Agriculture : La faiblesse de la demande internationale pénalise les exportations de poivre

Les exportations de poivre cambodgien ont chuté de près de trois quarts au cours des 10 premiers mois de 2022 par rapport à l’année précédente, un ralentissement que les producteurs attribuent à la faiblesse de la demande malgré la baisse des prix du produit cambodgien, au conflit en Ukraine, à l’affaiblissement de l’euro par rapport au billet vert et à d’autres fluctuations des taux de change.

Des agriculteurs récoltent du poivre dans la province de Ratanakkiri en juillet 2020. Photo The Post
Des agriculteurs récoltent du poivre dans la province de Ratanakkiri en juillet 2020. Photo The Post

De janvier à octobre, les exportations de grains de poivre ont atteint 7 704,25 tonnes, soit une baisse de 72,12 % en glissement annuel, le Vietnam se taillant la part du lion avec 6 645,78 tonnes, soit 86,26 % des exports cambodgiens, indique le ministère de l’agriculture, des forêts et de la pêche.

Exports

Les autres destinations comprennent l’Allemagne (928,20 tonnes), les États-Unis (26,10 tonnes), Taiwan (21 tonnes), la France (19,68 tonnes), la Belgique (18,67 tonnes), la Malaisie (14,24 tonnes), la République tchèque (11,30 tonnes), la Corée du Sud (7,26 tonnes), le Japon (3. 03 tonnes), Suède (2,78 tonnes), Suisse (2,12 tonnes), Canada (1,28 tonnes), Royaume-Uni (une tonne), Inde (0,92 tonnes), Lituanie (0,45 tonnes), Kazakhstan (0,3 tonnes), Australie (0,10 tonnes), Russie (0,03 tonnes) et Pays-Bas (0,01 tonnes).

Selon les données communiquées par le ministère, cela signifie que 369 tonnes seulement ont été exportées au cours de la seule période septembre-octobre, soit une baisse de 87 % en glissement annuel.

Piper nigrum

Chaque année, le poivre - fruit du Piper nigrum, une vigne à fleurs considérée comme originaire de la côte sud-ouest de l’Inde - est récolté exclusivement à la main entre janvier et juin, et s’achève généralement lorsque la mousson du sud-ouest amène la saison des pluies à partir de la mi-mai.

Parmi les variétés cultivées dans le Royaume, le poivre de Kampot, cultivé dans la province côtière éponyme, est le plus prisé et reste le seul cultivar protégé par une indication géographique nationale (IG). L’Association de promotion du poivre de Kampot (KPPA) est chargée de gérer cette IG.

Baisse des ventes

Pour le président de la KPPA, Nguon Lay, la zone de culture et la production de poivre de Kampot en 2022 sont restées similaires aux niveaux de 2021, mais les exportations depuis le début de l’année s’élèvent à 65 tonnes, soit une baisse de « plus de 50 % » en glissement annuel, ce qui laisse des stocks plus élevés qu’à la même époque en 2021.

Il impute la forte baisse des ventes de poivre à l’étranger au ralentissement de la croissance économique mondiale, à la crise ukrainienne et à l’affaiblissement de l’euro par rapport au dollar américain, notant que le poivre de Kampot en particulier a une importante clientèle européenne.

Selon M. Lay, les prix au kilogramme pour ce type de poivre sont restés les mêmes depuis plusieurs années, à savoir 15 dollars pour le noir, 25 dollars pour le rouge et 28 dollars pour le blanc.

De même, le président de la Fédération cambodgienne des poivres et des épices, Mak Ny, attribue la baisse des exportations de poivre à une diminution des commandes étrangères, liée à la crise économique mondiale, qui, selon lui, a fait chuter les prix de l’épice à une moyenne de 11 000 riels (2,64 $) par kilogramme pour les variétés régulières, contre 15 000-16 000 riels l’année précédente.

M. Ny rappelle que la superficie totale consacrée à la culture du poivre est estimée à environ 6 000 hectares dans l’ensemble du pays, des quantités importantes étant cultivées dans 18 des 24 provinces du Royaume, notamment à Tbong Khmum, Mondulkiri et Ratanakkiri.

Espoirs chinois

Un protocole d’accord récemment signé, marquant une étape majeure vers l’exportation du poivre cambodgien vers la Chine, suscite toutefois l’optimisme des acteurs agricoles quant aux améliorations significatives de la production et des ventes internationales.

Le « Protocole des exigences phytosanitaires pour l’exportation de grains de poivre du Cambodge vers la Chine » a été rédigé au Palais de la Paix le 9 novembre par le ministre de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche, Dith Tina, et le responsable de l’Administration générale des douanes de Chine (AGCD), Yu Jianhua, lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre Hun Sen.

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