Covid-19 : Appel du Cambodge contre les risques de transmission communautaire

À l’approche de la réouverture de plusieurs écoles et des vacances, Mme Or Vandine, porte-parole du ministère de la Santé, a réaffirmé la possibilité relativement élevée de transmission communautaire de la pandémie de COVID-19 au Cambodge.

Mme Or Vandine, porte-parole du ministère de la Santé. Photographie AKP
« Je voudrais dire que nous ne pouvons pas ignorer la possibilité de transmission communautaire du COVID-19 au Cambodge. Par conséquent, le ministère de la Santé exhorte les citoyens à se protéger en permanence ».

« Même si les 23 nouveaux cas de COVID-19 signalés aujourd’hui sont tous des infections venues de l’étranger, le chiffre est assez élevé, et nous ne savons pas ce qui va se passer ensuite », a ajouté la porte-parole. Mme Or Vandine a également appelé tous les touristes locaux à rester vigilants toujours en raison du nombre d’infections qu’elle qualifie d’élevé.

À propos de transmission communautaire

La transmission communautaire signifie qu’une maladie se propage sans que la source de son infection soit connue. Si une personne est diagnostiquée positive au COVID-19, son infection est soit liée à ses antécédents de voyage dans un pays où la maladie est répandue, soit suite à un contact avec une personne déjà infectée. Et, lorsque la source de transmission pour un grand nombre de personnes n’est pas traçable, on parle de transmission communautaire.

Jusqu’à présent, au Cambodge, tous les cas de Covid-19 ont été efficacement retracés, que le patient l’ait contracté localement, d’une personne infectée, ou se trouvant au contact d’un cas revenant de l’étranger. Toutefois, le Cambodge ne cache pas ses craintes de voir naître un foyer d’infection communautaire en raison de la difficulté à gérer ce type de crise sanitaire, en particulier dans les communautés démunies où la promiscuité et les problèmes d’hygiène pourraient favoriser le développement du virus.

Pour les scientifiques, le virus est encore trop récent pour pouvoir lui attribuer des comportements récurrents. Ainsi les facteurs qui semblent avoir prévalu à peu d’infections au Cambodge tels une distanciation sociale naturelle, le port du masque ancré dans les habitudes et la possibilité que le virus ne survive pas à la chaleur ont provoqué des résultats différents dans des parties du monde avec un climat et des comportements proches de ceux du Cambodge. Dans l’incertitude, si le royaume s’est félicité de son faible taux d’infection et de l’absence de décès, il n’a pas hésité à prendre des mesures de contrôles drastiques permettant de contrôler l’état de santé des visiteurs.

Intervention du Premier ministre

Le Premier ministre Hun Sen a personnellement lancé l’alerte pour exhorter à plusieurs reprises les gens, sur la nécessité d’une extrême vigilance et d’une auto-hygiène pour éviter la pandémie et rester en sécurité, appels qui ont été largement suivis en avril, mais qui semblent délaissés depuis la mi-avril alors que le taux d’infections restait minime.

Le Premier ministre Hun Sen. Photographie AKP

Selon le ministère, du 20 juin au 25 juillet 2020, 108 cas positifs ont été détectés parmi des passagers de Malaisie et d’Indonésie, conduisant à l’interdiction de vols en provenance deux pays à compter du 1er août 2020.

Réouverture des écoles

La semaine dernière, le gouvernement royal du Cambodge a déclaré avoir autorisé 20 écoles devant respecter des règles de sûreté de haut niveau à reprendre leurs activités au mois d’août 2020. L’annonce a été officialisée par In Virakcheat, secrétaire d’État au Conseil des ministres, dans une notification au ministre de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports, S.E. Hang Chuon Naron. Cette décision fait partie de la « phrase 1 » du projet proposé par le ministère de l’Éducation dans le but de rouvrir les établissements scolaires au Cambodge.

Southbridge International School Cambodia. Photographie fournie

Les noms des 20 écoles sélectionnées n’ont pas été divulgués. Selon le ministère, elles sont situées dans la capitale et dans les provinces de Siem Reap et Battambang. Toutefois, quelques-unes d’entre elles ont annoncé leur réouverture à Phnom Penh : « Southbridge International School Cambodia a reçu l’approbation verbale du ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports pour son campus aux étudiants. L’administration finalise les plans de réouverture pour intégrer les nouvelles exigences d’hygiène et les spécifications de distanciation sociale. Les détails de réouverture de l’école seront communiqués à la communauté scolaire sous peu. »

Le gouvernement royal a également autorisé les établissements d’enseignement et de formation techniques et professionnels (EFTP) à rouvrir des ateliers, des laboratoires et des centres d’évaluation des compétences et à organiser des examens de fin d’année en classe sous la supervision du ministère. Cependant, la réouverture des activités devra suivre les mesures de prévention guidées par le ministère de la Santé et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour empêcher une éventuelle propagation du COVID-19. Un communiqué précisait que le ministère mettrait en place une équipe technique pour surveiller et évaluer la conformité avec les mesures de prévention.

Nombre total et inquiétude dans le monde

Au 25 juillet 2020, le nombre total de cas confirmés de COVID-19 au Cambodge est passé à 225, dont 147 Cambodgiens, 40 Français, 13 Malaisiens, 7 Indonésiens, 5 Britanniques, 4 Américains, 3 Chinois, 3 Vietnamiennes, 2 Canadiens et 1 Belge. Parmi eux, 143 (63,55 %) ont été guéris.

Le nombre de nouveaux cas de coronavirus dans le monde a dépassé les 15 millions mercredi dernier, l’Amérique latine et les Caraïbes, l’une des régions les plus durement touchées, enregistrant plus de quatre millions de cas. Aux États-Unis, qui abritent plus d’un quart des infections mondiales, le président Donald Trump a averti que la pandémie était susceptible de s’aggraver avant de s’améliorer. Les données américaines sont inquiétantes avec plus de 143 000 décès et un bilan quotidien régulier de plus de 1 000 morts.

Selon l’AFP, L’Inde a franchi le cap du million d’infections la semaine dernière et talonne à présent les États-Unis et le Brésil, mais de nouvelles données mercredi suggèrent une vaste sous-estimation. Une étude démontrerait que près d’un quart de la population de New Delhi avait contracté le virus, ce qui équivaut à environ cinq millions d’infections dans la capitale.

Besoin d'un vaccin

Pour les experts, la production d’un vaccin s’affirme désormais essentielle pour assurer un retour à la normalité. Plus de 200 médicaments candidats sont en cours de développement, dont 23 sont passés à des essais cliniques. Les États-Unis ont accepté de payer près de 2 milliards de dollars pour 100 millions de doses d’un vaccin potentiel développé par la société allemande BioNTech et le géant américain Pfizer. Un autre candidat de premier plan, le géant pharmaceutique AstraZeneca, a enregistré des résultats prometteurs d’essais cliniques. Mais le directeur de la société a déclaré mardi dernier qu’un déploiement mondial n’était pas imminent.

CG

Photographie de couverture : Chiara Abbate

APAC_FR_807X123_SERIES.gif

S'abonner à Cambodgemag

  • Instagram
  • Facebook Social Icône
  • Gazouillement
  • LinkedIn Social Icône