jeudi, novembre 09, 2017

Cambodge - Communauté : Première rencontre avec Civis Expatriates

On entend parfois dire que les français installés au Cambodge ne souhaitent peu ou pas entendre parler de la France. L'initiative du tout nouveau club Civis Expatriates l'a démenti hier soir au cours du premier débat organisé dans les salons cosy et tamisés du Khéma La Poste à Phnom Penh. Une cinquantaine de Français et de Franco-Khmers s'étaient déplacés pour cette première soirée-débat, plutôt réussie, dont le thème portait sur le soft power ''made in France''. Plus de photographies ici...

Autour du soft power avec (à droite) Jean-Benoit Lasselin et Guillaume Narjollet
 ''...Il est possible de nuancer la sémantique et de parler de diplomatie d'influence lorsqu'il s'agit d'évoquer le concept du soft power...'', expliquait Guillaume Narjollet, Conseiller de coopération et d'action culturelle auprès de l'Ambassade de France au Cambodge, et premier invité de Civis Expatriates. Rappelant le rayonnement de la France à travers le monde au travers de sa culture, de sa gastronomie et de ses arts, le conseiller rappelait que la diplomatie d'influence avait aussi un rôle économique avec l'essor des industries culturelles et la volonté du Président Macron de développer cette approche : ''...Nous avons un président jeune, avec une volonté évidente de privilégier les relations internationales dans l'esprit du soft power...'', expliquait Guillaume Narjollet, ajoutant toutefois que la diplomatie d'influence ne pouvait constituer la seule approche en matière de politique étrangère et que la France intervenait aussi militairement dans plusieurs parties du monde, notamment en Afrique. ''...Il y a des situations pour lesquelles le hard power devient la seule alternative...'', déclarait-il.

''...Il est possible de nuancer la sémantique et de parler de diplomatie d'influence lorsqu'il s'agit d'évoquer le concept du soft power...'', expliquait Guillaume Narjollet
Quant à l'interprétation à donner à la place de la France désignée comme championne mondiale du soft power, Guillaume Narjollet a tenu à apporter quelque nuance : ''...ce type de rapport donne lieu à beaucoup de réactions, d'articles et, même s'il est incontestable que la France donne une image d'excellence et de réelle expertise dans ce domaine, le soft power est un concept à mesurer dans le temps, une notion très occidentale et, il faut accorder à ce type de ''nomination'' la pertinence qu'elle mérite...'', expliquait le conseiller. Aux questions de l'élégant, mais non moins perspicace, Jean-Benoit Lasselin concernant les raisons qui portaient la France en tête des lauréats du soft power, Guillaume Narjollet avançait que la France privilégie, peut-être plus que d'autres nations, la culture, le patrimoine, l'expression artistique sous toutes ses formes, y compris la gastronomie, la mode, les arts visuels, rappelant aussi que c'est une tradition et que la France a toujours eu et conserve une excellente réputation quant à son art de vivre et l'intérêt qu'elle porte à la culture.

Participants de ce premier Civis Expatriates
''..Le soft power n'est-t'il pas une forme de néocolonialisme au Cambodge ?...'', demandait une participante. Ce à quoi Guillaume Narjollet rétorquait que la France avait déjà accordé une large autonomie de décision au Cambodge avant son accession à l'indépendance, et que le défunt Roi-Père avait gardé d'excellentes relations avec la France ensuite. ''...Après l'Indépendance, Norodom Sihanouk a souvent sollicité la France, pour son expertise, ses conseils, et même pour des interventions directes. Aujourd'hui encore, cette amitié et ce lien fort perdurent. Le CIC d'Angkor, par exemple, vient de demander à la France d'étendre son intervention pour la préservation du temple de Sambor Prey Kuk...'', déclarait-il. Quant à la question de la Chine, partenaire de plus en plus influent au Cambodge, le conseiller indiquait qu'effectivement, il s'agissait d'un acteur majeur au Cambodge et qu'il fallait en tenir compte.

Première soirée de Civis Expatriates
A l'issue d'un débat qui aura duré environ deux heures, les discussions se sont poursuivies autour d'un buffet, somptueux comme d'habitude, et de quelques rafraîchissements offerts par l'établissement. ''...C'est une bonne initiative, j'ai apprécié de pouvoir participer à ce type de rencontre, pour le côté social mais aussi car j'ai pu en apprendre davantage sur quelques notions et subtilités de la diplomatie francaise..'', confiait Richard, l'un des Francais venus pour cette première initiative de Civis Expatriates et promettant de revenir à la prochaine...

Clémence Fournier (Thalias), Jean-Benoit Lasselin (Colorblind)
et Arnaud Darc (Thalias), à l'origine de la création de Civis Expatriates.
Civis Expatriates est une proposition citoyenne de création d’un espace d'information et de conversation pour les Français du Cambodge à Phnom Penh. Initié par Clémence Fournier, Jean-Benoit Lasselin et Arnaud Darc, ce club organisera chaque mois une ou des rencontres pour informer, débattre et mobiliser sur des sujets choisis. Cette plateforme d’échange pourra accueillir des acteurs du législatif, de l'exécutif et du judiciaire et d'autres sujets méritant des discussions et échanges. Le but de cette initiative citoyenne est de débattre sur des sujets d’actualités mais aussi de pouvoir comprendre et décrypter les acteurs et outils institutionnels.

Pays/territoire : Phnom Penh, Cambodia
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