Cambodge & COVID-19 : OMS, « lassitude face à la pandémie et faible perception du risque »

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) demande des interventions plus efficaces et appelle à une plus grande participation de la communauté pour éradiquer la transmission du COVID-19 au Cambodge.

Photo ci-dessus : Dr Li Ailan , représentante de l'OMS au Cambodge, rejoint SE Dr. Or Vandine, Secrétaire d'État à la Santé, et des représentants de GIZ et Racha lors d'une récente visite sur le terrain à Kampong province de Thom le 1 juin 2021. (Photo : Ministère de la Santé)

Dr Li Ailan, représentante de l’OMS au Cambodge, a demandé instamment des interventions plus efficaces et appelé à une plus grande participation de la communauté pour supprimer la transmission du COVID-19 au Cambodge. Dans un long communiqué publié dimanche soir, elle déclare :

« Le Cambodge se trouve à un moment charnière de la lutte contre le COVID-19. Nos actions collectives et une plus grande participation de la communauté aujourd’hui déterminent ce qui se passera demain — une augmentation du nombre de cas et de décès, ou une diminution du nombre de cas, des vies sauvées et un retour à la nouvelle normalité. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher la propagation du virus et ses effets dévastateurs sur la santé, la société et l’économie.

Respect des bonnes mesures de santé publique

« Il est essentiel de trouver des moyens plus efficaces de garantir la mise en œuvre et le respect des bonnes mesures de santé publique et des mesures sociales, notamment par une participation élargie de la communauté. »

L’OMS a conseillé et recommandé l’approche de l’ensemble du gouvernement et de la société pour la préparation et la réponse à une pandémie. Grâce à cette approche, le Cambodge a obtenu des résultats remarquables dans la gestion de la pandémie de COVID-19 en 2020, avec seulement un petit nombre de cas et aucun décès.

Une faible perception du risque parmi les communautés

La pandémie est loin d’être terminée. Malheureusement, le virus circule désormais dans de nombreuses régions du Cambodge. En date du 13 juin 2021, un total de 38 427 cas, dont 335 décès, ont été signalés à l’OMS. Alors que le gouvernement travaille sans relâche et 24 heures sur 24 pour arrêter la propagation du virus, sauver des vies et protéger la santé, les récentes conclusions d’une enquête sur la perception et le comportement du COVID-19 menée par l’OMS en mai 2021 ont révélé une lassitude face à la pandémie et une faible perception du risque parmi les communautés du Cambodge. Ces résultats me préoccupent.

« Je comprends parfaitement que les gens soient fatigués après 18 mois de lutte contre le virus, mais nous n’avons pas d’autre choix. »

Nous devons intensifier nos efforts pour arrêter la propagation du COVID-19. Chacun a un rôle vital à jouer.

Notre objectif commun est de supprimer la transmission du virus et d’empêcher la transmission communautaire à grande échelle, qui a des impacts sanitaires et socio-économiques incommensurables. Pour ce faire, nous devons nous recentrer sur l’efficacité des interventions en appliquant et en respectant pleinement les mesures sociales et de santé publique.

Si le virus se propage largement dans nos communautés, des restrictions et un verrouillage à grande échelle pourraient être nécessaires, ce qui affecterait tous les domaines de la vie — entreprises, activités religieuses et emplois. Une transmission généralisée dans nos communautés surchargerait les hôpitaux et les établissements de santé, ce qui signifierait que les personnes atteintes du COVID-19 et d’autres problèmes de santé ne pourraient pas recevoir les soins dont elles ont besoin.

Rôle des propriétaires et dirigeants d’entreprises

Il existe de nombreux moyens efficaces de réduire les risques pour tous. Les propriétaires et les dirigeants d’entreprises ont tout particulièrement un rôle et une responsabilité dans la protection des Cambodgiens. La nécessité de rouvrir des établissements et de fournir des emplois et des services à la communauté est bien réelle, mais cela doit être fait de manière à réduire les risques. Ainsi, maximisez l’utilisation des espaces extérieurs et des zones bien ventilées. Réduisez au minimum le nombre de personnes se trouvant à tout moment dans des lieux fermés. Portez des masques correctement. Lavez-vous fréquemment les mains. Gardez une distance physique dans la mesure du possible. Organisez des réunions en ligne, et non en personne.

« La responsabilité de protéger nos communautés incombe également à chaque Cambodgien et résident du Cambodge. »

N’allez au marché que lorsque c’est nécessaire. Essayez d’y aller en dehors des heures de pointe. Faites vos courses en dehors des heures de pointe. Si vous mangez au restaurant ou rencontrez des gens, asseyez-vous à l’extérieur et non dans des espaces fermés et climatisés et maintenez une distance physique. Ne mangez qu’avec quelques personnes que vous voyez régulièrement au lieu de faire de grands rassemblements. Restez à une distance d’au moins 1,5 mètre des autres personnes au travail, à la pagode, sur le lieu de travail et partout où cela est possible. Il faut éviter les lieux confinés où l’on sait que le virus se propage facilement, comme les boîtes de nuit, les casinos et autres lieux de divertissement.

Renforcer les interventions stratégiques de communication

Il a été observé que la plupart des gens savent ce qu’il faut faire et où chercher des informations fiables en cas de maladie. Ainsi, en cas de maladie, restez chez vous et ne voyagez pas. Si vous êtes malade, et surtout si vous avez de la fièvre, de la toux ou des difficultés à respirer, il est important de consulter un médecin avant que la situation ne s’aggrave. Un diagnostic et un traitement précoces permettent de sauver des vies et d’éviter la propagation du virus.

On peut parfois avoir l’impression que l’on nous demande beaucoup. Je comprends pourquoi beaucoup d’entre nous ont envie de sortir. Les gens ont besoin de revenus.

« Nous avons tous envie de prendre l’air, de nous promener, de manger et de boire dehors, de rencontrer des amis »

Mais nous devons faire très attention au COVID-19, et de nouvelles infections se produisent chaque jour.

L’OMS encourage les pouvoirs publics et les partenaires à renforcer les interventions stratégiques de communication des risques fondées sur des données probantes et d’engagement communautaire en utilisant une approche multicanal et multiplateforme pour atteindre, engager et responsabiliser les communautés, en particulier les femmes, les jeunes, les dirigeants communautaires et les agents de santé.

Ce n’est qu’en travaillant ensemble, en reconnaissant et en acceptant la complexité de nos expériences et de nos capacités humaines communes, que nous pourrons faire en sorte que la “nouvelle normalité” soit un monde qui ne laisse personne de côté. Dès à présent, il est essentiel que nous nous concentrions tous sur des interventions plus efficaces et que nous y contribuions, notamment par un engagement accru de la communauté et de la société :

  1. Réduire de manière proactive tout paramètre 3C, en évitant les rassemblements et les déplacements inutiles. La plupart des cas de COVID-19 se sont produits dans des environnements 3C comme les usines, les lieux de vie bondés, les marchés, les prisons et les lieux de divertissement. Le virus se propage d’un endroit à l’autre par le biais des déplacements de personnes et des voyages.

  2. Promouvoir la nouvelle normalité. La levée des restrictions de mouvement, l’assouplissement de certaines interventions, la réouverture des commerces ne signifient pas un retour à l’ancienne normalité. Nous devons prendre la sage décision de choisir la “nouvelle normalité”, en veillant notamment à ce que la santé et l’économie aillent de pair. La mise en place de mesures d’atténuation des risques dans le secteur des entreprises et sur les lieux de travail est une approche “co-bénéficiaire” et représente le meilleur choix pour garantir à la fois la vie et les moyens de subsistance.

  3. Défendre les choix individuels et être un bon citoyen de la conformité. Les 3 choses à faire et les 3 choses à ne pas faire conseillées par le RCG sont des mesures et des outils efficaces pour mettre fin à la pandémie, si elles sont mises en œuvre efficacement. En agissant ainsi, vous vous protégez vous-même, vos familles et vos communautés.

  4. Se faire vacciner quand c’est son tour. Ne manquez pas cette occasion de sauver des vies. Les vaccins COVID-19 sont un outil très puissant pour prévenir les maladies graves, réduire les hospitalisations et sauver des vies. L’OMS recommande vivement de donner la priorité aux agents de santé, aux personnes âgées, aux personnes souffrant de maladies chroniques et aux autres groupes à haut risque lorsque les stocks de vaccins sont limités au stade initial.

Toutefois, les vaccins ne suffiront pas à mettre fin à la pandémie, et nous devons continuer à mettre en œuvre efficacement d’autres mesures sociales et de santé publique. »

Dr Li Ailan, représentante de l’OMS au Cambodge

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