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Histoire & Cinéma : « La cinématographie de mon père » par Norodom Sihamoni

Dans ce chapitre extrait de l'ouvrage « La cinématographie de mon père », le Prince Sihamoni évoquait à l’époque les acteurs et actrices qui ont donné vie aux réalisations cinématographiques du Roi Père.

Après avoir analysé la filmographie du roi Sihanouk et évoqué les équipes techniques qui ont travaillé avec son père, le prince Norodom Sihamoni, qui dirigeait alors la Khemarak Film Production Company en exil, consacrait un chapitre animé aux actrices et acteurs qui ont joué dans le film de fiction de Sihanouk.

Amateurs illustres

Acteurs chevronnés ou parfaits amateurs : le subtil équilibre des films de fiction du Roi Père

« Pour son premier film de fiction en 35 mm couleur, APSARA, mon père fit preuve d’audace en faisant appel, pour être des interprètes principaux… et secondaires de son œuvre, à une écrasante majorité de purs amateurs. C'êtait une gageure... qui n’excluait toutefois pas une bonne dose de prudence puisque les deux principaux rôles féminins furent respectivement confiés à ma sœur aînée, la déjà célèbre prima ballerina du Ballet Royal Khmer, la Princesse Buppha Devi - une artiste née qui, certes n’avait jamais fait de cinéma, mais s’était déjà donnée le surnom d' » Elizabeth Taylor khmère » - et à la fameuse star du cinéma cambodgien, Madame Saksy Sbong, surnommé, à juste titre, « Sexy-Sbong » ! Quant aux deux « premiers » rôles secondaires du film. Ils furent ·interprétés par les deux plus populaires et talentueux acteurs comiques de notre Cinéma national : Suy et Mandoline. »

« Pour interpréter les rôles les moins difficiles du film La forêt enchantée, son second long métrage de fiction, mon père fit appel à d’autres acteurs, mais jouant chacun - pour utiliser une expression du regretté Jean Barré -, « sur scène le rôle qu’il joue dans la vie ». Par exemple le Gouverneur de Kampot dans le film était M. Tim Dong, maire de Kep et de Bokor dans la vie ; le ministre MAU dans le filin était M. Tek Péng, un haut fonctionnaire de l’administration du Royaume dans la vie. L’homme amoureux de la Princesse de la Forêt Enchantée (rôle tenu par ma sœur Buppha Dévi) n’était autre que son mari d’alors, Bruno Forsinetti. Le rôle du « Roi de la Forêt » était interprété par l’ex- Roi du Cambodge, Norodom Sihanouk. Et la douce Éliane, dont le Roi de la Forêt enchantée tomba amoureux était mon adorable maman elle-même, Sa Majesté la reine mère Monineath ! ». Véritable amateur, le lieutenant-général Nhiek Thioulon, qui dans la vie réelle a créé la station balnéaire sur les collines de Kirirom, « Thioulong City », un repaire de la haute société de Phnom Penh dans les années 1960 où de nombreuses scènes du film de fiction La joie de vivre ont été tournées. est a la scène le général Rithi, amoureux courtois et déçu ».

Le roi-cinéaste vu par ses actrices et acteurs

Mme Dy Saveth (Prix de la meilleure actrice au Festival national du film khmer en 1969) : « Lorsque j'ai appris que Monseigneur avait bien voulu me donner un grand rôle auprès de la princesse Monique, je me suis dit : Ma petite, c'est une chance exceptionnelle pour toi, peut-être le couronnement de ton métier d 'actrice. Tu dois te montrer à la hauteur et donner le meilleur de ton talent pour répondre à l'attente de Monseigneur (...) Au cours du tournage, je me suis rendu compte d'un climat très différent de celui qui règne habituellement sur un plateau privé. Monseigneur et la princesse Monique sont vraiment des artistes-nés et ont la passion du cinéma ».

SAR le Prince Norodom Sihamoni remettant un prix du Festival du film khmer à l'actrice Dy Saveth (Kambuja-Cinema, 1969 - collection Amazing Cambodia)
SAR le Prince Norodom Sihamoni remettant un prix du Festival du film khmer à l'actrice Dy Saveth (Kambuja-Cinema, 1969 - collection Amazing Cambodia)

Mlle Som Van Soudany (Prix spécial pour ses nombreuses interprétations émouvantes au Festival national du film khmer 1969) - Extraits d’un article de M. Jean-Pierre Challard dans KAMBUJA - Cinéma, 1969 : « Samdech Norodom Sihanouk, en tant que metteur en scène, n’a pas manqué d’encourager ce talent et a daigné appeler Som Van Soudany pour incarner une douce jeune femme dans Phèdre Khémara, un film en cours de montage. Elle garde de ce tournage une grande reconnaissance et admiration pour Samdech. Mais cette ascension vers la gloire n’a pas métamorphosé notre douce actrice aux yeux de biche ».

M. Kong Sam Oeurn (Prix Rudolf Valentino avec la mention “attribué à la vedette la plus aimé du public féminin” ) : « Pour un acteur khmer, tourner sous la haute direction de Samdech Chef de l’État est une consécration indéniable. Pour ma part, j’ai joué dans quatre films de Samdech ».

M. Chea Youthan (Prix d’interprétation masculine pour son rôle dans Le chant du cerf-volant au festival national du Film khmer 1969) - extraits de Kambuja-Cinéma 1969) : « Lorsqu’il donne des détails sur ce tournage hors des sentiers battus (de Phedre-Khémara), Chea Youthan aime à insister sur la gentillesse de Samdech Chef de l’État qui rompt aussitôt la glace avec tout le monde et s’occupe très personnellement des acteurs. Ceux-ci sont pourvus en sandwiches, gâteaux et boissons à satiété ».

Continuité

« Dans ses plus récents films, tournés en la R.P.O. de Corée, mon père n’a pas oublié ses grandes interprètes du passé — celles ayant pu s’échapper de l’enfer de M. Pol Pot : Mme Dy Saveth et Mme Saksy Sbong ont joué chacune un rôle important dans La Comtesse de Nokorom. Et dans chacun de ses films réalisés en Corée, avec le concours de stars coréennes, il tient toujours à inviter à Pyongyang des Cambodgiens et Cambodgiennes (de France, de Belgique, d’Allemagne, de Thaïlande et même de la zone libérée de notre bien-aimé Kampuchea) pour jouer des rôles, importants ou épisodiques. M. Som Sophon, qui avait figuré dans Ombre sur Angkor et Rose de Bokor, a rejoué, en Corée, dans Je ne te reverrai plus, ô mon bien-aimé Kampuchea et interprétera un rôle important (il sera ‘mon beau-père’ !) dans Mon village au coucher du soleil. Ce film, à thème patriotique bien entendu, sera tourné en 1992 ».

 

À Propos de l'auteur, Norodom Sihamoni

SM le Roi Norodom Sihamoni នរោត្តម សីហមុនី (né le 14 mai 1953, Palais Khemarak, Phnom Penh, Cambodge) est devenu Roi du Cambodge le 14 octobre 2004, une semaine après l’abdication de son père, Norodom Sihanouk.

Fils aîné de Norodom Sihanouk et de Norodom Monineath (son prénom “Sihamoni” est composé de deux morphèmes issus des prénoms de ses parents “Sihanouk” et “Monineath”), il était ambassadeur du Cambodge auprès de l’UNESCO avant d’être choisi par le Conseil du Trône composé de neuf membres pour devenir le prochain roi. Éduqué en Tchécoslovaquie, ambassadeur culturel en Europe et professeur de danse classique, il a joué dans plusieurs films de son père pendant sa jeunesse.

Après avoir travaillé comme secrétaire de son père pendant l’exil de la famille royale cambodgienne à Pékin de 1979 à 1981, S.A.R. le Prince Sihamoni s’est installé en France pendant près de deux décennies pour enseigner le ballet en tant que professeur de danse classique et de pédagogie artistique dans différents conservatoires, notamment le Conservatoire Marius Petipa, le Conservatoire Gabriel Faure et le Conservatoire W. A. Mozart. Il y a également été plus tard président de l’Association de danse khmère. Il y a également créé le Ballet Deva, une troupe de danse originale, et dirigé la Royal Khmer Cinematic Corporation.

Ardent défenseur du patrimoine culturel et artistique du royaume, le roi Sihamoni est également loué pour ses activités philanthropiques, contribuant financièrement à l’hôpital pour enfants Kantha Bopha, à l’aide aux communautés touchées par les inondations, et autorisant des subventions royales pour les infrastructures, les écoles, les orphelinats, les communautés en difficulté, les institutions religieuses, les organisations de santé mentale, le déminage, entre autres. Sa philanthropie s’étend également au contexte international, comme par exemple, après l’ouragan Katrina, le Roi a fait un don personnel de bonne volonté aux victimes de l’ouragan.

Dans le contexte de la pandémie mondiale de COVID-19, le roi Sihamoni, aux côtés de la reine mère Norodom Monineath, a fait don de plus d’un million de dollars au gouvernement royal du Cambodge pour faire face à la situation dans le pays, inspirant une vaste campagne publique dans l’ensemble du Royaume.

Avec l'aimable autorisation de Angkor Database

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