dimanche, septembre 03, 2017

Cambodge : Réactions après l'arrestation de Kem Sokha

Suite à l'arrestation du leader de l'opposition ce matin à Phnom Penh, les réactions n'ont pas tardé, tant du coté de l'opposition, assez surprise du caractère soudain de cette arrestation, que du coté du gouvernement qui ne semble pas envisager une quelconque négociation ou clémence dans cette affaire qui prive le CNRP de son nouveau leader et risque de provoquer sa dissolution au regard des derniers amendements votés récemment, concernant la loi sur les partis politiques. Réactions :

Le Premier ministre Hun Sen a exhorté les puissances étrangères à ne pas interférer dans les affaires intérieures du Cambodge. L'appel a été lancé alors que le premier ministre rendait visite à quatre mille travailleurs du textile au Centre d'exposition de Diamond Island ce dimanche matin. Le Premier ministre a également averti le CNRP de ne pas protéger Kem Sokha : "...Si le CNRP défend Kem Sokha, le parti sera confronté à la dissolution. Ce n'est pas un acte d'autoritarisme. Un pays souverain ne peut permettre une quelconque ingérence...Les États-Unis l'ont déjà fait avec Lon Nol, et maintenant ils continuent avec Kem Sokha...Nous avons suffisamment souffert. Notre peuple a été assez meurtri, nous devons lui apporter la paix. J'exhorte les États-Unis et les autres pays à ne pas interférer dans les affaires internes du Cambodge...", a déclaré le premier ministre.

Arrestation du leader de l'opposition ce matin à Phnom Penh
La vice-présidente du CNRP, Mu Sochua, a déclaré que les dirigeants du parti se réuniraient ce dimanche pour discuter des prochaines étapes à envisager suite à l'arrestation soudaine du président du parti. Lorsqu'on lui a demandé si ses partisans prévoyaient de manifester contre l'arrestation, Mme Sochua a indiqué que le parti avait déjà publié une déclaration pour la condamner, affirmant que cet acte était politique et violait la Constitution. L'arrestation a été faite au milieu de la nuit, alors que M. Kem Sokha bénéficie encore de l'immunité parlementaire, précise également le communiqué du CNRP. ''...Le CNRP demande aux autorités de libérer sans conditions M. Kem Sokha demande à la communauté internationale d'intervenir pour sa libération et pour mettre fin à l'intimidation et à l'oppression des autorités policières contre le CNRP et ses cadres...'', conclut le communiqué.

Le gouvernement, par la voix de l'agence de presse AKP, a publié un communiqué expliquant la décision concernant l'arrestation et lance également un appel au calme : ''...Kem Sokha, président du Parti de sauvetage national du Cambodge (CNRP), a été arrêté ce matin pour complot avec une puissance étrangère...Le gouvernement royal tient à informer l’opinion publique nationale et internationale que le 3 septembre 2017, à 00h35, Kem Sokha a été arrêté dans le cadre d'une procédure de flagrant délit. Une vidéo diffusée par Cambodian Broadcasting Network, et d’autres preuves recueillies par les autorités démontrent clairement la conspiration entre Kem Sokha. et ses complices. avec une puissance étrangère... Ce complot est un acte de trahison punissable en vertu de l’Article 443 (Conspiration avec une puissance étrangère) du Code pénal du Royaume du Cambodge...Le gouvernement royal du Cambodge a, par ailleurs, appelé le public à rester calme et à laisser le tribunal travailler sur cette affaire en sa qualité d’autorité compétente...''.

Hun Manith, le fils du premier ministre Hun Sen, a déclaré dans un tweet : "...Kem Sokha a trahi le Cambodge...Il a avoué avoir des plans à long terme avec les États-Unis...Merci à lui, nous savons maintenant qui est la Troisième Main ...", a-t-il posté sur Tweeter. 

Kem Monovithya, la fille de Kem Sokha et directrice adjointe des affaires publiques au CNRP a déclaré dans un tweet à 12h35 que la maison de son père faisait l'objet d'une descente de police. ''...Kem Sokha et ses gardes du corps ont été emmenés par les policiers sans mandat et emmenés je ne sais ou...'', indique le tweet.

John Sifton, directeur de la défense de Human Rights Watch pour l'Asie, a qualifié cette arrestation d' «un revers désastreux pour la situation des droits de l'homme au Cambodge».


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