Cinéma & Photographie : Cambodge, guerre et beauté

« Cambodia, War and Beauty » est un projet présenté au FCC Angkor par Avani et organisé par la fondation Anicca. « Je connais David Feingold depuis le camp de site II en 1988 où je travaillais dans l’humanitaire. J’ai été productrice exécutrice sur le documentaire “Life & Death In Preah Vihear” réalisé par David. Nous avons eu l’idée de cette rétrospective pendant le mois du Cambodge à Paris en mai 2018 », précise Marina Poch, la fondatrice enthousiaste d’Anicca.

« Cambodge, guerre et beauté » par le Dr David A. Feingold

Le FCC Angkor by Avani présente une collection — rétrospective de photos intitulée « Cambodge, guerre et beauté » divisée en quatre thèmes couvrant la guerre, la culture, la transition et l’impact des mines terrestres. Les visiteurs ont ainsi la chance d’observer les contrastes, continuités et changements du Cambodge sur une période de 30 ans.

L’Américain Feingold a visité le Cambodge pour la première fois en 1961 avant d’y retourner en 1964, avant le début de la guerre civile. Cette visite a déclenché chez le photographe un intérêt soutenu et croissant pour le pays. En 1986, après deux décennies, il est retourné dans le royaume afin d'effectuer des recherches sur le terrain et filmer dans les camps de réfugiés le long de la frontière thaïlandaise.

Images rares

L’exposition comprend des images insolites et rares prises à la fois à l’intérieur du camp de réfugiés de site 2, révélant la résilience du peuple cambodgien et sa détermination à surmonter la répression sous le régime des Khmers rouges, et dans les camps contrôlés par les Khmers rouges au milieu des années 80. L’exposition propose aussi des images uniques de troupes khmères rouges dans la jungle. L’événement se concentre également sur la danse khmère. C’est à travers ces images « douloureusement belles » que Feingold démontre clairement comment la danse khmère est devenue non seulement une forme de lutte contre la répression, mais aussi un élément essentiel à la survie de la culture khmère. La lente transition de la guerre à la paix dans les années 90, supervisée par les Nations Unies et le retour de Sa Majesté le roi Norodom Sihanouk comme souverain du Cambodge offrent un aperçu saisissant des tensions politiques, de l’héritage de la guerre, et de la célébration de la paix dans le royaume. La maîtrise de la caméra et sa capacité à se fondre dans ses sujets par Feingold sont révélatrices au travers des photographies fortes des mines terrestres, leur impact dévastateur, et le courage des démineurs pour les éliminer

Les 1000 vies du Dr David A. Feingold

Feingold est anthropologue, photographe et documentariste. Il est actuellement directeur de l’Ophidian Research Institute/Ophidian Films Ltd. Pendant quinze ans, il a été coordinateur international pour le VIH/SIDA à l’UNESCO. Il a mené des recherches approfondies sur le terrain en Asie du Sud-Est pendant cinq décennies, en particulier parmi les peuples Akha et Shan. Les films de Feingold ont été réalisés pour le compte de PBS, NBC, ABC, BBC, CH-4 (Royaume-Uni), FR-3 (France) et National Geographic. Ses films sur le Cambodge comprennent des enquêtes sur la politique des réfugiés à la frontière entre la Thailande et le Cambodge, la conservation d’Angkor en 1988, l’intérieur du mouvement khmer rouge, l’impact des mines terrestres et le conflit autour du temple de Preah Vihear. Il a été producteur exécutif du Asian Universe Film Project, et a beaucoup tourné avec le roi de Thaïlande.

David A. Feingold est co-fondateur, avec Shari Robertson, d'Ophidian Films. Ophidian Films Ltd. a été créée en tant qu'entreprise de cinéastes et d'anthropologues pour présenter à un large public international les questions sociales, culturelles et politiques importantes du monde contemporain. S'appuyant sur une base de techniques documentaires et de films ethnographiques classiques, Ophidian cherche à mettre en lumière les questions difficiles à partir d'une compréhension partagée des perspectives et des connaissances des sujets, toujours à la recherche du style cinématographique le mieux adapté.

David A. Feingold. Photographie DER

Avec une capacité étonnante à pénétrer dans des mondes normalement fermés aux occidentaux, David Feingold et Shari Robertson ont produit des documentaires sur des sujets exceptionnellement difficiles dans des endroits peu inaccessibles. Ensemble, ils comptent environ 50 ans d'expérience dans l'ethnographie et le cinéma en Asie, dans le Pacifique, en Afrique et en Amérique latine.

La passion pour le Cambodge

« J’ai visité le Cambodge pour la première fois en 1961. J’ai trouvé que Phnom Penh était la plus belle ville d’Asie du Sud-Est. J’avais été intrigué par des photos d’Angkor dans un livre quand j’avais douze ans, mais j’ai été vraiment inspiré après avoir vu les photos extraordinaires du grand photographe français Marc Riboud en 1959. Je suis retourné au Cambodge en 1964 et y ai travaillé sur un court projet. C’était avant le début de la guerre civile et la prise de contrôle par les Khmers rouges «, explique le passionné, ajoutant que : « Bien que la plupart de mes recherches anthropologiques aient porté sur des peuples des hautes terres en Thaïlande et en Birmanie, cette visite a suscité un intérêt de longue date pour le Cambodge et m’a conduit à documenter l’histoire contemporaine du Cambodge. En 1986, après deux décennies, je suis retourné dans le royaume et dans les camps de réfugiés le long de la frontière thaïlandaise. Depuis plus de 30 ans, je recherche et document le Cambodge et ses habitants à travers des films et des photographies. J’ai sélectionné les photographies de cette exposition pour révéler les contrastes, les continuités et les changements de l’histoire récente du Cambodge telle que je l’ai vécu.»

David Feingold

Documentaires

L’exposition photographique durera jusqu’au 29 février 2020 avec des projections de documentaires de Feingold qui auront lieu :

Inside the Khmer Rouge (1990) le 20 février à 19 h

« Inside the Khmer Rouge » jette un regard en profondeur sur l’histoire, la domination et le statut des Khmers rouges au Cambodge dans les années 1990. Le film présente des interviews inédites de soldats khmers rouges. La chronologie complète des cinq années d’occupation du régime de Pol Pot est relatée et propose une approche des individus, des idéologies et des lieux clés où la guerre a le plus durement touché le pays. Le film analyse également les effets sur les citoyens cambodgiens de l’occupation des forces vietnamiennes.

Inside the Khmer Rouge (1990) le 20 février à 19 h

Voir un extrait :

Life and Death at Preah Vihear (2015), le 27 février à 19h

« Life and Death at Preah Vihear » tente d’expliquer pourquoi deux pays bouddhistes se battent au 21e siècle pour un temple hindou du 11e siècle à cause d’une mauvaise carte française des années 1900. Tourné sur une période de cinq ans en Thaïlande et au Cambodge, le film utilise le conflit autour de l’ancien temple de Preah Vihear (khmer)/Khao Phra Viharn (thaï) pour éclairer les tensions politiques et culturelles entre les deux pays. En outre, il démontre comment la rencontre coloniale avec l’Occident a eu un impact sur le concept de frontières. Enfin, il montre les divisions entre « chemises rouges » et « chemises jaunes », et explique comment le différend a influencé — et a été influencé par — la politique intérieure thaïlandaise.

Life and Death at Preah Vihear (2015)

Le documentaire expose aussi la magnificence et le symbolisme mystique du temple lui-même. À l’aide de rares images d’archives, il place le différend actuel dans son contexte historique au Cambodge et en Thaïlande. Le documentaire contient des entretiens avec des décideurs politiques, des universitaires et des gens ordinaires des deux côtés de la frontière. Certains considèrent le conflit comme insensé, tandis que d’autres sont prêts à se battre jusqu’à la mort. Le film relate le plus récent coup d’État militaire thaïlandais et conclut en examinant l’impact de cette prise de pouvoir sur les questions le long de la frontière.

Important

Exposition : Jusqu’au 28 février 2020, FCC Angkor par Avani à Siem Reap

Du 12 mars au 9 avril 2020 à la Meta House, Phnom Penh

Du 10 au 30 septembre 2020, à la Fine Arts Gallery de l’Université américaine de Paris

Important : Les bénéfices de la vente des photos seront reversés à la fondation Anicca pour soutenir des artistes émergents au Cambodge

Pour acheter les documentaires de David Feingold : www.der.org/resources/filmmaker-bios/david-a-feingold/

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