Angkor Photo Festival : un certain regard sur le monde

Du 3 au 7 décembre 2019, la cité des temples a accueilli la 15e édition du plus ancien festival photo d’Asie du Sud-Est. En plus d’attirer des professionnels venus du monde entier, l’Angkor Photo Festival a fait la part belle à une photographie cambodgienne en pleine effervescence.


Le long de la rivière qui traverse la ville, les dernières décorations de la Fête des Eaux ont fait place à des séries de panneaux devant lesquels se sont attardé les visiteurs. Dans les établissements partenaires, 32 apprentis photographes venus de 13 pays d’Asie ont travaillé leur art sous la houlette des tuteurs les plus prestigieux. Des expositions ont été organisées, y compris sur des tuktuks sillonnant la ville, tandis que la nuit, un écran géant s’est illuminé des œuvres d’artistes de toute époque et de tous horizons. Revues de portfolios et conférences ont complété le programme d’un festival devenu une référence incontournable pour tous les amoureux de photographie.

Une programmation éclectique

Pour l’édition 2019, et comme lors des éditions précédentes, l’éclectisme a donné le ton. Portraits, photographies de presse ou artistiques, images d’archives, et témoignages sociétaux auront été à l’honneur, offrant de multiples visions du monde, parfois à la limite du soutenable. C’est ainsi que l’Alliance Française a hébergé les lauréats de l’organisation World Press, toute entière dédiée au photojournalisme.

Crise des migrants, terrorisme, problèmes environnementaux ont été illustrés par une exposition regroupant 157 images qui sont autant de témoignages-choc d’une société en profonde mutation. L’artiste népalaise Uma Bista s’est quant à elle penchée sur la condition féminine dans son pays, tandis que les murs du FCC se sont ornés d’images rares et anciennes provenant de l’unique atelier photo d’un village vietnamien.

Hsia Yi Wen, responsable et commissaire des expositions de la World Press Photo Foundation, commente les œuvres exposées.

Le délicat rapport entre les hommes et les éléphants a été analysé à travers l’objectif de Senthil Kumara Rajendran, et l’identité hongkongaise, qui constitue un sujet d’actualité brûlant, a été abordée par Todd R. Darling. Les photographies de plusieurs artistes cambodgiens ont quant à elles été exposées sur des tuktuks, permettant à la population siemreapoise de partager toutes les émotions d’en festival qui n’en aura pas été avare. Ces expositions, toutes gratuites, sont loin de résumer à elles seules toute la diversité de la programmation.

À la nuit tombée, le Bambu Stage et le passage situé entre le restaurant Khéma et la banque Bred ont accueilli des projections particulièrement intenses et plébiscitées par le public, donnant à admirer les œuvres de dizaines de photographes s’étalant de 1897 à nos jours.

Savoir-faire et savoir voir

Pourtant, une autre composante majeure entre dans la composition de l’Angkor Photo Festival. Car, pendant que des œuvres sont exposées, d’autres se créent dans l’intimité des ateliers. Dans ces « workshops », des étudiants bénéficient des conseils avisés de six tuteurs, tous professionnels de l’image. Parmi eux, le français Antoine d’Agata, qui officie pour l’agence Magnum, et qui accompagne le festival depuis ses toutes premières éditions.

D’autres ateliers, menés majoritairement par des photographes cambodgiens, sont destinés aux enfants de l’association Anjali. Les résultats, souvent surprenants par leur qualité, ont fait l’objet d’une projection spéciale menée par Françoise Callier, elle aussi investie dans le festival depuis ses débuts. Car peu à peu, au fil des ans, toute une communauté s’est forgée autour de l’événement, communauté qui se retrouve avec bonheur lors de chaque édition.

D’anciens élèves sont devenus des professionnels reconnus, comme Sophal Neak ou Kim Hak

Pour Jessica Lim, directrice du festival, « Cette célébration de la photographie sous tous ses aspects a su évoluer dans sa forme, mais ses objectifs restent identiques depuis le début : fonder une communauté active, fédérer des talents capables de transmettre à la fois leur savoir et leur passion, afin de créer une émulation sans cesse renouvelée ». Depuis la création des ateliers, 450 étudiants, dont de nombreux cambodgiens, ont pu bénéficier d’un soutien bénévole de haute volée. D’anciens élèves sont devenus des professionnels reconnus, comme Sophal Neak ou Kim Hak, et font à leur tour partie des tuteurs.

Génération spontanée

Pour l’artiste Sophal Neak, il est particulièrement important d’enseigner la culture de l’image aux jeunes générations. Encadrant l’un des ateliers Anjali, la jeune photographe, dont les œuvres ont été exposées en France, fait partie d’une scène photographique cambodgienne qui ne cesse de se réinventer.

Ayant connu comme tous les arts une dramatique ellipse au cours des années 1970/1980, la photographie khmère a peu à peu refait surface lors de la décennie suivante sous des formes entièrement nouvelles. Initié par Mak Remissa, « parrain » de la nouvelle génération, ce renouveau doit aussi beaucoup au Studio Images de Phnom Penh, à des personnalités telles que Christian Caujolle et, bien entendu, à l’Angkor Photo Festival. Dans un pays qui ne compte aucune école dédiée à l’enseignement du 8ème art, ces ateliers acquièrent une importance majeure dans l’éclosion de ces authentiques talents, dont la vision fait souvent preuve d’originalité et d’une profonde singularité.


Un tuktuk présentant les images de Sophal Neak

Gagner en confiance

Depuis, des artistes tels que Khun Vannak, Roun Ry, Khiev Kanel et Sovan Philong, pour ne citer que quelques-uns d’entre eux, ont démontré tout le potentiel de cette nouvelle vague. Rachael Strecher, directrice de l'innovation pour le National Geographic, dirige l’octroi des subventions accordées aux talents émergents. Venue animer un atelier et des conférences, cette ancienne photographe de presse se déclare surprise par la qualité des images présentées.

Mais, si la pratique de la photo connaît un véritable engouement au Cambodge, beaucoup d’artistes restent encore dans l’ombre, souvent par timidité. « Les photographes amateurs doivent gagner en confiance, montrer leurs œuvres, et surtout croire en leur potentiel ». Nul doute que l’Angkor Photo Festival contribue, à chacune de ses éditions, à conforter dans leur art les multiples personnes venues y assister.

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