Cambodge : Un condamné et quatre arrestations pour avoir enfreint les mesures de verrouillage

Cinq personnes ont été inculpées, détenues ou condamnées pour avoir violé la nouvelle loi COVID-19 au cours du verrouillage de 15 jours en vigueur à Phnom Penh et Takhmau.

Des policiers montent la garde dans une rue bloquée. (Hean Socheata/VOA Khmer)
Des policiers montent la garde dans une rue bloquée. (Hean Socheata/VOA Khmer)

Arrestations

Les autorités ont arrêté cinq hommes dans des incidents distincts pour avoir violé les mesures de confinement. Trois hommes, dont Ung Chanthouk, un fonctionnaire deux étoiles de la police nationale, ont été arrêtés pour avoir organisé un rassemblement d’amis pour se « désaltérer », ce qui est considéré comme une infraction en raison des restrictions actuelles.

Le trio a été inculpé en vertu des articles 4 et 11 de la loi COVID-19, qui prévoit une peine maximale de trois ans de prison, a déclaré Kuch Kimlong, porte-parole du tribunal municipal de Phnom Penh. L’article 4 interdit tout rassemblement susceptible de provoquer la propagation du COVID-19, et l’article 11 sanctionne « l’obstruction intentionnelle ou la dissuasion de l’application d’une mesure ». Le Premier ministre Hun Sen a également déchu le fonctionnaire de police de son grade et l’a renvoyé des forces de la police nationale, selon un décret royal publié le 17 avril.

« Cet homme doit être condamné… ne le libérez pas », a déclaré le Premier ministre dans un message audio publié samedi.

S.E. Hun Sen a aussi vivement critiqué ceux qui tentent de contourner certaines règles, menaçant de prolonger le confinement. Rappelons que, mercredi dernier, le gouvernement a imposé un verrouillage de 14 jours à Phnom Penh et à Takhmau en raison de l’augmentation rapide des cas de COVID-19. Le gouvernement a prolongé l’interdiction de voyager jusqu’au 28 avril et a également interdit la vente d’alcool.

Couper le ruban de police

Le président du tribunal, Ouk Sovannarith, a déclaré que les trois hommes avaient demandé à être représentés par un avocat, selon Kuch Kimlong. « Ils ont été envoyés dimanche après-midi au tribunal et le magistrat les a placés en détention provisoire », a-t-il déclaré, ajoutant qu’un procès pourrait commencer dès deux semaines.

Dans deux affaires distinctes, Seang Rangsy a été arrêté pour avoir posté une vidéo de lui traversant la ville au volant d’une Lexus, et un autre Cambodgien, Dara Rath Sokun, est actuellement détenu pour avoir coupé le ruban de police afin de pénétrer dans une zone interdite. Dara Rath Sokun a été rapidement reconnu coupable et condamné à 12 mois de prison.

Loi critiquée

Les experts et observateurs des droits de l’homme ont critiqué la loi COVID-19, qui, selon eux, prévoit des peines de prison sévères et peut être utilisée pour violer les droits des citoyens. La semaine dernière, trois rapporteurs spéciaux, dont Rhona Smith, qui est le rapporteur spécial pour les droits de l’homme au Cambodge, ont exprimé dans une déclaration leur « vive inquiétude » face aux « nouvelles mesures juridiques et administratives sévères » prises pour lutter contre la pandémie de COVID-19, en référence à la loi sur les mesures préventives contre la propagation du COVID-19 et d’autres maladies contagieuses.

« Nous sommes préoccupés par le fait que les mesures administratives et pénales, y compris les peines de prison et les amendes excessives prévues par la loi, semblent disproportionnées et injustifiées. Toutes les mesures prises pour lutter contre la pandémie, y compris les sanctions éventuelles, doivent être nécessaires et proportionnées et ne pas être utilisées de manière excessive », peut-on lire dans la déclaration du 12 avril.

Réponse à la pandémie

La loi, entrée en vigueur le 11 mars, est une réponse à la vague actuelle de cas de COVID-19 et prévoit des sanctions sévères telles qu’une peine de 20 ans de prison et des amendes pouvant aller jusqu’à 20 millions de riels, soit environ 5 000 dollars américains, pour les personnes reconnues coupables de violations.

Chak Sopheap, directeur exécutif du Centre cambodgien pour les droits de l’homme, a déclaré que le gouvernement devrait diffuser davantage d’informations au public sur leurs mesures afin d'en garantir la clarté.

« J’encourage la diffusion continue d’informations sur ces mesures pour une meilleure compréhension et pour que les gens participent à la lutte contre la propagation du virus », a-t-elle déclaré.

La défenseuse des droits de l’homme a insisté sur le fait que toutes les personnes arrêtées ont droit à un procès équitable et doivent bénéficier d’un avocat.

« En toute circonstance, même avant la pandémie, il est indispensable de garantir le droit à un procès équitable », a déclaré Chak Sopheap.

Avec Sun Narin — VOA Khmer


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