Cambodge & Institut Pasteur : Ambitions renouvelées face aux défis sanitaires de la région
- La Rédaction

- 22 juin
- 3 min de lecture
L'Institut Pasteur du Cambodge trace les contours de sa santé publique de demain
Réuni en Conseil de liaison annuel le 19 juin 2026, l'Institut Pasteur du Cambodge a présenté un bilan solide de ses activités et affiché des ambitions renouvelées face aux défis sanitaires de la région.

C'est dans un esprit de transparence et de coopération que l'Institut Pasteur du Cambodge (IPC) a tenu, vendredi 19 juin, son Conseil de liaison annuel. Présidée par Son Excellence le Professeur Chheang Ra, ministre de la Santé du Cambodge, la séance a rassemblé dix membres permanents issus des plus hautes sphères gouvernementales et universitaires du pays, aux côtés du directeur général de l'Institut Pasteur de Paris, de l'ambassadeur de France au Cambodge, et de représentants d'organisations internationales de premier rang — OMS et UNICEF en tête.
Des partenaires clés de l'IPC, parmi lesquels l'Hôpital Calmette, la Fondation Kantha Bopha, le NIPH et le CNM, participaient à titre de membres invités, témoignant de l'ancrage profond de l'Institut dans l'écosystème sanitaire cambodgien.
Une mission au cœur des grandes épidémies
Après les allocutions d'ouverture de S.E. le Professeur Chheang Ra, de Mme Odette Tomescu-Hatto, directrice des Affaires internationales de l'Institut Pasteur, et de M. Olivier Richard, ambassadeur de France au Cambodge, le Professeur André Spiegel a présenté le bilan d'activités de l'IPC et ses perspectives d'avenir. Au fil de son intervention, il a rappelé la triple vocation de l'institution : contribuer à la prévention et au traitement des maladies, par la recherche, les initiatives de santé publique, la formation et les services médicaux.
L'IPC s'appuie sur sept unités de recherche dédiées aux maladies infectieuses et aux pathogènes émergents qui sévissent au Cambodge et en Asie du Sud-Est : influenza humaine et aviaire, chikungunya, dengue, VIH, hépatites, rage, paludisme, tuberculose et résistance aux antimicrobiens. Plusieurs projets multidisciplinaires de grande envergure, abordés selon une approche « One Health », ont été mis en lumière — notamment RACSMEI, ECOMORE, VIRAGE, AFRICAM et SEA-ROADS — qui mobilisent les équipes de l'IPC en lien étroit avec leurs partenaires cambodgiens et internationaux.
60 200 patients traités contre la rage
Au-delà de la recherche fondamentale, l'IPC joue un rôle déterminant dans la protection directe de la population. L'Institut gère trois centres nationaux et internationaux de référence, ainsi que le plus grand centre de prévention antirabique du Cambodge, réparti sur trois sites — Phnom Penh, Battambang et Kampong Cham. L'année écoulée, ce dispositif a dispensé un traitement post-exposition à 60 200 personnes, un chiffre qui illustre à lui seul l'ampleur des besoins auxquels répond l'IPC au quotidien. Le Laboratoire de biologie médicale et le Laboratoire Environnement et Sécurité alimentaire (LEFS) viennent compléter cette offre de services, tandis que l'IPC développe également des capacités en bioinformatique et en intelligence artificielle au service de la science.
Former la relève cambodgienne
L'un des axes forts de la présentation du Professeur Spiegel a porté sur le développement des compétences des jeunes chercheurs cambodgiens. En 2025, huit doctorants cambodgiens étaient inscrits dans des programmes de thèse soutenus par l'IPC ; deux d'entre eux ont soutenu avec succès leurs travaux au cours de l'année. Deux jeunes chercheurs ont par ailleurs intégré le personnel scientifique permanent de l'Institut, signe tangible d'une stratégie de transmission des savoirs pensée sur le long terme. Cette dynamique s'inscrit dans le cadre d'un partenariat renforcé avec l'Université des Sciences de la Santé (UHS), qui comprend notamment un master en maladies infectieuses.
Des défis structurels à ne plus différer
En guise de perspectives, le Professeur Spiegel a évoqué les contraintes croissantes qui pèsent sur l'institution : un campus désormais proche de la saturation, la nécessité de consolider le modèle économique de l'IPC et l'urgence de poursuivre le développement des capacités de ses équipes. Les membres du Conseil de liaison ont salué la qualité et la diversité des travaux accomplis, tout en soulignant la solidité des liens avec le ministère de la Santé.
La séance s'est conclue sur plusieurs recommandations stratégiques : l'extension des infrastructures de l'Institut, la réorganisation des activités de recherche et de surveillance, le renforcement de la coopération interministérielle dans le cadre d'une approche One Health, et la nécessité d'agir en amont contre les risques de transmission de l'animal à l'homme — en particulier par le contrôle des populations canines et la lutte anti-vectorielle.







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