Inde : Auroville: une ville utopique… et bien réelle

Une ville indienne, fondée il y a longtemps par une Française, est régie aujourd’hui par ses propres lois. Il y règnent le calme et la bienveillance. Auroville, ou “la ville de l’Aurore” est une communauté située dans le sud de l’Inde et qui a été fondée en 1968 par une Française Mirra Alfassa, connue sous le nom de La Mère. La ville, internationale et placée sous l’égide de l’Unesco, se trouve à une dizaine de kilomètres au nord de Pondichéry dans l’Etat du Tamil Nadu. Selon ses fondateurs, il s’agit en fait d’une expérience visant à établir une communauté de personnes vivant au-delà de toute politique et de toutes croyances.


​”Il doit exister sur Terre un endroit inaliénable, un endroit qui n’appartiendrait à aucune nation, un lieu où tous les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde en obéissant à une seule autorité, celle de la vérité suprême”, disait La Mère. L’histoire d’Auroville ressemble plutôt à un conte à la Indiana Jones ou à une légende orientale qu’à la réalité. Et néanmoins, la ville de l’Aurore existe vraiment. En 1968, jour de l’inauguration de la ville, un garçon et une fille représentant chacun des 124 pays du monde ont versé une poignée de terre de leur sol natal dans une urne en forme de lotus. L’urne, visible aujourd’hui dans l’amphithéâtre de la cité, est désormais un symbole de fraternité universelle.



Le point central et l’âme d’Auroville est le Matimandir, “la Maison de la Mère”, une gigantesque salle de médiation aux murs de marbre blanc abritant ce qu’on dit être le plus gros globe de cristal du monde. Eclairé par d’aveuglants rayons de soleil, le Matrimandir symbolise l’idéal d’un nouvel humanisme mystique et universel, qui entend servir de modèle aux futures générations. Un modèle écologique mais aussi humain, “un pont entre le passé et l’avenir” comme il est écrit dans la charte constitutive de la communauté. Initialement aménagée pour accueillir jusqu’à 50.000 habitants, la ville n’en compte aujourd’hui que 2.000. La plupart d’entre eux viennent d’Inde, mais il y a aussi beaucoup de Français (leur communauté constitue 25% de la population locale), des Allemands, des Israélites, des Américains, des Russes ainsi que des représentants d’autres pays. Ils habitent tous dans des villages répartis en spirale autour du Matrimandir. Chaque résident de la ville a son occupation. La ville aspire à subvenir à ses besoins elle-même: on y trouve des champs, des usines, des cantines qui fonctionnent à l’énergie solaires et toutes sortes d’institutions sociales.



Toutes les décisions importantes de la ville sont prises par des groupes de recherche et approuvées par vote général. Il n’y a ni maire, ni aucun autre organe administratif. Dans la charte de la cité, l’éducation, la santé, la culture et le sport sont gratuits. S’ils n’ont pas de revenus, les résidents touchent une allocation de 5.000 roupies par mois. Presque tout le monde peut devenir résident de la ville de l’Aurore. Pour ce faire, il faut un visa indien ainsi que l’argent nécessaire pour vivre au moins un an sans être rémunéré pour son travail, mais l’essentiel est de faire ses preuves pendant un an. Au bout de cette période, les habitants de la ville peuvent soit approuver la candidature de leur nouveau compatriote, soit la décliner. De plus, il faut se rappeler que si vous planifiez de déménager à Auroville, vous devrez vous acheter un habitat vous-même, et celui-ci ne sera votre propriété que le temps de votre séjour dans la ville.





Dans la ville de l’Aurore, il n’y a d’autres voitures que des taxis qui amènent des arrivants du “monde extérieur”. Comme la surface de la ville n’est pas grande, nombreux sont ceux qui se déplacent à mobylette. La vie dans la ville est assez intéressante, bien que loin d’être facile. Les Aurovilliens sont livrés à eux-mêmes mais aussi à leurs peurs et complexes. De nombreux couples venus ici se séparent quelque temps après leur arrivée.

Avec l’aimable autorisation de Sputnik

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