Angkor Photo Festival : Dernières images, nouveaux talents

C’est au restaurant My Cargo de Siem Reap que se sont donné rendez-vous les spectateurs venus assister à la soirée de clôture de cette 14ème édition de l’Angkor Photo Festival. Une soirée riche en émotions, puisqu’y était présenté le travail final des étudiants ayant participé aux ateliers, sous le regard de leurs tuteurs.

Participants aux ateliers


Siem Reap mis à l’honneur

Si pour le grand public l’Angkor Photo Festival donne l’occasion d’assister à une multitude d’expositions et de projections, un autre aspect de l’événement, tout aussi important, coexiste en parallèle. Mis en place dès la première édition du festival, ces workshops à destination des photographes asiatiques permettent chaque année à 30 talents émergents de bénéficier d’une formation de qualité en présence de photographes professionnels, tous bénévoles.

Cours donné par Katrin Koenning


Durant cette semaine, de grands noms de l’image sont venus d’Asie, d’Amérique du Sud et d’Europe afin de transmettre leur passion, enseignant à des élèves surmotivés qui ont tous dû réaliser un travail personnel durant ces journées intenses. Ce sont ces travaux qui ont été projetés ce mardi 18 décembre, tous effectués à Siem Reap et ses alentours, et où se sont télescopées les visions de ces 30 photographes au regard affûté. Loisirs, conditions de vie, problématiques sociétales, paysages diurnes ou beautés nocturnes ont été quelques-uns des thèmes abordés au cours de cette soirée.

Sohrab Hura et Tania Bohórquez


Passage de connaissances

Certains de ces tuteurs, vivant aujourd’hui de leur art, ont été d’anciens élèves de ces ateliers, dont les participants forment une communauté très soudée. C’est le cas de Sohrab Hura, photographe indien travaillant aujourd’hui pour l’agence Magnum, qui résume les enjeux des cours : « Lors de ces ateliers, la créativité et la liberté sont les maîtres-mots. Les tuteurs ne sont pas là pour contrôler le travail des étudiants, mais pour les aider à réfléchir et à se poser les bonnes questions. Nous nous plaçons au même niveaux qu’eux, et apprenons tout autant de leur part. » Kosuke Okahara, photographe japonais, se félicite quant à lui des compétences des étudiants : « Le niveau s’est vraiment amélioré au fil des années, le style est devenu à la fois plus libre, plus personnel et diversifié. » Le festival, qui a représenté dès sa fondation un évènement majeur pour tous les aspirants photographes asiatiques, permet aux participants d’apprendre, plus que la technique, à s’exprimer dans un langage visuel qui leur est propre. « Ce qui est important, précise Kosuke Okahara, ce n’est pas forcément d’arriver à produire un « beau » projet : c’est essentiellement de parvenir à affiner son art. »

cours donné par Kosuke Okahara


Une photographie asiatique décomplexée

Pour Tania Bohorquez, artiste qui partage sa vie entre son Mexique natal et la France, « Les photographes asiatiques font preuve d’un sens de la communauté assez exceptionnel, que l’on a du mal à trouver ailleurs. L’esprit de compétition y est moins entretenu, ce qui permet de s’entraider et de partager plus facilement ses expériences ». Parmi les participants issus de 13 pays du continent, 5 cambodgiens ont reçu cette formation qui devrait les conforter dans leurs choix professionnels et artistiques en rapport à l’image.

Jessica Lim, directrice du festival, qui succède cette année à Jean-Yves Navel


Une image qui fascine autant qu’elle interpelle, comme l’ont prouvées les projections et les expositions qui ont rythmé cette édition 2018, dirigée pour la première fois par la talentueuse Jessica Lim. Cette dernière a donné à toutes et à tous rendez-vous pour une 15ème édition déjà attendue avec impatience.

Equipe du festival


Texte et photographies par Rémi Abad

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