Cambodge & Parcours : Étudier l’architecture pour contribuer au développement social

Jeune étudiante de 22 ans, Hor Sreynich prépare actuellement une licence en architecture à l’Université de Tianjin en Chine. Elle explique pourquoi elle a choisi un tel cursus et donne son point de vue sur l’architecture au Cambodge et son rôle dans le développement du pays.

Hor Sreynich

Heat Vanna: Pourriez-vous nous confier ce qui vous a poussée à choisir l’architecture ? Être une femme a-t-il représente une difficulté ?

Hor Sreynich : C’est la passion éprouvée pour cette matière qui m’a incitée à la choisir pour mes études. Je me suis toujours montrée curieuse de savoir comment les choses sont fabriquées, et ce qui justifie leur forme. Je vis dans ce monde depuis plus de 20 ans, mais j’avais l’impression de n’avoir encore rien créé d’utile. C’est pourquoi j’ai voulu m’orienter vers une matière qui me permettrait d’être créative, et j’ai alors pensé à l’architecture. C’est une matière que je trouve vraiment intéressante, et qui m’apportera les compétences et l’opportunité de créer quelque chose par moi-même. Une autre raison de ce choix vient de mes parents : ils s’imaginent que c’est une activité difficile, surtout lorsque l’on est une femme, et ils ne me pensaient pas capable de faire ce métier. J’ai donc voulu leur prouver, ainsi qu’aux autres personnes qui raisonnent comme eux, que non seulement j’allais le faire, mais qu’en plus j’allais le faire bien. Et me voilà maintenant étudiante en architecture.

Heat Vanna: Pourriez-vous nous faire part des défis que vous avez rencontrés dans vos études ? Comment avez-vous réussi à les gérer ?

Hor Sreynich : Quand j’ai commencé à étudier le design pour la première fois, j’ai ressenti les limites de ma compréhension architecturale. Je pensais alors qu’il ne s’agissait que de concevoir une belle maison, mais en fait, chaque projet architectural nécessite un cadre et une logique propre. Impossible, pour l’architecte, de laisser libre cours à ses envies comme le ferait un peintre. C’est une discipline à la fois artistique et très rationnelle, et cela a représenté pour moi un grand défi. Durant cette période, je me suis sentie un peu perdue lorsque je réalisais mes premières conceptions, car je ne connaissais pas encore clairement les prérequis nécessaires à l’architecture. Pour régler ce problème, je me suis recentrée sur les bases de la discipline, j’ai beaucoup lu, regardé et appris. Travailler dur m’a permis d’apprendre et de réussir, car j’ai ainsi obtenu une bonne note pour le projet que je présentais.

Hor Sreynich

Heat Vanna: L’architecture peut être considérée comme un fondement du développement social. Quel est votre point de vue à propos de l’architecture au Cambodge aujourd’hui ?

Hor Sreynich : Nous savons tous que le Cambodge est un pays en développement, l’architecture dans les villes comme dans les provinces n’a pas encore atteint son plein accomplissement. À mon avis, nos villes ont besoin de multiplier les nouveaux bâtiments qui respectent les principaux standards. Toutes les parties d’une ville ont aussi besoin d’être parfaitement connectées entre elles. Je pense que l’architecture et l’urbanisme peuvent renforcer le sentiment d’appartenance au sein d’une communauté et même affecter les relations entre les gens. Je crois que l’avenir de l’architecture ne se résumera pas à remplir des espaces vides, mais qu’elle devra surtout se préoccuper d’apporter une certaine qualité de vie.

Heat Vanna : Vous commencerez très bientôt votre carrière d’architecte. Quels sont vos objectifs après l’obtention de votre diplôme ? Comment allez-vous appliquer les compétences acquises dans ce domaine afin de contribuer au développement du Cambodge ?

Hor Sreynich : Après mes études, je souhaite trouver un travail qui me permette d’exercer pleinement ma profession. Si aujourd’hui je ne sais pas encore précisément comment contribuer au mieux au développement de mon pays, je ferai tout mon possible et utiliserai toutes mes compétences pour que mes réalisations soient attrayantes, sûres, confortables et abordables. C’est ce qui constitue selon moi les caractéristiques les plus importantes, auxquelles il faut penser dès la conception d’un bâtiment. Il faut aussi songer au développement social, aux intérêts des gens et à ce qu’ils peuvent se permettre d’investir.

Heat Vanna: De votre point de vue, pensez-vous que le domaine de l’architecture est essentiel pour un pays en développement comme le Cambodge ? Quel serait votre message aux étudiants, et pour quelle(s) raison(s) devraient-ils accorder plus d’attention à cette discipline ?

Hor Sreynich : Oui, bien sûr, c’est un domaine très important pour un pays comme le Cambodge. Nous avons besoin de plus de bâtiments qui soient sûrs, confortables et abordables. Cependant, étudier l’architecture est assez exigeant et le salaire n’est pas très élevé. L’apprentissage est assez difficile, car de bonnes compétences en dessin et une bonne imagination sont requises. L’architecture implique de recourir à un large éventail de disciplines, qu’il ne s’agit pas seulement de comprendre, mais aussi d’inclure dans des recherches approfondies. Les cours de dessin et d’utilisation des logiciels sont très importants et constituent la base de l’apprentissage. Par conséquent, si vous êtes bon en dessin et souhaitez contribuer au développement de notre pays, l’architecture serait le meilleur choix pour vous.

Propos recueillis par Heat Vanna.

Avec l'aimable autorisation de Cambodianess

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