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Cambodge & Parcours : Charles Julliard, nouveau visage à la direction de la CCIFC

Carrure d’athlète, regard clair et allure déterminée et volontaire, le Français Charles Julliard dirige, depuis début octobre 2023, la Chambre de Commerce et d'Industrie France Cambodge. Une mission que ce grand amoureux de l'Asie entend mener à bien avec détermination et enthousiasme.

Charles Julliard, nouveau visage à la direction de la CCIFC
Charles Julliard, nouveau visage à la direction de la CCIFC

Charles en quelques mots...

Je suis originaire de Normandie, de la région de Rouen plus précisément. J'ai 43 ans et je suis issu d'une famille de classe moyenne. J'ai effectué ma scolarité à Rouen et je suis ensuite parti à Paris pour préparer un master en communication, publicité et marketing international, mais j'ai arrêté en licence.

Pourquoi s'être arrêté au bout de trois ans ?

Je voulais devenir un créatif à la base, mais je ne m'y suis plus dirigé que plus tard. Concernant mes études, je devais préparer mon master au Canada. Toutefois, comme je souhaitais gagner ma vie tout de suite, je suis parti gérer une boîte de nuit en Normandie pendant trois ans, en mettant donc mes études un peu de côté.

Quelle a été l'étape suivante ?

Après la boîte de nuit, je suis venu en vacances au Cambodge et, en fait, je suis tombé totalement amoureux du pays. C'était en 2000 et l'ambiance était encore un peu Far-west. Mais justement, c'est ça que j'aimais bien, l'ambiance, mais aussi le sentiment qu'il y avait des opportunités d'affaires. Le pays commençait à vraiment se développer et avait, à l'évidence, besoin de certaines compétences et j'ai senti que je pourrais y apporter ma contribution.

« Je voulais aussi arrêter la nuit, justement, et revenir dans un système où je pouvais vraiment utiliser ce que j'avais appris, donc dans le marketing et la publicité. »

Quand je suis reparti en France, j'ai donné ma démission en tant que manager de discothèque et j'ai décidé de revenir ici et de m'installer.

Quelques mots sur votre expérience du monde de la nuit...

En deux mots, gérer une discothèque, c'est quand même épuisant. Le monde de la nuit est aussi vraiment à part. C'est très superficiel, les gens t'aiment parce que tu gères une boîte de nuit. Le téléphone sonne cent fois par jour, t'es invité partout. Et puis le jour où t'arrêtes : plus de nouvelles, tu n’as plus rien. Mais bon, ça, je le savais et en fait, c'était un travail alimentaire, ce n’était pas pour me trouver sous les projecteurs.

Quelle expérience positive cela vous a-t-il apporté ?

L'expérience vraiment positive, fut de mieux comprendre l'être humain et sa façon de fonctionner.

Donc vacances au Cambodge, retour, démission, et après, que se passe-t-il ?

Je prends toutes mes affaires, je reviens au Cambodge. Puis, je commence à travailler pour une entreprise locale avec un salaire de 150$ par mois parce que je ne connaissais pas du tout le marché, l'entreprise s'appelait Nova Design à l'époque.

Quand ils m'ont vu arriver, ils m'ont dit, « mais le salaire est de 150$ ». J'ai répondu :

« je sais, ce n’est pas grave, mais j'ai besoin de faire mes armes et vous recherchez quelqu'un. On m'a dit OK. Donc salaire fixe de 150$ avec commission. »

Là, je suis parti faire toutes les soirées des chambres de commerce pour justement dénicher un maximum de clients. Et de 150$ par mois, je suis passé à 500 avec les commissions au bout du deuxième mois, puis 800, 1000 et enfin 1500.

Lors du lancement du guide CCIFC Entreprendre au Cambodge
Lors du lancement du guide CCIFC Entreprendre au Cambodge

Ensuite, vous partez dans une direction un peu différente...

Au bout d'à peu près un an, j'ai été recruté par Soreasmey Ke Bin qui m'a proposé de lancer l'édition cambodgienne du Petit Journal. Et là, nous avons commencé à travailler ensemble sur le développement du support. C'était la première fois que le titre venait au Cambodge. L'intention était de développer le titre au maximum.

Nous avons ainsi conclu des partenariats avec l'Institut français et la chambre de commerce pour justement délivrer un maximum d'informations aux expatriés et futurs résidents qui avaient besoin d'en savoir plus sur le pays.

« Ensuite, au bout d'un an, j'ai été débauché par Monument Books qui était un de mes clients. Le patron m'a demandé de venir rejoindre l'équipe pour gérer le département presse pour le Cambodge et le Laos. »

Au bout de deux ans, on m'a demandé de créer le département marketing parce que ce dernier n'existait pas. Et donc : création et gestion du département marketing, tout en continuant à gérer la section presse.

Comment fut l'expérience ?

Très intéressante, nous avions lancé un produit original à l'époque, c'était le « newspaper direct ». Nous pouvions imprimer les journaux de n'importe quel pays en temps réel. Donc, nous pouvions livrer, par exemple, Le Monde avant qu'il ne soit sorti en France. En fait, nous avions une plateforme où tous les médias mettaient en PDF les journaux disponibles et après, nous imprimions en noir et blanc.

Ensuite, en 2011, je suis parti travailler au Cambodian Country Club en tant que responsable des ventes et du marketing. Mais là, c'était pour une mission d'un an uniquement. Donc, gestion d'événements, des membres, etc. C'était plutôt sympa.

Après cette mission au CCC, on est venu me voir pour me demander de travailler au développement de la Beeline Arena. Il s'agissait de prendre la direction du premier stade privé multisports avec 1500 places et donc de lancer les activités sportives.

En arrivant, j'ai rapidement conclu un partenariat avec le National Olympic Committee of Cambodia pour promouvoir le sport puisqu'il n'y avait pas encore beaucoup d'infrastructures. Il existait le stade olympique, mais il n'était pas multisports. Nous avons amené le futsal, le badminton, du volley et beaucoup d'autres disciplines. Nous avons aussi mis en place certains événements et avons été les premiers à lancer la Tiger Beer Futsal Competition. Et je crois que Tiger continue à le faire.

partenariat avec le National Olympic Committee
Partenariat avec le National Olympic Committee. Photo The Post

Après, nous avons organisé la Leo Beer Volleyball Competition. L'épreuve se déroulait sur 3-4 jours et nous brassions quotidiennement environ 1500 spectateurs. Nous accueillions les équipes de la police, les gardes du corps et des équipes de la région assez connues.

Ensuite, nous avons lancé la première ligue de basket, la Western Union Basketball League, puis organisé des événements de boxe en local avec des combattants qui venaient soit d'Europe ou de Thaïlande. Donc, tout cela a amené énormément de monde. Mon ambition était d'amener le sport vers tous, que ça devienne plus accessible.

Ensuite, un nouveau virage dans votre carrière...

Après, je suis parti travailler en tant que directeur de The Shop. Puis, j'ai dû partir au Myanmar pour des raisons personnelles. Je suis arrivé à Mandalay, une vie très différente, car il y avait moins de dix expatriés français... J'ai travaillé en tant que directeur des achats pour l'entreprise Razel-Bec, un grand groupe de construction français, .

Ce séjour m'a permis de pratiquer mon sport favori, la boxe, dans des conditions assez originales :

« des entraînements à l'extérieur, pas un seul expat, personne ne parlant anglais...mais, j'ai vraiment découvert un esprit de famille. »

Ensuite, toujours pour des motifs privés, j'ai du m'installer dans la capitale Yangon et il a fallu s'adapter à nouveau s'adapter. C'est là que j'ai décidé de me lancer dans l'entrepreneuriat en lançant le Petit Journal Birmanie. Et cela, en partant vraiment de rien. Nous avons commencé avec peut-être 150 abonnés. Et puis au bout d'un an, nous étions à plus de 3500. C'était assez logique, car le Myanmar venait juste de s'ouvrir et beaucoup songeaient à s'y s'installer. J'avais justement créé une rubrique affaires - économie avec la CCI à l'intention de tous les entrepreneurs qui souhaitaient s'installer dans le pays.

En même temps, j'avais lancé une entreprise qui s'appelait « VCS », V pour le nom de Victoire, ma fille, C pour Charles et S comme service. Cela consistait à aider les entreprises à se mettre en relation avec les médias. Après, j'ai eu l'opportunité de travailler pour une boîte de sécurité qui s'appelait Exera. J'avais été pris pour travailler au service protection pour des missions de sécurité auprès de diplomates et hauts fonctionnaires.

Quand revenez-vous au Cambodge et quelles furent vos impressions ?

Je suis revenu en 2020. Mais, je voudrais d'abord confier quelques impressions sur mon séjour de cinq années au Myanmar car je suis vraiment tombé amoureux du pays.

« Quand tu arrives à Mandalay, tu te dis qu'il n'y a pas grand-chose à faire. Mais les gens sont super sympas, il n'y a pas de tourisme de masse. Et du coup, tout ce que tu visites est encore très sauvage, et le pays est magnifique. »

Bien qu'on soit toujours en Asie, il y a vraiment une différence culturelle, même avec le Cambodge.

Revenons au Cambodge...

Quand je suis arrivé, j'ai dû vivre le décès de mon père. Ça m'a mis un peu KO pendant quelque temps. Ça a été vraiment difficile. Et puis après, j'ai continué à gérer le Petit Journal à distance jusqu'en 2022 avant de le vendre. C'était une fierté, parce que nous avions tout de même même réussi à mettre plein de choses en place. Dans cette édition, nous avions dix journalistes bénévoles, dont deux professionnels, un du Monde et un autre de Sud-Ouest.

Après la vente du titre, j'ai commencé à travailler pour un groupe cambodgien appelé Zillenium. C'est un conglomérat d'entreprises qui possède, par exemple, les licences de Century 21, Park Café, Pizza Hut, etc. J'étais responsable des comptes et j'étais aussi marketing manager pour Ecobat, une entreprise de recyclage de batteries.

Aujourd'hui, vous intégrez la Chambre de Commerce et d'Industrie France-Cambodge, votre vision ?

Je connaissais la CCI par rapport à toutes les entreprises dans lesquelles j'étais impliqué. Et moi, je la vois en fait comme un acteur clé. Je souhaite que toutes les entreprises qui arrivent au Cambodge ou qui veulent s'installer nous considèrent comme un partenaire incontournable. Et ce, quelque soit ce soit la taille de l'entreprise. Nous sommes là en fait pour aider à développer la communauté d'affaires. Nous sommes là pour accompagner les entreprises dans leur installation et leur développement. Il y a des entreprises là françaises au Cambodge qui ne sont pas encore membres de la CCI et mon objectif est justement de dynamiser tout ça, mais aussi d'amener de nouveaux services

« La CCI France Cambodge n'est pas juste un endroit où l'on fait du networking, il faut vraiment essayer de répondre à certains besoins en termes de formation, d’événements, d'ateliers et de missions économiques avec les pays voisins. »

J'ai aussi pour ambition de mieux faire connaître l'écosystème du Cambodge aux chambres voisines en travaillant main dans la main avec elles.

Quel est votre prochain événement important ?

Le prochain gros événement c'est le marché français. Le 21 octobre, nous serons plus d'une cinquantaine d'exposants et j'espère atteindre au moins une affluence équivalente à l'édition de 2021, soit prés de 5500 visiteurs.

Marché français édition 2021
Marché français édition 2021

Quand vous ne travaillez pas, quels sont vos loisirs, vos passions ?

J'aime passer du temps avec mes enfants. Parce que la semaine, je n'ai pas forcément trop de temps à leur consacrer avec le travail. Côté sport, ce serait bien évidemment la boxe que j'ai dû mettre un peu de côté en ce moment. Mais avant, je passais trois heures à la salle tous les jours, j'allais m'entraîner avec les boxeurs cambodgiens, car j'aime bien l'ambiance des salles typiquement locales.

Aujourd'hui, j'aime beaucoup l'art, car j'ai l'occasion de visiter beaucoup d'expositions grâce à ma compagne actuelle. C'est une révélation, car je crois que l'art exprime tellement de choses et parvient à nous faire réfléchir sur tellement de sujets. J'ai eu la chance de rencontrer Chhim Sothy, un peintre cambodgien assez connu.

Charles Julliard, nouveau visage à la direction de la CCIFC
Charles Julliard, nouveau visage à la direction de la CCIFC

Je suis tombé amoureux et j'ai ainsi fait ma première acquisition. Je crois que l'art te crée une nouvelle sensibilité. Maintenant, je m'y intéresse et quand je vois un tableau, je m'arrête, je réfléchis. Ça te pose des questions sur toi-même aussi, c'est ça qui est pas mal. Tu parviens aussi à ressentir un peu ce que l'artiste a essayé d'exprimer à travers sa toile.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus au Cambodge ?

Déjà, le Cambodge a bien évolué si l'on compare avec le pays du début des années 2000. Quand je suis revenu du Myanmar, j'ai vu un changement énorme. Et je pense que c'est normal puisque le pays est en train de se développer.

« J'avoue que j'aimais bien le côté petit village d'antan. Maintenant, on n'est plus vraiment à cette échelle-là, mais c'est normal, comme tout pays en voie de développement. »

Je suis aussi vraiment très heureux de constater que maintenant, dans certaines entreprises, ce sont des Cambodgiens qui occupent des postes à responsabilité. Et ça, c'est pas mal. J'ai trouvé que c'était un changement très positif.

Pour conclure, j'ai toujours appelé le Cambodge le « tigre de l'Asie », car, il y a encore un énorme potentiel et je pense que le nouveau gouvernement va, justement, pousser davantage cette petite impulsion dont le Cambodge a besoin.

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