jeudi, novembre 23, 2017

Cambodge Mag - Magazine Papier : Le blues du Mékong et l’envie de France

Pour ceux qui aiment lire leur magazine préféré sans se presser, nous commençons à livrer quelques-uns des articles de la toute dernière version papier de Cambodge Mag, parue à l'occasion du Gala de la CCIFC, le 16 novembre dernier. Pour ceux qui souhaiteraient consulter l'édition intégrale, disponible en ligne et au format PDF, elle est disponible ici.. Bonne lecture et merci de votre fidélité !

‘’…Le Blues du Mékong n’est pas une variante de blues classique avec des sonorités asiatiques, c’est un style récent, personnel, khmer, construit au fur et à mesure des six années d’existence du groupe Krom…’’, explique Christopher Minko, le guitariste australien installé depuis plus de vingt ans au Cambodge, et fondateur du trio qui réunit les sœurs Chamroeun et lui-même. Devant son café qu’il tripote avec ses doigts jaunissant ornés d’ongles trop longs à la recherche d’une cigarette, l’australien n’en finit pas d’expliquer sa démarche musicale puriste, aux antipodes de la musique hamburger déversée sur les ondes. ‘’…Nous sommes un groupe acoustique, une guitare, une contrebasse, parfois un saxophone et, surtout, la voix magique de Sophea. C’est tout, si nous nous encombrons avec d’autres sonorités, ce ne sera plus Krom…’’, explique-t-il, ajoutant que les textes de KROM abordent beaucoup de problèmes sociaux, le trafic humain, les villes du péché, la solitude…’’. Un style encore peu à même d’attirer les majors de l’industrie musicale, mais qui a fait son chemin sur la scène musicale de Phnom Penh, en Thaïlande, et qui le fera peut-être un jour en France…le secret ? La voix magique de Sophea, explique Minko qui, décidément, ne tarit pas d’éloges sur celle qu’il souhaite voir accéder au statut d’artiste international. 

Sophea Chamroeun
Et la voix magique se décide enfin à arriver, timide, souriante, et les yeux brillants lorsqu’il s’agit d’évoquer l’aventure Krom. ‘’…Au départ, je suis une danseuse de folklore khmer, j’ai grandi dans le White Building et j’ai travaillé dur pour m’en sortir, j’ai fait beaucoup de scène, j’enseigne aussi, mais la passion de la musique m’est venue avec la naissance de Krom et Christopher qui a une méthode de travail qui me convient…’’, raconte-t-elle, expliquant que leur méthode consiste à confier une ligne de guitare à la jeune chanteuse qui cherchera ensuite le type de voix, les tonalités et les paroles en khmer, avant de passer aux premières répétitions, d’enregistrer, et de réenregistrer jusqu’à ce que les deux compères musicaux soient d’accord sur une version finale. ‘’…Une chanson peut ainsi prendre du temps, parfois plusieurs mois avant que nous soyons satisfaits du résultat…’’, expliquent-ils de concert.

Sophea Chamroeun et Christopher Minko
Et la France dans tout cela ? ‘’…J’y étais il y a quelques semaines avec la troupe d’AMRITA Performing arts pour les Soirées Lyriques de Sanxay…je dansais avec mes collègues de la troupe, pour l’opéra de Mozart : La Flute enchantée. Raconte Sophea ajoutant : ‘’…j’aimerais y retourner, je n’ai pas eu le temps de visiter mais les quelques endroits comme Bordeaux et La Rochelle, que j’ai pu rapidement visiter m’ont beaucoup impressionnée…’’. Pour Minko, l’envie de France est plus professionnelle : ‘’…Krom est à un stade où il est impératif de se tourner vers l’international. Après trois albums et un quatrième en cours, et quelques petites tournées ici et dans la région, Sophea a besoin d’une audience plus exigeante, de se confronter à un autre public, c’est indispensable pour qu’elle puisse s’évaluer, prendre confiance et, je le souhaite, devenir une artiste de haut niveau. La France est le pays des arts, de la culture populaire, il y a aussi une communauté cambodgienne qui serait probablement fière de voir Sophea sur scène, dans un style khmer, mais unique…’’, quelques raisons pour que le blues du Mékong ait résolument envie de France…

Pays/territoire : Cambodia
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