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Cambodge & Parcours : Naphorn, des rizières de Siem Reap aux tables de l’Anjali

Elle a 21 ans, un sourire radieux et une idée très claire de l’endroit où elle va. Naphorn a grandi à Siem Reap, fille d’agriculteurs, et c’est dans cette même ville qu’elle a tout appris — l’anglais, le service, la confiance en soi. Aujourd’hui, elle travaille comme assistante F&B à l’hôtel Anjali. Elle rayonne.

Naphorn, le sourire qui ne s’excuse pas d’avoir des rêves
Naphorn, le sourire qui ne s’excuse pas d’avoir des rêves

L’école Paul Dubrule : où tout a commencé

L’école d’Hôtellerie et de Tourisme Paul Dubrule est une institution à part à Siem Reap. Fondée en 1997 grâce au soutien de Paul Dubrule, co-fondateur du groupe Accor, elle forme des jeunes Cambodgiens aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration — des jeunes qui, sans elle, n’auraient jamais eu accès à ce secteur. Engagée sur les questions environnementales, l’école bannit le plastique à usage unique et cultive une atmosphère où la bienveillance entre élèves et professeurs n’est pas un vain mot.

C’est là que Naphorn a passé deux années qui ont tout changé pour elle : la première à apprendre l’anglais, la seconde en formation Food & Beverage. Deux ans pour passer de jeune fille introvertie, qui avait “un peu peur des étrangers”, à quelqu’un qui accueille les hôtes avec une aisance et une chaleur évidentes.

Rencontre avec Naphorn

Naphorn, raconte-moi d’où tu viens

Je suis de Siem Reap, j’y ai toujours vécu avec ma famille. On est quatre : mes parents, mon frère et moi. Mes parents sont agriculteurs. C’est un travail dur, et qui rapporte peu. Moi, je voulais trouver ma propre voie, une vie différente, et pouvoir les aider. C’est pour ça que j’ai cherché autre chose.

Pourquoi l’hôtellerie ?

J’aime les gens ! J’adore parler avec des étrangers, découvrir des cultures différentes. Et puis j’ai vu que c’était un secteur avec de vraies opportunités — on peut trouver du travail, progresser, se construire pas à pas.

Moi, mon objectif c’est de devenir manager. Peut-être même ouvrir mon propre restaurant un jour. Mais d’abord, il faut apprendre. Alors j’apprends !

Comment était l’école Paul Dubrule ?

Incroyable. Vraiment. Avant d’y entrer, j’étais plutôt introverti — j’étais mal à l’aise pour parler à des inconnus. Et l’école m’a transformée. Les profs sont chaleureux, les camarades aussi, et l’ambiance est sérieuse sans être froide.

Il n’y a pas de plastique, tout est propre, on sent que les valeurs sont là pour de vrai. Et puis j’ai découvert la cuisine française ! J’ai adoré. Je suis tellement reconnaissante envers M. François et toute l’équipe.

Et l’Anjali, comment tu y es arrivée ?

C’est mon professeur qui m’a orientée ici. J’aurais voulu continuer mes études, mais les circonstances ne le permettaient pas. Il m’a dit : “Commence par travailler, l’expérience t’apprendra autant que les livres.” J’ai suivi son conseil et je ne le regrette pas du tout. L’ambiance ici ressemble beaucoup à celle de l’école — ça m’a mis à l’aise tout de suite.

Tu fais quoi exactement à l’Anjali ?

Je suis assistante F&B, mais en réalité je touche à tout : le service en salle, le bar, la réception, la caisse... On s’entraide beaucoup dans l’équipe. Si quelqu’un est débordé en terrasse, on y va. C’est comme ça que ça fonctionne. Et j’adore ça !

Naphorn, des rizières de Siem Reap aux tables de l’Anjali

Certains clients sont difficiles parfois ?

Parfois, oui. Mais j’ai appris à écouter, à comprendre ce qu’ils veulent vraiment. Et quand on ne peut pas satisfaire une demande, on l’accepte avec calme. C’est aussi ça, le métier. On apprend tout le temps.

Et hors du travail, qu’est-ce que tu fais ?

Je rentre chez ma famille ! Je finis à 14h, alors j’ai le temps de préparer le dîner pour eux tous les jours. Le soir je me promène avec un ami, on aime marcher. Et parfois je regarde des films sur mon téléphone avant de dormir. C’est une vie simple, mais je m’y sens bien.

Dans dix ans, tu te vois où ?

Manager, d’abord. Comprendre vraiment comment un restaurant fonctionne, gérer une équipe, fidéliser les clients. Et après — si tout va bien — ouvrir mon propre restaurant. Pas un hôtel, un restaurant. J’aime la cuisine, j’aime nourrir les gens. Mais pour l’instant je me concentre sur ma carrière. Il y a encore tellement à apprendre, et j’aime ça !

L’Anjali Hotel : l’art de recevoir à la khmère

L’Anjali Hotel est l’une de ces adresses de Siem Reap qui font la différence. Hôtel boutique à taille humaine, à quelques minutes des temples d’Angkor, il propose une expérience intime et soignée, bien loin du tourisme de masse. Son restaurant, attentif à la qualité des produits et à chaque détail du service, est précisément le genre d’endroit où une jeune professionnelle comme Naphorn peut s’épanouir.

L’Anjali — dont le nom vient du sanskrit et désigne le geste des deux mains jointes en signe d’offrande — incarne une philosophie d’accueil sincère et respectueux. Une philosophie que Naphorn a visiblement faite sienne, avec toute son énergie.

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