Gastronomie & Parcours : Khantei SOK et la ferme ambition de réussir

Pour la Cambodgienne au sourire définitivement khmer, le secteur de la restauration est un domaine au sein duquel elle évolue depuis ses années d’étudiante.

Khantei SOK

Volontaire et déterminée, la jeune et jolie femme âgée de trente ans a su rapidement s’adapter à une situation familiale qui n’a pas toujours été facile alors que ses parents ont divorcé lorsqu’elle avait à peine trois ans. La famille compte également deux frères et une petite sœur. Si elle occupe aujourd’hui un poste à (forte) responsabilité, c’est parce qu’elle n’a jamais failli à son objectif premier : réussir sa vie professionnelle.

Elle explique :

« Lorsque j’étais plus jeune et que j’étudiais, je n’avais pas vraiment de désir particulier pour mon avenir, je savais seulement qu’il fallait que je travaille sérieusement, que j’apprenne l’anglais pour ensuite m’en sortir »

Scolarité et formation

Khantei fera ses débuts à l’école de Boeug Trabbek, un quartier de sa ville natale Phnom Penh. Elle vit alors avec sa mère et la situation de la famille l’amène à intégrer plus tard l’ONG « Pour Un Sourire d’Enfant ». Sa maman n’est pas loin, elle vend des boissons devant les locaux de l’établissement.

« J’ai étudié chez PSE jusqu’en 2004, j’ai achevé mon cursus hôtellerie et restauration là-bas en 2011 »

Ensuite, alors que ses résultats se révèlent brillants, on lui propose d’intégrer l’équipe de formateurs de l’ONG au sein du restaurant d’application. Elle enseignera donc les bases et techniques de la restauration pendant presque cinq ans. À l’époque, il existait deux restaurants d’application, l’un au centre et l’autre, le Lotus blanc, en ville à Boeung Keng Kang, mais ce dernier fermera en raison d’un loyer trop important.

Volontaire et déterminée

En 2016, Khantei aura la chance de bénéficier d’un voyage de formation à Toulouse en France. « J’ai réellement adoré cette expérience. J’ai appris quelques notions de français, peut-être pas suffisamment pour soutenir une conversation, mais assez pour comprendre et répondre aux clients francophones pendant mon travail », dit-elle.

Débuts professionnels

Après PSE, la jeune femme souhaite intégrer un grand groupe de restauration. Son choix se porte alors sur l'un des restaurants gastronomiques de Thalias.

« Je connaissais le restaurant Topaz, et je désirais y travailler. Alain Darc était conseiller technique chez PSE et il m’a donné l’opportunité d’intégrer l’équipe. C’était en 2017 »

« Mon premier travail fut la gestion et la responsabilité du restaurant de Khéma La Poste. Bien entendu, j’ai dû suivre une formation au Topaz et chez Khéma Pasteur au préalable ». Et les efforts et le sérieux de Khantei vont s’avérer fructueux. « Aujourd’hui, je suis directrice générale de Khéma La Poste et je travaille en direct avec Lina Hak, notre directrice des opérations pour l’enseigne », confie-t-elle, tout sourire.

Préparation de salle

Responsabilités

Une telle responsabilité n’est pas toujours facile. La Cambodgienne a conscience des contraintes liées à la restauration, mais souligne qu’elle a aussi appris les bons côtés de ce type d’activité :

« J’aime mon travail, car j’aime tout simplement ce secteur d’activités. J’adore le contact avec les gens, j’aime la gastronomie, je suis assez fan de la cuisine et des vins français à titre personnel »

« Mon plat français préféré serait probablement le coq au vin. J’aime également beaucoup la charcuterie, au début, ce n’était pas spontané, j’ai dû apprendre à déguster cette nourriture très européenne », ajoute-t-elle.

Quant aux contraintes, elle les prend avec le sourire, consciente qu’elle exerce un métier où il faut savoir s’adapter à la clientèle et à la fréquentation de l’établissement.

« J’ai des horaires qui doivent s’ajuster sur l’activité du restaurant. Nous accueillons de nombreux clients surtout le weekend et je dois être disponible ».

Le matin, elle assiste son équipe pour veiller à ce que tout se passe bien pour le petit-déjeuner, idem ensuite pour le déjeuner et le dîner. Elle anime une réunion quotidienne pour discuter des opérations de la veille, examiner ce qui a bien marché et ce qui peut être amélioré. Au total, 48 employés travaillent pour cet établissement. Se trouve-t-elle un peu jeune pour diriger une équipe qui compte des employés de longue date ou des gens plus âgés ? Pas vraiment, déclare-t-elle avec le sourire :

« C’est vrai que je suis jeune pour diriger une grosse équipe, mais il y a un très bon esprit entre nous et cela se passe plutôt bien »

Enfin, quand on la questionne sur ces projets d’avenir, Khantei répond sans ambiguïté qu’elle souhaite poursuivre sa carrière avec le groupe Thalias, une entreprise qui ne cesse de se développer et pour laquelle elle se dit fière de travailler.

Visite dans les cuisines

Situation actuelle

Avec le Covid-19, il y a eu une chute brutale de l'activité des restaurants et Khéma n’a pas échappé à la tendance. Kanthei explique :

« Au début nous avons observé une grosse baisse de fréquentation liée à la peur du virus. Puis, nous avons mis en place les mesures de sécurité que chacun connait à présent : prises de température à l’entrée, désinfection des mains, espacement des tables. »

Précautions à l’entrée

Et ces précautions s’appliquent tant pour les clients que pour les employés du restaurant et les livreurs. Au milieu du mois de mai 2020, les clients ont commencé à revenir. Même si la fréquentation n’a pas atteint le niveau des beaux jours, le restaurant a retrouvé une activité tout-à-fait régulière. « Nous avons des produits d’appel comme le free flow à 14 $ qui fonctionnent très bien, nous communiquons beaucoup sur nos promotions et cela incite aussi les habitués à revenir », indique Khantei qui ne manque pas non plus de souligner que les viennoiseries et le pain de Khéma ont la réputation d’être les meilleurs de la capitale.

Fan de Sisamouth

En dehors

En dehors de son travail, Khantei dit passer du temps avec sa maman chez qui elle vit toujours et rend aussi régulièrement visité à son père qui habite la province. Côté loisirs, elle avoue avoir un faible pour la musique de Sinn Sisamouth, le crooner cambodgien des années 60 et 70 et aimer regarder des comédies locales. Les voyages ? Elle a eu la chance de se rendre en Malaisie, à Singapour, en Thaïlande, au Vietnam, mais essentiellement pour des déplacements professionnels. « J’adore voyager, j’ai eu la possibilité de visiter Paris et j’ai trouvé la ville merveilleuse. Par contre, je ne me vois pas vivre ailleurs que dans mon pays natal », conclut la jeune Cambodgienne.

Texte et photographies par Christophe Gargiulo

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