Cambodge – USA – Politique : Le gouvernement fait la sourde oreille face aux menaces amé

Le gouvernement cambodgien a jusqu’ici largement fait la sourde oreille aux restrictions de voyage que les États-Unis ont déclaré imposer aux hauts fonctionnaires du pouvoir, en réponse directe à ce que les États-Unis déclarent être des actions antidémocratiques prises par le gouvernement à Phnom Penh.


Certains fonctionnaires du gouvernement cambodgien, et dans certains cas, les membres de leurs famille, seront bientôt interdits de voyage aux États-Unis, une des mesures vexatoires les plus significatives face à ce que les critiques disent être une dérive vers la dictature dans un pays censé évoluer vers la démocratie. Le ministre cambodgien de l’Intérieur, Sar Kheng, a déclaré jeudi que le gouvernement américain avait le droit d’agir comme il l’entendait. “…C’est le droit des Etats-Unis d’agir ainsi. Nous ne savons pas quoi faire et je ne sais pas quoi dire “, a-t-il déclaré.


Le Département d’Etat a déclaré que les restrictions de voyage étaient “une réponse directe” à la “série d’actions antidémocratiques” du gouvernement cambodgien, incluant l’emprisonnement du leader de l’opposition Kem Sokha, la dissolution de son parti et l’interdiction de la politique pour cinq ans pour une centaine d’élus CNRP. Les observateurs estiment que les nouvelles restrictions américaines ne sont que le reflet de la promesse faite par la Maison Blanche de prendre une série d’actions concrètes contre le gouvernement du Premier ministre Hun Sen après la dissolution par la Cour suprême cambodgienne du Parti national du sauvetage du Cambodge de Sokha le 16 novembre. Immédiatement après la dissolution, les États-Unis ont suspendu leur financement au Comité national des élections du Cambodge.


L’ambassade des États-Unis à Phnom Penh a refusé de donner des détails sur l’étendue de la restriction, et les représentants de l’ambassade n’ont pas précisé si les diplomates américains avaient déjà parlé avec des représentants du gouvernement cambodgien. Beaucoup de fonctionnaires du gouvernement cambodgien ont des membres de leur famille vivant dans les communautés de la diaspora khmère aux États-Unis et les universités américaines sont populaires parmi les enfants de l’élite. Ce mouvement est susceptible d’accentuer davantage les tensions entre le Cambodge et les Etats-Unis, que Hun Sen a accusé d’avoir fomenté une révolution de couleur avant les élections prévues l’année prochaine. Le porte-parole du Conseil des ministres, Phay Siphan, a déclaré dans un post sur Facebook que la déclaration américaine semblait être une nouvelle preuve d’une conspiration américaine visant à renverser le gouvernement de Hun Sen : “…La déclaration montre la réelle intention de détruire les bonnes relations et la coopération entre les Etats-Unis et le Cambodge…”, a écrit le porte-parole. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Chum Sunry, n’a pas répondu aux appels téléphoniques, mais des rapports ont indiqué qu’il avait déclaré au site d’information FreshNews que le ministère préparait une réponse.


L’ancien leader adjoint du CNRP, Mu Sochua, qui faisait pression sur le gouvernement australien cette semaine pour prendre des mesures similaires, a déclaré que son parti était “très satisfait” des restrictions : “..Les Etats-Unis nous écoutent et vont dans la bonne direction, et donnent à M. Hun Sen le temps d’écouter et d’être raisonnables avec les recommandations que nous prenons, afin que nous ayons le temps de préparer les élections. Ce que nous voulons, ce sont des élections libres et justes et inclusives en 2018…”, a déclaré Sochua. “…Nous avons demandé des sanctions ciblées avec une interdiction des hauts fonctionnaires au Cambodge. C’était un avertissement et cela est maintenant la réalité. Nous sommes très satisfaits des mesures concrètes prises par les États-Unis et par tout autre gouvernement, comme le gouvernement suédois, pour réduire l’aide au gouvernement cambodgien…”, a-t-elle déclaré.


Le mois dernier, la Suède – un important donateur au Cambodge – a annoncé qu’elle mettait fin à toute nouvelle aide de gouvernement à gouvernement dans le royaume, sauf dans les domaines de l’éducation et de la recherche. Sochua a déclaré que l’Union européenne était également prête à prendre des mesures punitives en réponse, bien qu’elle ait refusé de donner des détails spécifiques.

Avec l’aimable autorisation de VOA


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