Cambodge & Diaspora : Chantha, créer un lien solide entre les diasporas asiatiques

Beaucoup d’internautes asiatiques impliqués dans les forums tels Asiatiques de France ou Asian vibes 2.0 ou Khmers d’Ici ou d’Ailleurs connaissent Chantha et ses efforts pour créer des espaces virtuels conviviaux et rassembleurs. Derrière la modératrice de réseau très active, se cache aussi une Cambodgienne pleine de talents et au parcours hors du commun.

Entretien flash avec Chantha aka Francoise Framboise :

Chantha, créer un lien solide entre les diasporas asiatiques
Chantha, créer un lien solide entre les diasporas asiatiques

CM : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Françoise — Chantha, je suis Niçoise et mère de deux enfants de 17 et 11 ans et demi.

CM : Parlez-nous de votre enfance, de votre scolarité́

Je suis née au Cambodge et suis la seule survivante de ma famille. J’ai pu échapper aux Khmers rouges grâce à un médecin cambodgien, le docteur Chanreun, qui est retourné plus tard au Srok et malheureusement a été capturé. J’ai été suivie par un centre d’adaptation pour les enfants adoptés et précoces pendant cinq ans. J’ai passé une partie de ma jeunesse entre la France et l’Italie.

CM : À propos de votre parcours universitaire ou formation

J’ai préparé un Bac sciences économiques au lycée STANISLAS puis un IUT techniques de Commercialisation à NICE SOPHIA Antipolis. J’ai également préparé un Bachelor of Business Administration — B.A.A. à l’Université du Québec à Montréal, puis un diplôme de « Financial planner » à HEC Montréal. J’ai également suivi d’autres formations (licences) à l’Autorité des Marchés financiers du Canada. Cela concernait les fonds d’investissement, les assurances privées et les techniques de lutte contre le blanchiment d’argent.

CM : Quel a été votre premier travail ?

À 15 ans déjà, j’étais assistante de direction pour une société d’aide aux personnes âgées domicile, ce fut mon premier job d’été. Après mon bachelor, je suis devenue directrice des services financiers pour la BMO Banque de Montréal.

CM : Quelle est votre occupation actuelle ?

Je travaille dans l’export de matières et métaux précieux pour un pays d’Afrique.

CM : Depuis quand vivez-vous en France ?

Depuis mon adoption.

CM : Revenez-vous souvent dans le pays ?

Dès que cela m’est possible.

CM : Avez-vous l’intention de vous y installer un jour ?

Oui, probablement en 2022 lorsque mon aînée ira à l’université en Amérique du Nord.

CM : Comment sentez-vous l’évolution du royaume ?

J’y ressens une forte modernisation et je vois une nouvelle jeunesse un peu insouciante. J’avoue craindre une certaine perte de l’identité khmère.

CM : Votre impression la première fois que vous êtes (re) venue au Cambodge

Une impression mystique…

CM : Ce que vous aimez le plus au Cambodge

Le rythme de vie et la culture au travers de l’histoire.

CM : Le moins

La résilience au passé et les pertes de la culture et de la langue ainsi que la méconnaissance du passé de la part des nouvelles générations.

CM : Comment se passe la vie en France, avant la crise sanitaire et maintenant ?

Tout en « stand by », je ne peux voyager ni importer ou exporter convenablement.

CM : Vous êtes très active sur les réseaux sociaux (forums) dédiés aux Asiatiques et à leurs cultures, pour quelles raisons ?

Je suis sur les réseaux seulement depuis avril 2019 par l’intermédiaire du forum Asiatiques de France et je m’engage dans ceux-ci afin de faire connaitre au maximum la culture asiatique et créer un lien solide entre les gens de la diaspora asiatique via les réseaux

CM : Quelles sont vos passions ?

Philosophie, archéologie, études des symboles, voyages (j’ai parcouru les 5 continents et 36 pays, dont certains, plusieurs fois), les sports de combat et les arts en général. Enfin, bien que je déteste être prise en photo, j’adore cette discipline artistique. Aussi, j’adore la culture otaku et je suis très fan d’animes et de cinéma underground et asiatique.

Je suis également engagée dans l’action humanitaire, mes parents français m’y ont mise dès mon plus jeune âge. Chaque année nous parcourions les orphelinats de France. Puis j’ai rejoint des associations nationales, mais j’ai été déçue, car l’engagement était plutôt « personnel », au sens péjoratif… je n’ai pas senti un engagement vers l’autre. Alors j’ai décidé de le faire moi-même en partant directement dans les pays, dans les zones de non-droit. Mes actions humanitaires tournent principalement au niveau de l’éducation, sous toutes ses formes, car les personnes souffrant d’analphabétisme ne peuvent être soumises à un système éducatif traditionnel

CM : Vos projets d’avenir, en France ou au Cambodge…

Confidentiel…

CM : Votre souhait le plus cher pour le royaume

Faire de la nouvelle génération une génération instruite, cultivée sûre d’elle et autonome

Propos recueillis par Christophe Gargiulo