Jeunes leaders et influencers : Kann Vicheika, journaliste et formatrice en éducation aux médias

En partenariat avec Konrad-Adenauer-Stiftung Cambodia, Cambodge Mag vous propose une série de portraits intitulée « Jeunes leaders et influencers », qui donne la parole à différents jeunes Cambodgiens ambitieux, fiers de leurs pays et prometteurs.

Kann Vicheika, journaliste et formatrice
Kann Vicheika, journaliste et formatrice. Photographie fournie

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis la plus jeune d’une famille de huit enfants. Mon père est retraité et ma mère est femme au foyer. Je suis titulaire d’une licence en droit et je travaille comme journaliste depuis plus de six ans. Je suis vice-présidente du conseil d’administration de la Cambodian JournalistsAlliance (CamboJA). Je suis aussi formatrice en éducation aux médias dans le cadre de Media 101, organisé par le Cambodian Center for Independent Media (CCIM) et la DW Academie. Je suis aussi formatrice en journalisme pour le projet DanChurchAid, en collaboration avec le Club des journalistes étrangers au Cambodge et le CCIM.

Et je suis également membre de Politikoffee, un groupe de jeunes volontaires cambodgiens qui organise des discussions hebdomadaires sur la politique et la société. Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir fourni aux gens, en particulier aux jeunes, des informations exactes et une pensée raisonnée, et d’avoir formé des journalistes professionnels.

Le leadership personnel est la première étape d’une prise de décision réussie.

Au début de votre carrière, quels ont été vos principaux défis ?

Au début de ma carrière, les membres de ma famille ne me soutenaient pas parce que le métier de journaliste était risqué, et certains pensaient que cette profession avait peu de valeur et ne procurait pas un revenu suffisant.

Au fil des années, quelles leçons précieuses avez-vous tirées de votre expérience de journaliste ?

Au fil des années, travailler directement avec les gens de la communauté, en particulier avec les jeunes, m’a fait comprendre que les jeunes Cambodgiens ont besoin d’être motivés pour démarrer leur carrière dans la société et que le travail en équipe pour résoudre les problèmes est crucial si l’on veut réussir.

Quelles sont vos valeurs fondamentales et comment vous assurez-vous que votre équipe est en phase avec vos valeurs ?

« Être une femme et suivre son cœur, faire le bien autour de soi et donner moins d’importance à l’argent »

Quels sont les comportements ou les traits de caractère qui, selon vous, ont un impact négatif sur le leadership ?

Lorsque le leader dicte la prise de décision sans se soucier des membres de l’équipe, c’est le type de leadership le plus fragile, et il est voué à l’échec.

Quelles sont vos stratégies pour inspirer/motiver les autres à devenir des leaders et des influenceurs à succès comme vous ?

Adhérer à la vérité et adopter une attitude tournée vers l’avenir, sans aucune hésitation ni recul face aux défis, et motiver les membres de l’équipe sont les choses les plus importantes auxquelles je crois et que je fais régulièrement.

Quels sont les plus grands risques que vous avez pris dans votre carrière et quels ont été les conséquences ?

Chaque fois que je rapporte des nouvelles sensibles, je prends des risques et je fais face à diverses formes de violence. J’ai fréquemment été harcelée et insultée.

Avant, pendant et après avoir rencontré ces problèmes, je deviens toujours plus vigilante et je prends soin de vérifier méticuleusement les sources de chaque reportage. Lorsque je me rends dans différentes régions pour obtenir des informations et rencontrer des gens, je suis toujours prête à faire face aux problèmes qui peuvent survenir. Et je me dis toujours que mon travail est important ; je ne peux pas me décourager ou abandonner face au harcèlement. J’évite toujours ce désagrément en l’ignorant et en continuant à travailler dur.

Qu’est-ce qui rend la culture cambodgienne unique et comment pensez-vous que le leadership des jeunes cambodgiens peut s’épanouir ?

Le Cambodge est un pays en développement et a traversé des décennies de guerres civiles qui ont entraîné la perte de ressources, en particulier de ressources humaines, qui sont les plus vitales pour le développement.

Aujourd’hui, certains vieux politiciens semblent éprouver des difficultés à se serrer la main pour trouver un terrain d’entente. La culture de leadership des anciens dirigeants devrait favoriser davantage la prise de décision par les jeunes.

Ces derniers ont de nouvelles idées, de la créativité, de l’apprentissage et des expériences de vie différentes. Si les jeunes deviennent des dirigeants, ils auront certainement de nouvelles idées pour un développement sain et un esprit de coopération accru afin de trouver des solutions pour le pays.

Quels conseils donneriez-vous à la jeune génération de Cambodgiens ?

Choisir une spécialité et faire le travail que l’on aime, c’est du leadership de soi, le point de départ du leadership. Le leadership de soi est le premier pas vers une prise de décision réussie.

Avec Konrad-Adenauer-Stiftung Cambodia : https://www.kas.de/en/web/kambodscha

Remerciements à Long Chanbormey, Chargée de Programme et Dr Daniel Schmuecking, Directeur pays de Konrad-Adenauer-Stiftung Cambodia.

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