Cambodge : L’éducation, prochaine étape vers la prévention des crimes contre l’humanité

Alors que les CETC touchent à leur fin, l’éducation est la prochaine étape vers la prévention des crimes contre l’humanité

Mme Alice Wairimu Nderitu conseillère spéciale pour la prévention du génocide (OSAPG) des Nations Unies. Photo par Sopheak Pheana. DC-Cam
Mme Alice Wairimu Nderitu conseillère spéciale pour la prévention du génocide (OSAPG) des Nations Unies. Photo par Sopheak Pheana. DC-Cam

Le Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam), en collaboration avec le Bureau du conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide (OSAPG), est fier de conclure la dernière session de son programme de formation en trois parties sur la prévention des crimes d’atrocité par l’éducation dans la région de l’Asie du Sud-Est.

Formation

Cette dernière session de formation de trois jours représentait la troisième partie d’une série de sessions de formation conçues pour répondre au besoin de développement professionnel sur la prévention des crimes de masse pour les professionnels de l’éducation dans la région de l’Asie du Sud-Est.

Vingt responsables de l’enseignement secondaire et gouvernemental du Vietnam, de la Thaïlande et du Cambodge ont assisté à des cours et partagé des idées sur la manière d’intégrer l’éducation à la prévention des crimes d’atrocité dans leurs systèmes scolaires respectifs en utilisant des méthodologies d’apprentissage centrées sur l’élève.

En plus de recevoir une formation sur la prévention, les éducateurs ont reçu des instructions et se sont exercés à former et encadrer d’autres enseignants dans le cadre d’un programme destiné aux formateurs.

La première partie comprenait un atelier virtuel de six heures qui a permis aux éducateurs de se familiariser avec les définitions juridiques internationalement reconnues des crimes d’atrocité et les facteurs de risque associés à ces crimes, comme le reflète le Cadre d’analyse des Nations Unies pour les crimes d’atrocité : Un outil de prévention.

La partie II du programme comprenait une session de formation hybride (virtuelle et en personne) de trois jours, qui a permis aux participants d’acquérir une meilleure compréhension globale des crimes d’atrocité dans l’histoire et de se familiariser plus en profondeur avec les approches, les leçons et le matériel associés à l’enseignement de l’histoire de ces crimes, en mettant l’accent sur l’histoire des Khmers rouges au Cambodge.

La troisième partie de ce programme, qui s’est tenue à Bangkok, en Thaïlande, du 16 au 18 septembre 2022, s’est concentrée sur un exercice de synthèse dans lequel les participants devaient élaborer et présenter un plan de cours sur la prévention des crimes d’atrocité qui pourrait être intégré dans leur système scolaire local.

La conseillère spéciale des Nations Unies pour la prévention du génocide, Mme Alice Wairimu Nderitu, a ouvert la cérémonie en ligne et Mme Maria Westergren, une représentante de l’OSAPG qui a assisté en personne à la session de trois jours, a prononcé le discours de clôture.

Moment clé

L’élaboration de ce programme intervient à un moment particulièrement important, alors que les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) s’apprêtent à rendre leur décision finale dans l’appel de Khieu Samphan, clôturant ainsi le chapitre des travaux du tribunal. Les Nations unies ont une longue histoire de travail extraordinaire dans la région de l’Asie du Sud-Est, et en particulier au Cambodge.

En 1993, les Nations unies ont cherché à amener les Khmers rouges aux urnes afin de parvenir à un règlement pacifique de décennies de guerre, mais les Khmers rouges se sont entêtés à poursuivre la guerre à tout prix. Les Nations unies n’ont jamais renoncé à soutenir la paix au Cambodge et cet engagement s’est transformé en une quête de justice, qui a progressé grâce au travail des CETC.

Alors que les CETC touchent à leur fin, le développement de l’éducation sur les crimes d’atrocité représente à bien des égards l’évolution rationnelle de la réponse et du traitement des crimes d’atrocité par des efforts de prévention.

Depuis l’organisation des élections sous les auspices de l’Autorité transitoire des Nations Unies au Cambodge jusqu’à la création des CETC, les Nations Unies ont été un partenaire indéfectible et une partie prenante clé dans la longue lutte du Cambodge et de la région de l’Asie du Sud-Est pour faire face aux effets du régime des Khmers rouges. Ce programme représente la prochaine grande étape de l’héritage de justice transitionnelle post-conflit des Nations unies dans la région.

Tirer les leçons de la période des Khmers rouges et les intégrer dans des programmes plus larges couvrant les crimes d’atrocité en histoire représente la prochaine étape de la communauté internationale dans la prévention des crimes d’atrocité.

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