Environnement : Fin de l’aide américaine pour la protection du sanctuaire de Prey Lang

Dans un long communiqué, la mission diplomatique américaine exprime ses inquiétudes quant à la préservation du sanctuaire de la faune de Prey Lang et annonce réorienter son aide vers la société civile et le secteur privé.

sanctuaire de Prey Lang
Sanctuaire de Prey Lang. Photographie USAID

L’essentiel de la déclaration américaine

Les peuples américain et cambodgien partagent la même volonté de protéger les précieuses ressources naturelles de la Terre afin de parvenir à un développement durable, d’inverser les tendances conduisant au changement climatique et de préserver la faune et la biodiversité pour les générations futures. Les États-Unis ont investi plus de 100 millions de dollars dans des programmes qui combattent ces problèmes au Cambodge par le biais de l’Agence américaine pour le développement international (USAID).

Bien que le Cambodge ait fait des progrès notables en matière de protection de l’environnement, les États-Unis ont exprimé à plusieurs reprises leurs préoccupations quant à la persistance de taux de déforestation élevés dans les zones protégées, en particulier dans le sanctuaire de la faune de Prey Lang, où l’USAID a investi des ressources importantes. 

« Nous avons demandé une coopération accrue entre le gouvernement cambodgien, les communautés locales et la société civile afin de trouver des solutions pour protéger Prey Lang et le patrimoine naturel du Royaume, dans l’intérêt de tous les Cambodgiens et du monde entier. »

Malheureusement, la situation ne cesse de se dégrader.  Depuis 2016, malgré le soutien de l’USAID à l’augmentation des patrouilles de rangers, à la formation des forces de l’ordre et au développement d’un système national de gestion des aires protégées, le sanctuaire de faune de Prey Lang a perdu environ 38 000 hectares de forêt, soit près de 9 % de sa couverture forestière.  L’exploitation forestière illégale bien établie se poursuit à l’intérieur et autour du sanctuaire de Prey Lang, et les autorités cambodgiennes n’ont pas suffisamment poursuivi les auteurs de crimes contre la faune sauvage ni mis un terme à ces activités illicites.  En outre, le gouvernement continue de cibler et de contraindre au silence les communautés locales et leurs partenaires de la société civile, qui s’inquiètent à juste titre de la perte de leurs ressources naturelles.

En raison de ces préoccupations non résolues, les États-Unis mettent fin à l’assistance aux entités gouvernementales dans le cadre du projet Greening Prey Lang de l’USAID. 

« Cette aide américaine sera plutôt réorientée pour soutenir la société civile, le secteur privé et les efforts locaux visant à améliorer les moyens de subsistance et à développer une agriculture sensible au climat. »

Les États-Unis continueront d’engager le gouvernement cambodgien sur le changement climatique et les questions environnementales d’intérêt mutuel et mondial, notamment par le biais du partenariat Mékong–États-Unis.

Alors que nous célébrons la Journée mondiale de l’environnement ce mois-ci, il nous est rappelé qu’une gestion efficace de l’environnement exige une gouvernance transparente et responsable.  Les États-Unis affirment les rôles indispensables que jouent la liberté d’expression, la protestation pacifique et la responsabilité du gouvernement envers les citoyens dans le maintien de pratiques démocratiques solides dans tous les secteurs du développement, y compris la protection des précieuses ressources naturelles du Royaume.

Prémices

Les autorités cambodgiennes avaient interdit au groupe de patrouille du réseau communautaire de Prey Lang d'entrer dans la forêt l'année dernière, affirmant qu'ils n'étaient pas enregistrés en vertu de la loi LANGO. Le groupe, tout en patrouillant dans la forêt, organisait également une cérémonie annuelle de bénédiction des arbres avec des groupes de la société civile et des militants écologistes. Cette cérémonie a été annulée l'année dernière.

L'annonce concernant la fin de l'aide au sanctuaire de Prey Lang intervient deux jours après que l'ambassadeur américain Patrick Murphy ait rencontré le ministre de l'Environnement S.E. Say Samal, durant laquelle le diplomate a discuté des préoccupations concernant la déforestation dans le sanctuaire de faune de Prey Lang.

Source : Mission américaine au Cambodge

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