Cambodge & Opinion : Le tourisme devra venir en aide à la politique extérieure du Royaume

Dans le contexte de la pandémie, l’ouverture des pays aux touristes internationaux demande des études pointues, et des actions par étape. Une analyse de Songthoul Fernandez de l'entreprise de tourisme solidaire, Kennary Tours.

Songthoul Fernandez de l'entreprise de tourisme solidaire, Kennary Tours.
Songthoul Fernandez de l'entreprise de tourisme solidaire, Kennary Tours.

Dans la région

C’est ainsi que la Thaïlande a choisi de réouvrir cet été des îlots sécurisés aux touristes, après 18 mois de fermeture de la destination. Alors que Phuket, Koh Samui, Krabi et Phang Nga sont disponibles pour les voyageurs étrangers, la réouverture de Bangkok avec ses 8,5 millions d’habitants aux touristes est reportée de 15 jours pour cause de risque trop important, le taux de vaccination restant insuffisant.

Quant à l’Indonésie, c’est Bali, haut lieu du tourisme qui est choisi comme destination de lancement pour la réouverture aux touristes internationaux. L’aéroport international de Denpasar va réouvrir pour les passagers venant de Corée du Sud, de Chine, du Japon, des Émirats arabes unis, de Dubaï et de Nouvelle-Zélande le 14 octobre, a indiqué le ministre aux Affaires maritimes et aux Investissements, Luhut Panjaitan, au cours d’une réunion préparatoire.

Cette réouverture ne concerne pas en revanche l’Australie, qui fournissait le plus important contingent de touristes à l’île indonésienne avant la pandémie.

Cambodge

Le Cambodge comme tous les pays de la région se prépare à réouvrir le pays aux touristes internationaux. Cette ouverture sera délicate et périlleuse si elle ne tient pas compte des objectifs suivants :

– plus qu’économique, c’est le déficit de son image dû à son positionnement dans le problème régional en mer de Chine du Sud qu’elle devra chercher à combler,

– la sécurité sanitaire.

Le tourisme devra venir en aide à la politique extérieure du Cambodge. Il est la vitrine du pays à travers le monde. Suivra alors, la 2e étape, la compétition touristique régionale et l’exploitation optimale de son industrie touristique.

Il me semble que Dara Sakor, dans la province de Koh Kong est un excellent produit pour le lancement du tourisme cambodgien. Cette concession chinoise de 36 000 hectares avec un investissement de 3,5 milliards USD qui a débuté en 2008 a vu tout récemment son aéroport terminé et de nombreux hôtels de Luxe. Une zone côtière encore mal connue, loin de la pandémie.

« Cette idée mérite d’être prise en considération si elle est en phase avec la ligne politique du pays »

En effet, le tourisme peut être comparé à une vitrine du pays tournée vers le monde. Cette vitrine est l’image du pays. Elle sert à attirer des marchés. Quand l’image d’un pays est perçue négativement, elle entraîne inexorablement une baisse des fréquentations des visiteurs internationaux :

Le Myanmar, malgré son potentiel touristique avec principalement Pagan, patrimoine mondial reconnu par l’UNESCO, le lac Inlé et ses innombrables centres touristiques, a vu chuter la fréquentation des voyageurs internationaux à cause des problèmes de politique intérieure.

Le continent africain en dehors de la zone Afrique du Nord et de l’Afrique du Sud n’arrive pas à promouvoir son tourisme du fait de son image trop archaïque, de la pauvreté qui lui colle depuis longtemps. Cette perception, même si elle ne reflète plus la réalité de certains pays, est un facteur bloquant, car il est difficile de vendre la pauvreté.

Tous les pays récemment « sortis » de la guerre (Yemen – Liban) auront à consacrer du temps pour travailler leurs vitrines, s’ils souhaitent développer leurs industries touristiques…

La première des choses pour relancer le tourisme est donc l’IMAGE DU PAYS.

Redorer la vitrine

Le Cambodge avec ses problèmes intérieurs et extérieurs n’est pas une exception. Il faudra identifier ce qui permettra de redorer cette vitrine tant attendue par les marchés internationaux. La politique divise si nous ne parlons que d’elle. Mais le tourisme est un domaine technique. Un conducteur d’une voiture dont le volant est à droite ou à gauche aura à faire les mêmes gestes lorsqu’il y a une crevaison d’un pneu. Il y a donc forcément consensus lorsqu’il s’agit de tourisme. La politique devra s’y appuyer pour protéger l’image du pays.

« Dans ce contexte de Covid-19, la deuxième condition pour une relance touristique est la sécurité sanitaire »

La Thaïlande a choisi de réouvrir cet été des îlots sécurisés aux touristes : Phuket, Koh Samui, Krabi et Phang Nga. L’Indonésie opte pour la réouverture de Bali avec une sélection des pays pouvant visiter l’île.

C’est avec précaution que ces pays ouvrent certaines de leurs régions aux touristes internationaux, car ils savent qu’une mauvaise décision peut amener à l’échec de leur plan de relance touristique coûteux et difficilement rattrapable au vu de la compétition internationale. C’est la raison pour laquelle je préconise l’ouverture de Dara Sakor, dans la province de Koh Kong pour atteindre ces deux objectifs d’apaiser les tensions internationales ainsi que l’optimisation de la sécurité sanitaire.

Ensuite, ce qu’il y aura comme produits touristiques dans la vitrine, libre aux idées, car le tourisme est un vaste domaine. Les amateurs et les professionnels pourront s’exprimer, pourvu que leur voix soit entendue !

Je ne suis qu’un citoyen lambda, la décision incombe au pouvoir politique à qui je souhaite bonne chance !

Songthoul Fernandez

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