Arts & Photographie : Les artistes-protégés de Kek Soon au « Fish Island Community Arts Centre »

L’artiste cambodgienne et ancienne guide touristique Kek Soon veille telle une vraie maman sur les destinées du centre d’arts situé sur Fish Island à Kampot.

Kek Soon, sa fille et quelques artistes de la communauté
Kek Soon, sa fille et quelques artistes de la communauté

C’est une initiative qu’il faut encourager. Le Centre d’arts de la communauté de Fish Island à Kampot héberge une dizaine d’artistes en herbe, tous issus de milieux défavorisés ou à problèmes.

Entrée du Fish Island Community Arts Centre
Entrée du Fish Island Community Arts Centre

Situé à une bonne quinzaine de minutes du centre de Kampot, la communauté vit non loin des salines et rizières qui font le charme de la région. Loin des structures traditionnelles parfois trop bien formatées, le centre d’arts est à l’image de son fondateur, Julien Poulson, et de Kek ; bigarré, coloré et plein de vie et de bonne humeur.

La buvette
La buvette

L’endroit privilégie la couleur, la verdure et le sourire. Après l’organisation de la première exposition réalisée à partir de déchets, la communauté est aujourd’hui en mesure d’accueillir les visiteurs, de proposer boissons et repas.

Ici, les matières purement scolaires ne sont pas enseignées.

« Notre objectif est d’apprendre à nos pensionnaires certaines compétences, artistiques et même professionnelles », explique Kek.

« Nous leur apprenons à peindre, mais aussi à cuisiner et servir les clients », ajoute-t-elle avant de proposer la visite de l’entrepôt où sont stockées les œuvres de la précédente exposition. Cette récente manifestation était destinée bien entendu au public, mais aussi aux communautés alentour et aux parents.

Parmi les œuvres des jeunes artistes
Parmi les œuvres des jeunes artistes

« Certains de nos jeunes sont en rupture avec leur famille pour diverses raisons. Cela ne veut pas dire que tout est perdu et le fait de montrer ce dont ils sont capables peut devenir un motif de rapprochement ou de réconciliation peut-être », explique Kek à l’optimisme décidément très contagieux.

Des œuvres qui se sont bien vendues et qui attendent leurs propriétaires
Des œuvres qui se sont bien vendues et qui attendent leurs propriétaires

Elle explique ensuite que plusieurs projets sont en route, notamment la mise en route d’un studio d’enregistrement situé à proximité de la buvette et qui permettra aux jeunes d’apprendre de nouvelles formes d’art et aussi d’accueillir des résidences d’artistes.

Kek Soon
Kek Soon

Avec la pandémie et les restrictions qui ont suivi, les projets ont pris du retard. D’ailleurs, les bungalows en bambou aux couleurs vives sont destinés aux artistes invités, mais n’ont pas encore pu être utilisés.

Bungalows colorés et verdure pour les artistes invités
Bungalows colorés et verdure pour les artistes invités

Kek raconte ensuite la genèse du projet, créée par la KAMA (Kampot Arts & Music Association) en 2015 afin de créer un environnement de travail viable dans les domaines de la musique, de la danse, du théâtre et des arts visuels, dans les zones agricoles rurales du Cambodge.

Parmi les artistes de la communauté
Parmi les artistes de la communauté
« Il s’agit de susciter l’espoir, la durabilité et l’enrichissement chez une communauté pauvre de pêcheurs et d’agriculteurs à Kampot », confie Kek.

L’association se concentre sur quatre priorités artistiques :

Créer un espace de travail et des équipements pour les céramistes, les sculpteurs et les artistes de médias mixtes.

Mettre en œuvre des projets artistiques développés localement avec des ambitions nationales et internationales.

Développer l’art de la scène, y compris musique, danse et théâtre.

Favoriser un espace de création artistique pour l’expérimentation et le développement de l’art multimédia.

Créations de Kek
Créations de Kek

À l’origine, le projet est une initiative artistique conçue par Julien Poulson, plus connu comme fondateur du groupe de rock psychédélique The Cambodian Space Project et comme directeur du Kampot Readers & Writers Festival. M. Poulson voit le FICAC comme un espace de travail et une salle de spectacle qui profitera aux artistes qui pourront trouver l’inspiration tout en vivant et travaillant au sein d’une communauté rurale d’agriculteurs et de pêcheurs.

Jeune artiste
Jeune artiste

Le centre artistique peut aujourd’hui accueillir des clients et ce type de visite après une promenade sur l’ile est recommandé tant l’énergie de cette communauté mérite l’attention de tous ceux qui ont la fibre artistique et/ou communautaire.

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