Arts et Culture: AIFA, un festival qui redonne des couleurs à Siem Reap

C’est un pari largement réussi, et pourtant, le défi était de taille : réunir, durant trois jours, des artistes en tout genre autour d’un programme riche et varié n’aura pas été chose facile en cette période remplie d’incertitudes.

La troupe des Sacred Dancers of Angkor perpétue la tradition de la danse Apsara
La troupe des Sacred Dancers of Angkor perpétue la tradition de la danse Apsara

Après une année 2021 particulièrement éprouvante pour la ville, la tenue du « Angkor International Festival of the Arts » aura été vécue comme une bouffée d’oxygène particulièrement appréciée.

Musiciens, peintres, acteurs, danseurs, poètes et écrivains se sont donné rendez-vous pour partager leurs talents, rappelant à quel point Siem Reap est un vivier d’artistes. Longtemps privées de représentations publiques, leurs performances ont revêtu l’aspect d’une délivrance après 20 mois de silence.

C’est donc avec une joie non dissimulée que tous ont répondu présent pour une succession de moments et de rencontres inoubliables. Inauguré sur le parvis d’Angkor Vat, le festival a ensuite rejoint le temple de Chau Say Tevoda pour un après-midi tout entier consacré au riche héritage culturel du Cambodge. En face de l’édifice du XIIe siècle se sont succédé les apsaras éthérées des Sacred Dancers of Angkor, des concerts d’instruments traditionnels de Phloy et de Chapei, un spectacle de Lhkon Khol narrant un épisode du Ramayana ainsi que des démonstrations de Bokator, cet art du combat déjà représenté sur les bas-reliefs des temples séculaires.

Plus tard dans la journée, à la nuit tombée, une grande toile tendue dans les jardins royaux a vu défiler les figurines du théâtre d’ombres, contant lui aussi, à la lueur du feu, les tribulations de Rama, Sita et Hanuman.

Ce patrimoine culturel, qui a réchappé par miracle au règne des Khmers rouges et s’est reconstruit au prix d’immenses efforts, rayonne cette année avec d’autant plus d’éclat. Siem Reap endosse en effet le rôle, après Yogyakarta, de Ville culturelle de l’ASEAN, et ce festival de haute volée prouve que le passé glorieux d’Angkor se conjugue aussi au présent grâce à une jeune génération prête à reprendre le flambeau.

Le cirque Phare a offert de nombreuses représentations publiques
Le cirque Phare a offert de nombreuses représentations publiques

Cet hommage au patrimoine culturel a côtoyé des thèmes plus vastes abordés lors de conférences, des présentations d’ouvrages en présence de leurs auteurs lors d’une foire aux livres, des expositions de peinture et de nombreux ateliers de découverte à destination des petits et des grands, sans oublier les arts de la scène, représentés notamment par le cirque Phare.

« Cela fait plus d’un an que nous travaillons sur ce festival », a déclaré Aaron Carpene, son directeur artistique, qui a œuvré en collaboration avec le ministère de la Culture et souhaitait célébrer tous les arts, tant contemporains que classiques.

« Devant le succès de cette première édition, l’avenir du festival est assuré et le programme de l’année prochaine devrait se révéler encore plus étoffé », dit-il.

En point d’orgue de cette future édition, une représentation de la Flûte enchantée dans le temple d’Angkor Wat.

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