lundi, novembre 06, 2017

Cambodge - Politique : Pour Hun Sen, le CNRP sera dissout sans aucun doute...

Le Premier ministre Hun Sen a menacé ce weekend d'imposer une interdiction de cinq ans à plus de cent hauts responsables du CNRP, en s'appuyant sur une disposition de la loi sur les partis politiques. Le premier ministre a semblé offrir des opportunités aux responsables du CNRP en leur indiquant qu'il interdirait seulement aux hauts responsables du CNRP de participer à la politique pendant cinq ans, permettant ainsi aux officiels de niveau inférieur de rejoindre librement le parti populaire cambodgien au pouvoir. Hun Sen a fait ces commentaires dans une vidéo de 26 minutes mise en ligne sur sa page Facebook samedi, appelant les conseillers du CNRP à démissionner et à rejoindre le parti au pouvoir avant la dissolution de l'opposition le 16 novembre : ''..."Non seulement le parti sera dissous, mais plus de cent hauts responsables du CNRP seront bannis de la politique pendant cinq ans...", a déclaré avec certitude le Premier ministre.

Hun Sen a fait ces commentaires dans une vidéo de 26 minutes mise en ligne sur sa page Facebook samedi
En tout, a précisé le Premier ministre, un total de 112 membres du comité permanent du parti et du conseil du parti seraient interdits de politique. Cette décision se réfère à l'article 44 de la loi sur les partis politiques, qui fait partie de la deuxième série de modifications amenées par le CPP cette année, selon laquelle les partis peuvent être interdits pendant cinq ans pour «soutenir ou organiser des actions ou des conspirations». contre le Royaume. Cependant, la loi ne mentionne pas de sanctions individuelles contre les membres des partis mis en cause. Ce discours a été diffusé hier par TVK, qui a également publié une vidéo de trente minutes montrant les atrocités des Khmers rouges, les manifestations post-électorales de l'opposition en 2013, les grèves salariales sur le Boulevard Veng Sreng et les députés du CNRP prêtant serment... 

Dans son discours, le Premier ministre a également fait allusion à des dissensions au sein du parti d'opposition, exposées la semaine dernière lorsque Rainsy a critiqué la signature d'une liste de candidats au Sénat par le chef du parti emprisonné, Kem Sokha. Rainsy a également accusé le législateur du CNRP, Mao Monyvann, de travailler en collaboration avec le Premier ministre pour organiser un "coup d'Etat". Quelques heures après qu'Hun Sen ait publié la vidéo, M. Rainsy a posté une note sur sa page Facebook pour appeler les conseillers municipaux, provinciaux, de district et communaux élus sous la bannière du CNRP "...à ne pas se laisser berner par l'appel du CPP..." : "...M. Hun Sen a appelé à des défections mais nous appelons les membres à rester...", a-t-il dit. "Je ne crois pas que le CNRP sera dissout. Ce que M. Hun Sen a dit n'était que des menaces...", a déclaré le politicien en exil.

"...Les rebelles de la ville se séparent en petits groupes...", a déclaré Hun Sen hier,"...Un groupe a fui à l'étranger et attaque leurs partisans laissés à l'intérieur du pays", a-t-il souligné. De son coté, la vice-présidente du CNRP, Mu Sochua, a dissipé hier les rumeurs d'une scission du CNRP, soulignant que seulement 40 officiels du CNRP s'étaient rendus au CPP sur un total d'environ 6.000 élus de l'opposition depuis que Hun Sen avait fait cette offre de ralliement. Elle a également rejeté l'idée que Hun Sen devrait être en mesure de faire de telles prédictions au sujet de la dissolution du parti par le tribunal : "...Le Premier ministre ne peut pas déclarer que le CNRP sera dissout à moins qu'il ne soit la Cour suprême. Cela signifie qu'il est la Cour suprême ", a-t-elle dit. "...Il confirme en outre la réalité de la justice au Cambodge...", a-t-elle ajouté.

Le porte-parole du PCP, Sok Eysan, a déclaré que "...le parti de l'opposition est dans une situation à risque...", ajoutant que tout deviendra clair le 16 novembre. A ce weekend, 58 membres de l'opposition ont rallié le CPP, y compris Long Buny, un conseiller provincial, des conseillers municipaux et de district, des chefs communaux, conseillers communaux adjoints et conseillers communaux de 14 provinces.

Vendredi, les sénateurs américains John McCain et Dick Durbin ont présenté une résolution au Comité sénatorial des affaires étrangères pour mettre les hauts responsables du gouvernement cambodgien sur une liste du Trésor qui gèlerait leurs actifs aux États-Unis, et empêcherait les Américains de négocier avec eux. Toujours aux Etats-Unis, le sénateur Ted Cruz a appelé les hauts fonctionnaires à limiter les déplacements des hauts responsables si le gouvernement cambodgien ne libère pas Sokha avant le 9 novembre. 


Pays/territoire : Cambodia
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