Cambodge & Société : L'ONG ADHOC poursuit son programme de lutte contre le mariage des enfants

Le groupe de défense des droits ADHOC poursuit la mise en œuvre de son projet dans les provinces du Mondolkiri et du Ratanakkiri visant à éduquer le public sur l’impact des mariages précoces, après avoir constaté que le taux de mariage des jeunes, en particulier parmi les populations autochtones, demeurait élevé.

Une Cambodgienne participe à une séance d'éducation sur l'impact du mariage des enfants dans la province du Mondolkiri. Photographie ADHOC
Une éducatrice participe à une séance d'éducation sur l'impact du mariage des enfants dans la province du Mondolkiri. Photographie ADHOC

Le « Projet de protection et de prévention des mariages d’enfants, précoces et forcés (CEFM) » — financé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) — a débuté le1er octobre 2021 et s’achèvera le 10 décembre 2023. Le projet vise à éduquer les parents, les jeunes, les communautés et les populations autochtones sur l’impact des mariages précoces.

Meas Saim, directeur adjoint d’ADHOC pour les droits des femmes et des enfants, explique que le projet vise à encourager les peuples indigènes, en particulier les familles ayant de jeunes garçons et filles mariés, à comprendre pourquoi ils ne doivent pas se marier trop tôt et abandonner l’école. Ils peuvent avoir des problèmes de santé physique et mentale ainsi que de graves problèmes sexuels.

« Nous avons constaté qu’il y avait de graves répercussions sur la santé et la vie sociale. Ce projet vise à changer leurs mentalités et à les amener à un mode de vie confortable qui favorise leur propre santé et celle de leur société dans son ensemble. »

Elle ajoute que si le projet s’est concentré uniquement sur les provinces du Mondolkiri et du Ratanakkiri, c’est parce que ces deux dernières comptent d’importantes populations autochtones et présentent des taux élevés de mariages de jeunes.

« Lorsque nous avons mené nos recherches, nous avons rencontré des filles qui ont été victimes. Certaines d’entre elles sont tombées enceintes et se sont vidées de leur sang. D’autres ont donné naissance à des bébés, mais avaient toujours des problèmes de santé et étaient complètement dépendantes de leurs parents », raconte-t-elle.

« Nous constatons de graves répercussions en raison de cette pratique, et notons également que la loi cambodgienne n’autorise le mariage qu’à l’âge de 18 ans ou plus. »

Le directeur du département de l’information de la province de Mondulkiri, Sok Saroeun, estime que le projet est une initiative positive en raison de l’âge minimum légal du mariage dans le Royaume.

« Bien que nos lois stipulent 18 ans, certaines familles acceptent de laisser leurs enfants se marier prématurément. Parce que celles-ci les voient atteindre la puberté, elles acceptent cette pratique, même si elle n’est pas légale. D’une manière générale, notre province ne compte pas beaucoup de personnes qui se marient à un âge précoce. De temps en temps, il y a des indigènes qui le pratiquent encore », précise-t-il.

Ma SieuChhe, directeur de programme du programme My Village dans la province du Mondolkiri, déclare qu’il a formé 330 jeunes chefs de file dans le cadre du projet, qui éduqueront d’autres jeunes et d’autres familles dans les communes.

« Nous avons formé des groupes de jeunes dans chaque village, avec 30 individus par village. Ils sont notre cible. Ils n’étudient pas et ont abandonné l’école. Nous voulons qu’ils fassent passer le message sur les impacts négatifs des mariages d’enfants et des mariages précoces ou forcés », conclut-il.

Lay Samean avec notre partenaire The Phnom Penh Post

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