vendredi, septembre 15, 2017

Cambodge - Tradition : Pchum Ben au Cambodge

Regroupements familiaux, affluences dans les pagodes, le Cambodge vit actuellement Ka Ben, festivités et cérémonies précédant Pchum Ben, qui verra le point culminant des célébrations du 19 au 21 septembre. Surnommée Fête des morts ou Toussaint cambodgienne par les occidentaux, Pchum Ben est bien plus que cela pour les Cambodgiens.
Pchum Ben est aussi une occasion pour apporter les aides nécessaires aux moines et aux pagodes.
Tradition qui remonte à plusieurs siècles, Pchum Ben est considérée comme la manifestation traditionnelle la plus importante de l’année après Chaul Chhnam (Fête du nouvel an). Pchum Ben est célébrée au Cambodge mais aussi par les différentes diasporas khmères à travers le monde. L’origine du mot Pchum Ben est une contraction des termes Prachum (se réunir ) et Benda (faire des offrandes). Pchum Ben est, dans la religion bouddhiste theravāda khmère, l'équivalent de la fête des morts chez les chrétiens. Cette coutume remonterait à l'antiquité, alors que les Cambodgiens convertis au Brahmanisme croient qu’après la mort, l'Âtman, l'âme de chacun, erre à travers le cycle de l'océan et se réincarne. De nos jours, les Cambodgiens continuent de croire que, même si la plupart des créatures terrestres se réincarnent à leur mort, certaines âmes, en raison de leur mauvais Karma, ne renaissent pas et restent prisonnières des esprits. Toutefois, chaque année, Yama, le Dieu des enfers les libère pendant quinze jours, pour qu’ils puissent partir à la recherche de leurs parents encore en vie, méditer et se repentir. Le dernier jour de cette période est donc consacré par les vivants à se souvenir de leurs défunts, et à proposer des offrandes pour ceux qui restent dans le monde des esprits.

Le festival de Pchum Ben est à l'origine lié au festival de Chaol Vassa (entre la saison des pluies) et au festival de Kathin. Pendant son règne, le roi Jayavarman, un fervent partisan du bouddhisme, veillait à ce que les moines bouddhistes ne manquent de rien : vêtements, nourriture, abri et soins médicaux. Le roi se rendit compte que lorsque les moines marchaient pour demander l'aumône pendant la saison des pluies, ils devaient souvent marcher sous de fortes pluies, des orages, et des vents violents. Le roi se prit de compassion et leur a donc demandé de ne pas aller faire l'aumône pendant trois mois à chaque saison des pluies. Et, il a lancé un appel à tous ses sujets pour offrir de la nourriture et subvenir à leurs besoins durant cette période. 

Durant Pchum Ben les familles se recueillent et prient pour réduire l’influence du mauvais Karma de leurs ancêtres. Les cérémonies duraient autrefois trois mois. Aujourd’hui, elles se limitent aux deux semaines durant lesquelles les âmes errantes sont libérées du monde des esprits. Elles débutent donc habituellement en septembre et se déroulent pendant le cycle lunaire décroissant du mois où le ciel est obscurci des nuages de la mousson. En plus de la célébration d’une fête ancestrale et d’une réunion familiale, Pchum Ben est aussi une occasion pour apporter les aides nécessaires aux moines et aux pagodes.

Nai, jeune Cambodgienne réunie avec sa famille pour célébrer Pchum Ben

Comme l'explique Nai, jeune Cambodgienne qui tient à célébrer Pchum ben chaque année: ''...Pchum Ben est un événement important. Au delà de l'aspect religieux, c'est une des rares occasions de se retrouver en famille. Je travaille dans la capitale et ma famille est éloignée, c'est donc aussi un moment de joie.


Pays/territoire : Cambodia
Enregistrer un commentaire