Culture : Une jeune khmère krom s’engage à promouvoir la musique et les instruments traditionnels

Cette diplômée de l’Université royale prévoit de mettre en place des cours de musique une fois de retour dans sa région.

Photo ci-dessus : Suong Sreyroth a obtenu une licence en musique avec une spécialisation en takhe en 2021. Photo fournie.

En 2017, Suong Sreyroth a obtenu une bourse pour étudier les instruments traditionnels khmers à Phnom Penh.

Née dans la province de Trapeang (également connue sous le nom de Tra Vinh), dans le sud du Vietnam, la jeune femme est originaire de la région dite du Kampuchea Krom, qui a appartenu au Cambodge il y a plusieurs siècles et dont les résidents d’ascendance khmère sont souvent appelés Khmer Krom.

Comme elle le précise dans un entretien, c’est un moine bouddhiste qui l’a aidée à obtenir cette bourse. « Les moines du Kampuchea Krom ont guidé et encouragé des jeunes filles à jouer de la musique pinpeat (orchestre) », explique Sreyroth.

« Comme un moine a remarqué que j’aimais la musique classique khmère, il m’a demandé si je voulais étudier à Phnom Penh. J’ai répondu que oui, je le souhaitais »

« Il a alors contacté des proches au Cambodge afin d’obtenir une bourse pour que je puisse étudier », raconte-t-elle. Ainsi, Sreyroth, qui est la plus jeune des cinq frères et sœurs d’une famille d’agriculteurs, a commencé à étudier à l’Université royale des beaux-arts de Phnom Penh en 2017.

Suong Sreyroth a obtenu une licence en musique avec une spécialisation en takhe en 2021

Et en 2021, elle a obtenu un diplôme de licence en musique avec une spécialisation en takhe — un instrument traditionnel à cordes d’environ 1,3 mètre de long dont on joue en pinçant les cordes. Sreyroth a également étudié le pin, un instrument cambodgien semblable à une harpe.

Non seulement elle fait partie des rares étudiants du Kampuchea Krom à l’Université royale, mais elle est aussi l’une des rares femmes à étudier les instruments de musique. Comme le souligne Hang Rithyravuth, doyen associé de la faculté de musique, peu de femmes étudient les instruments de musique.

« Le nombre d’étudiantes est faible, en particulier dans les études de musique classique », dit-il.

« Cette année, au niveau de base, il y a deux étudiantes, dont l’une étudie le roneat et l’autre le khim (deux instruments à cordes joués avec des baguettes ou des maillets). Mais nous ne savons pas si elles achèveront leurs études »

« En termes de compétences techniques, les femmes ne sont pas aussi performantes que les hommes, mais elles sont plus agréables que ces derniers », indique-t-il, ajoutant que les étudiantes sont également bien plus patientes que les hommes lorsqu’elles étudient.

Sreyroth envisage de mettre en place des cours de musique dans sa communauté lorsqu’elle rentrera chez elle. Mais la situation actuelle de la pandémie la fait hésiter à entreprendre son voyage de retour. Et malheureusement, le moine qui l’avait aidée à obtenir une bourse d’études est décédé des suites du COVID-19.

Malgré tout, elle se dit déterminée à retourner au Kampuchea Krom et à offrir des cours aux enfants.

Sreyroth, qui a également étudié le pali à l’école de la pagode, encourage tous les jeunes, hommes et femmes, d’origine cambodgienne à ne pas renoncer à leurs rêves et à essayer de se doter de compétences pour contribuer au développement de leur communauté.

Elle suggère également que tous les jeunes tentent de préserver leur culture et leurs traditions cambodgiennes. « J’ai remarqué que la volonté d’apprendre la musique contemporaine est plus grande que pour la musique traditionnelle », affirme Sreyroth. « Par exemple, les orchestres Mahaori et Pinpeat ne sont pas très populaires ».

« Toutefois, nous devons travailler ensemble pour préserver et développer notre musique classique cambodgienne afin de ne pas perdre notre identité nationale », insiste-t-elle.

Po Sakun avec l’aimable autorisation de Cambodianess

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