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L'Invité du Mag & Topaz : Michel A. Pasche, financier, philanthrope et sportif

La soixantaine forcément sportive, le souriant et avenant Michel A. Pasche a fait carrière dans la finance au pays des Helvètes. Aujourd'hui en semi-retraite, Michel a décidé d'aider le tennis cambodgien à travers son association Tennis Cambodia for Kids - Switzerland.

Michel n'est pas un inconnu du Topaz puisque ce fut le premier restaurant où il se rendit pour dîner lors de son premier séjour il y a huit ans. Autour du délicieux « Business lunch » du restaurant Topaz, Michel raconte...

 

Entretien

 

Michel A. Pasche en quelques mots

Je me nomme Michel A. Pasche, j’ai 63 ans. Je suis tombé amoureux du Cambodge depuis 2016 et je m’y suis installé avec mon épouse en 2021. j’étais donc venu plusieurs fois auparavant et, de par mon passé de sportif et notamment de joueur de tennis, j’ai rencontré le secrétaire général de la Fédération Cambodgienne de Tennis et à travers nos échanges à propos des besoins du tennis dans le Royaume, je me suis intéressé un peu plus à ça et me suis demandé comment pouvoir aider non seulement la Fédération mais surtout les joueurs.

Nous avons alors créé une association de droit suisse pour aider les enfants du pays à jouer au tennis. Au départ, nous avons commencé à récolter des fonds et du matériel puis nous sommes venus plusieurs fois faire le tour des écoles de tennis, d’abord à Kep où nous nous sommes finalement établis en villégiature.

Ensuite, nous avons visité les plus grandes écoles de tennis notamment à Siem Reap où il y avait à l’époque entre 7 et 8000 enfants qui pratiquaient le tennis. Et aussi Battambang, qui devient le centre montant du tennis.

« Nous avons effectué beaucoup de visites, notamment là où se pratique le tennis handicap et cela nous a beaucoup touchés. Nous avons pu grâce à certains dons amener des chaises de tennis pour les enfants. Nous étions un petit peu déçus de l’état des chaises, mais ils ont été fantastiques. Ils les ont réparées et se sont vraiment éclatés avec ces chaises-là. »

Là-bas, une grande partie du tennis de Battambang est tenu par des orphelinats catholiques espagnols qui aident les enfants en fait à progresser là-dessus. Donc voilà, bon an, mal an, nous avons continué à aider et à transmettre depuis la Suisse jusqu’au moment où le Covid a quasiment tout interrompu. Donc nous nous sommes consacrés plutôt à subvenir aux besoins des enfants avec de la nourriture.

Puis, dans certains cas, notamment dans des petites écoles de tennis comme à Kep, nous avions des bénévoles pour leur donner des cours d’anglais. Il s’agissait de résidents en fait, des Américains ou des Australiens qui ont accepté d’aider bénévolement les enfants.

Après le Covid, que décidez-vous ?

Après le Covid qui a malheureusement duré assez longtemps, nous avons décidé avec mon épouse de nous installer au Cambodge. Nous avons convenu d’y passer à peu près huit mois par an pour faire un suivi et orienter certains des projets aujourd’hui essentiellement orientés vers le tennis.

Quelle est l’ambition de votre association ?

Je dirais que l’ambition est double. D’abord, il s’agit d’offrir aux enfants un avenir, que ce soit à travers le tennis ou les métiers adjacents par des formations, notamment en partenariat avec les projets de la fédération qui aimerait pouvoir organiser des tournois au Cambodge, car nous disposons d’un stade flambant neuf qui, même s’il est un petit peu éloigné, pourrait permettre d’organiser des événements tennistiques majeurs.

Donc on a toujours besoin de juges de ligne, de ramasseurs de balle, mais aussi de gens qui savent corder, entretenir les filets, recycler le matériel, etc.

Après un an d’activité, quel bilan pourriez-vous tirer, quels seraient les motifs de satisfaction et éventuellement les déceptions ?

Alors, les gros motifs de satisfaction, c’est d’avoir pu relancer les écoles de tennis et de sélectionner une bande de gamins que nous voudrions pousser un petit peu plus loin. Nous avons des projets avec deux, trois, quatre enfants qui ont vraiment les qualités pour devenir de très bons joueurs.

« L’idéal, c’est de les amener à pouvoir voyager pour se confronter à la concurrence, parce que la grande problématique ici du tennis au Cambodge, c’est que ce sont toujours les mêmes qui jouent les uns contre les autres. »

Donc, il y a un moment où malheureusement ça stagne, il faut pouvoir offrir une chance à ces enfants. Notre association met très fort l’accent sur le tennis, mais aussi sur l’éducation. Nous souhaitons que ce soient des enfants qui aillent à l’école, qui apprennent quelque chose, et notamment l’anglais, qui est primordial. Nous voulons bien évidemment pouvoir leur donner la chance de se confronter à d’autres joueurs, de pouvoir progresser, et qui sait, d’intégrer l’équipe nationale et de jouer la Coupe Davis. Une épreuve où le Cambodge a des hauts et des bas et dont l’équipe a besoin de se stabiliser.

Les motifs de déception, c’est que le tennis reste très confidentiel. Quand nous organisons des compétitions, le nombre de spectateurs reste vraiment très limité. En général, les parents des joueurs de tennis ne s’intéressent pas vraiment à ce que font leurs enfants. Et ça, c’est une déception. Ils ne comprennent pas vraiment pourquoi leur enfant joue au tennis. Il y a parfois des jeunes en qui nous croyons et qui « disparaissent de la photo ».

Comment pourrait-on améliorer ça ?

Je pense qu’il faudrait structurer un petit peu mieux les écoles de tennis, j’ambitionne de créer une structure proche du sport-études. Je pense aussi qu’un court de tennis basique pourrait être installé dans les grandes écoles. Il existe pas mal d’institutions qui le font dans le cadre de leur programme scolaire que ce soit pour orphelins ou pour les enfants défavorisés. Donc voilà, je pense que le potentiel est là, mais le tennis n’est pas un sport prioritaire, il n’y a pas un terrain de tennis dans toutes les campagnes comme il existe des terrains de volley-ball ou de football.

Effectivement, le tennis est un sport un peu plus cher, c’est aussi notre rôle de trouver et d’amener du matériel et de dénicher des financements.

Il y a-t-il un projet particulier dont vous souhaitez parler ?

Nous avons deux projets. Il y a le jeune joueur cambodgien Ratanak qui, à notre avis, a tout le potentiel pour devenir un excellent joueur et devenir probablement dans 5 à 6 ans le numéro 1 du Cambodge. Nous espérons pouvoir l’envoyer dans une académie à l’étranger pendant quelques mois pour qu’il puisse vraiment « se forger ».

Comment pouvez-vous l’aider ?

Nous pouvons l’aider à travers nos contacts, puisque nous avons la chance de pouvoir côtoyer pas mal d’anciens joueurs de tennis qui sont des supports de notre association, et puis bien évidemment financièrement parce que ce gamin vient d’une famille pauvre et défavorisée.

Le deuxième projet concerne une jeune Cambodgienne de Battambang, qui a maintenant 13 ans et qui avait été plus ou moins prise en charge par le Real Madrid avant le Covid parce qu’elle avait des talents de footballeuse. Manifestement, et j’en ai été témoin, elle arrive encore à jongler. Pour moi qui suis un ancien footeux, elle est assez impressionnante. Elle a un talent, avec tout ce qui est une balle, un véritable talent qui ne demande qu’à s’exprimer aujourd’hui dans son nouveau sport, le tennis.

Nous soutenons aussi le projet de tennis Cambodia consistant à bâtir une équipe féminine. Rappelons que les médailles obtenues aux SEA Games venaient aussi des joueuses. Nous avons eu la chance d’avoir l’année dernière celle qui fut la première Cambodgienne à obtenir des points ATP, Andrea Ka, qui a remporté une médaille avec sa coéquipière, Chinda. Je pense que ce sont des filles qui ont un rôle d’exemple pour les jeunes Cambodgiennes et nous aimerions nous inscrire dans cette lignée-là pour leur donner une chance.

 
 

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