – avec une croissance agricole tirée par l’export et l’industrialisation rurale –, la trajectoire du groupe Mong Reththy pourrait bien redessiner les contours d’une économie des campagnes prospère et résiliente. Reste à voir si cette ambition « one for all » inspirera une vague d’émulation nationale, au-delà des critiques récurrentes sur les impacts environnementaux des monocultures palmistes.

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