Covid-19 : Programme d’assistance financière pour plus de 500 000 familles cambodgiennes

Un programme d’aide financière pour les ménages cambodgiens dans le besoin vise à soutenir 540 000 familles. Le gouvernement a annoncé la semaine dernière que 56 000 familles supplémentaires devraient bénéficier de cette aide.

Pauvreté

Les retombées économiques de la pandémie de COVID-19 poussent de nombreux Cambodgiens dans la pauvreté. Selon la Banque asiatique de Développement (BAD), on estime à 390 000 le nombre de Cambodgiens ayant perdu leur emploi cette année. L’impact de la crise est immédiat, car de nombreuses familles ne sont plus en mesure de subvenir à leurs besoins de base, tels que la nourriture, l’eau, les médicaments et l’accès aux soins et à l’éducation.

Yir Yean et sa famille attendent de s'inscrire au programme de transfert d'argent de la commune de Chhouk Ksach

Les enfants, en tant qu’un des groupes les plus vulnérables, souffrent le plus : non seulement leurs besoins immédiats ne sont pas satisfaits, mais le risque de négligence, de travail des enfants, de violence et d’abus est accru et pourrait provoquer un impact durable sur leurs vies.

Atténuer l'impact

Pour atténuer l’impact du COVID-19 sur les enfants des ménages pauvres, l’UNICEF travaille étroitement avec le gouvernement royal du Cambodge pour étendre son programme de protection sociale. Un nouveau programme d’assistance financière (ID Poor) pour les ménages en grande difficulté a été lancé en juin, l’objectif initial est de porter secours à 540 000 ménages vivant dans la pauvreté.

Yir Yean, 24 ans, mère de 24 ans du petit Rajit, 18 mois, est l’une des femmes que nous avons rencontrées dans la commune de Chhouk Ksach. Elle était là avec son mari qui avait voyagé depuis Sihanoukville, pour s’inscrire au programme ID Poor.

« Nous avons tout essayé pour éviter cette situation », explique Yean.

Avant la naissance du bébé, la famille a emprunté de l’argent pour envoyer le mari de Yean en Thaïlande où il travaillait comme ouvrier dans une usine de transformation alimentaire. Malheureusement, le salaire n’était pas suffisant pour subvenir aux besoins de toute la famille et un an plus tard, il est rentré chez lui. Aujourd’hui, le mari de Yean travaille comme ouvrier du bâtiment à Sihanoukville. En raison des restrictions de voyage COVID-19 et de la crise financière mondiale, la station balnéaire s’est vidée, laissant de nombreux ouvriers locaux en proie à de nombreuses difficultés pour survivre :

« Mon mari gagnait environ 100 à 200 dollars par mois, selon le travail », dit Yean. « Mais maintenant, il gagne moins d’argent à cause du coronavirus », ajoute-t-elle en serrant son bébé contre elle. Pour Yean et sa famille, la priorité absolue reste la nourriture :

« Tout l’argent que nous recevrons aujourd’hui sera consacré à la nourriture. Toute la famille a besoin de manger »

La famille pourra rapidement accéder à son argent dans un kiosque Wing situé à proximité.

Donneurs

Soutenu par l’UNICEF, l’Union européenne (UE), l’Agence suédoise de coopération au développement international (SIDA) et le Fonds de développement des Nations Unies, la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), Save the Children et d’autres partenaires, le « programme de transfert d’argent COVID-19 » est conçu pour répondre aux besoins des groupes de population les plus vulnérables, y compris les besoins des enfants de 0 à 5 ans, ceux des personnes handicapées, des personnes âgées et de celles vivant avec le sida.

Ay Sokhonn, 54 ans, montre sa carte de participation dans la commune de Pongror

Ay Sokhonn, 54 ans, originaire de la commune de Pongror dans le district de Chong Kal, vit avec sa nièce, Cvan Kunthea, et sa famille, dont deux enfants âgés de cinq et un ans. Sokhonn travaillait dans une rizière, mais elle a perdu la vue et se trouve sans emploi depuis 16 ans. « Pourtant, je veux être utile », dit Sokhonn,

« mais je suis aveugle. Quand les enfants étaient petits, je pouvais les porter, mais maintenant j’ai peur de tomber et de leur faire mal »

Le mari de Cvan est le seul à avoir un emploi dans cette famille de cinq personnes. « Son mari travaille dans la construction, mais seulement deux semaines par mois. Il gagne très peu », dit Sokhonn. Quand on lui demande à quoi elle va utiliser l’argent, elle répond sans hésitation : « pour la nourriture et les médicaments ».

Principal instrument national

Le programme de transfert d’argent pour les ménages pauvres et vulnérables touchés par le Covid-19 est le principal instrument national visant à fournir une assistance temporaire d’urgence à plus de 560 000 ménages identifiés comme pauvres (ID Poor 1 et ID Poor 2) par le biais de « l’ID national Poor program ». Il est mis en œuvre parallèlement au programme de transfert financier existant pour les femmes enceintes et les enfants pauvres (0-2 ans) et au programme de bourses pour les enfants des écoles primaires et secondaires. Le programme comprend la composante « On Demand ID Poor », qui permet aux personnes qui sont tombées dans la pauvreté, notamment à cause du COVID-19, de demander une évaluation de leur situation de détresse pour avoir accès à une aide financière.

Math Kanha, 32 ans, et ses deux enfants de la commune de Po dans la province de Preah Vihear

Math Kanha, 32 ans, mère de trois enfants dans la commune de Po de la province de Preah Vihear, attend nerveusement son tour. Elle n’a pas de carte d’identité et doit passer par un processus d’évaluation pour être éligible au programme. « Je suis inquiète pour le virus, mais je suis plus soucieuse de pouvoir nourrir ma famille et garder ma maison », dit Kanha. Il y a quelques années, la famille de Khana a emprunté de l’argent à un voisin pour construire une maison. Elle était toujours en mesure de payer à temps, mais lorsque la pandémie a frappé, son mari, un journalier, n’a pas trouvé suffisamment de travail. « Certains de ses employeurs sont partis sans même payer les salaires », ajoute Khana « mais nous avons grandement besoin d’argent ». Dès qu’elle a appris qu’elle pouvait bénéficier du programme « ID Poor on Demand », Kanha et sa fille Matra, 13 ans, ont couru s’inscrire.

Alors que Kahna remplit rapidement les formulaires, Matra s’assoit tranquillement à côté d’elle, aidant sa mère à lire les documents. « L’école me manque beaucoup », dit-elle,

« j’aime être avec mes amis, aller à l'école, apprendre les sciences et les mathématiques »

Malheureusement, Matra n’a pas été en mesure de suivre l’apprentissage en ligne, car sa famille n’a pas d’accès à Internet. Elle passe la plupart de son temps à la maison à aider sa mère. « C’est une excellente cuisinière », dit sa maman, « elle prépare un bœuf frit délicieux ». Matra est peut-être une excellente cuisinière, mais sa place n’est pas dans la cuisine. Après le lycée, elle souhaite se diriger directement vers l’Université de médecine. « C’est mon rêve, je veux devenir médecin », annonce Matra avec confiance.

Selon l’UNICEF, l’élargissement des programmes de protection sociale tels que le « programme de transfert monétaire Covid-19 » est essentiel pour répondre aux besoins financiers immédiats, renforcer la résilience et les moyens de subsistance de la famille et, surtout, jeter des bases pour que les enfants bons élèves et déterminés comme Matra réalisent leur potentiel et deviennent actifs dans le renforcement de la résilience de leurs communautés.

Le ministère du Plan a déclaré récemment que 56 000 familles pauvres supplémentaires devraient bénéficier de cette aide spéciale du gouvernement. Srey Da, porte-parole du ministère, a déclaré à la presse locale que la fourniture d’une aide en espèces aux familles pauvres et vulnérables pendant la crise du COVID-19, bénéficiera en fait à un total de 669 000 familles pauvres ou environ 2 609 000 personnes. Une augmentation de 56 000 familles pauvres ou approximativement 208 000 personnes :

« Le nombre de pauvres n’a pas diminué, car les familles de migrants sont rentrées chez elles et ont demandé des cartes de participation, et d’autres familles vulnérables se sont appauvries pendant la pandémie »

Le gouvernement a décidé de verser globalement 25 millions de dollars US par mois aux familles durement touchées par la pandémie. Le Premier ministre Hun Sen a déclaré que le programme s’arrêterait quand la situation du COVID-19 s’améliorait, ajoutant que le gouvernement avait budgétisé une enveloppe de 125 millions de dollars américains pour cette aide spéciale.

Avec l’aimable autorisation de l’UNICEF

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