Cambodge & Société : Jeunes entrepreneurs et opportunités pendant la pandémie

Alors que la crise sanitaire a entraîné des lockdowns et la fermeture de magasins, une entrepreneuse en herbe, Chao Chinh Lyly, 21 ans, tente sa chance sur le marché des services de livraison en ligne.

Chao Chinh Lyly a lancé PAPA Deliver avec quatre autres amis en 2018. Photo fournie.
Chao Chinh Lyly a lancé PAPA Deliver avec quatre autres amis en 2018. Photo fournie.

La pandémie de COVID-19 a posé toute une série de challenges aux entreprises, mais pour d’autres, le bouleversement des normes sociales a été une opportunité. Pour les cinq fondateurs de PAPA Deliver, l’augmentation massive de la demande de services de livraison a offert à leur startup une chance de prospérer en utilisant la technologie pour la livraison de produits au Cambodge.

Chao Chinh Lyly, une jeune femme de 21 ans récemment diplômée de l’université, a lancé PAPA Deliver avec quatre autres amis en 2018, mais Lyly confie qu’ils n’avaient pas l’intention de créer leur propre entreprise jusqu’à ce qu’elle participe à un concours mondial de startups technologiques parrainé par l’Alibaba Business School, organisé par l’Université de Battambang et le ministère de l’Éducation en 2020.

Lyly et son équipe ont remporté le concours, arrivant en première place, et c’est ainsi que PAPA Deliver est né.

« Nous pensons que c’est une opportunité pour nous de lancer notre startup durant cette période », explique Lyly.

« Beaucoup de gens ne veulent pas sortir, et achètent de plus en plus en ligne. Les services de livraison sont donc en plein boom. De plus, lorsque nous avons lancé notre application en 2020, nous avons obtenu beaucoup de soutien. »

Diriger une startup a été une expérience révélatrice pour Lyly puisqu’elle s’est rapidement transformée d’étudiante en entrepreneuse sans aucune expérience antérieure. Elle explique avoir rencontré de nombreux obstacles, notamment le manque de capital, et elle a dû faire preuve de patience pour régler les problèmes en conséquence.

« Démarrer un service de livraison peut être très compliqué. Les services de distribution doivent fonctionner rapidement, donc si nous ne savons pas comment répartir les tâches de la distribution, il sera difficile de gérer le service. Certaines entreprises ont même fermé leurs portes », fait-elle remarquer.

La transition des études au travail a été particulièrement difficile, car elle est passée du statut d’étudiante à celui d’indépendante avec un soutien limité et a donc dû apprendre beaucoup de choses par ses propres moyens en un temps très court.

« En travaillant pour notre propre compte, nous devons travailler deux fois plus dur pour assurer le bon déroulement de nos activités », confie-t-elle.

Actuellement, plus de 20 entreprises de livraison utilisent l’application PAPA Deliver et près de 10 000 restaurants sont inscrits au service de livraison PAPA Deliver.

Lyly fait valoir que son entreprise a de nombreux concurrents et qu’il est donc essentiel de maintenir la confiance des clients grâce à des services de qualité pour assurer la pérennité de l’activité.

Lyly déclare : « Nous pensons que les entreprises doivent gagner la confiance de ses clients. Cela signifie que lorsque ces derniers utilisent un service de livraison d’une entreprise qui travaille avec nous, ils sont confiants parce que l’entreprise utilise notre application, grâce à laquelle nous leur fournissons des solutions rapides. »

Originaire de la province de Banteay Meanchey, Lyly prévoit d’étendre son activité à d’autres provinces et pays pour devenir compétitive sur le marché international.

Lorsqu’on lui demande quels conseils elle pourrait donner aux jeunes Cambodgiens qui ont des ambitions dans le domaine des affaires, Lyly répond que la préparation est essentielle.

« Renseignez-vous sur le type d’entreprise dans laquelle vous souhaitez vous engager », dit-elle.

« Apprenez tout ce que vous pouvez, notamment sur les concurrents, puis vous devez élaborer une stratégie d’affaires précise. »

Teng Yalirozy, reportage supplémentaire par Uth Raksmey, avec l’aimable autorisation de Cambodianess